(Français) Quelles solutions pour les personnes vulnérables ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous voudrions seulement signaler ici quelques initiatives s’adressant à des personnes pour lesquelles les actes bancaires les plus simples peuvent être difficiles à réaliser ou exposer à des détournements et des abus.

Plusieurs solutions  sont apparues récemment et sont en cours de maturation, se heurtant souvent moins à des défis techniques qu’à des contraintes légales et réglementaires. On peut notamment signaler :

  • Pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (elles sont 55 millions dans le monde ; elles seront 78 millions en 2030), la solution anglaise Sibstar, qui a reçu le soutien de Mastercard (mais a été également critiquée pour ses tarifs).
  • Pour les personnes frappées d’autisme ou de troubles cognitifs, la M&T Bank américaine (associée à MagnusCards).
  • Plus généralement, pour les personnes isolées, âgées : Carefull, en France Finense.

Les solutions de ce type ont généralement en commun de proposer des applis mobiles avec détection d’opérations inhabituelles ou suspectes, de s’adresser aussi bien aux personnes en souffrance qu’à leurs aidants et de pouvoir être étendues à une fonction de surveillance quasi permanente à distance.

Leur but est de maintenir ou de renforcer l’autonomie des personnes vulnérables, en évitant ainsi de leur retirer toute vie sociale, à quoi peut conduire une mise sous tutelle. Dans un secteur crucial, la dépendance, toutes ces solutions ouvrent ainsi des issues qui, tôt ou tard, concerneront forcément les banques. De sorte qu’on peut regretter que celles-ci n’accompagnent et ne partagent pas davantage ces initiatives dès aujourd’hui.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Mais pourquoi certains usages répandus sont ils complètement ignores par…

[vc_row][vc_column][vc_column_text]De nos jours, de plus en plus de personnes gagnent un peu d’argent, notamment grâce à des plateformes en ligne, en plus de leurs revenus principaux. Nous l’avons déjà souligné, ces nouveaux revenus ne sont pas toujours faciles à bien appréhender et ils peuvent embarrasser les banques. Mais dans certains cas, qu’ils soient complètement ignorés devient difficile à comprendre.

La Fédération bancaire française publie une enquête Harris Interactive sur l’éducation financière et les usages monétaires de 8-14 ans.  Sans surprise, on y apprend que les plus jeunes achètent non seulement de plus en plus en ligne mais qu’ils y revendent également beaucoup de ce qui ne leur sert plus et de ce qui ne leur plait pas.

Franchement, quels parents ne sont pas au courant du phénomène ? Pourtant, vendre en ligne n’est pas si simple. Comment exactement les jeunes s’y prennent-ils ? A travers quelles plateformes ? Mystère ! De cela, personne ne parle parmi les nombreuses offres (Freedom de Boursorama ou Boost de Société Générale, par exemple) et nouveaux acteurs (Kard, PixPay, Vybe ou Xaalis) qui ont fleuris à l’adresse des enfants et des adolescents. Revolut Junior renvoie sur ses solutions pour demander et recevoir de l’argent, notamment par QR Code mais ce n’est pas explicite. A ce stade, le seul acteur qui traite la question, nous l’avons déjà signalé, est Zelf :

Toutefois, cette non reconnaissance d’un usage de plus en plus courant est difficile à comprendre. Les solutions pour jeunes visent essentiellement leurs parents en fait, pour simplifier la vie financière de leur progéniture (argent de poche, etc.) et lui fournir une éducation financière, tout en facilitant le contrôle qu’ils peuvent avoir sur ce que font leurs enfants.

Or, de deux choses l’une : soit ces reventes échappent à la surveillance des parents et il est probable que ceux-ci voudraient justement en savoir plus ; soit les parents sont largement au courant, comme l’indique l’enquête ci-dessus. Dans les deux cas, il n’y a donc rien à cacher et il y aurait lieu tout au contraire de faciliter et de rendre transparent cet usage, par rapport auquel les banques peuvent  d’ailleurs trouver à remplir un rôle de tiers de confiance (ce qu’a parfaitement saisi Zelf).

Comment comprendre que cet usage soit à ce point ignoré dès lors ? Il faut croire que les acteurs concernés n’y ont pas vraiment pensé ou qu’ils ont délibérément écarté un usage qui leur paraissait plus difficile à traiter que ce qu’ils proposent par ailleurs. Quand on vous dit que ce sont les usages qui vont réinventer la banque !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Ces banques qui renoncent aux frais de découvert

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous avons déjà présenté la problématique : bien qu’ils représentent une source de revenu significative, les découverts paraissent désormais d’un autre âge. Avec la crise sanitaire, les choses ont commencé à bouger – pour le moment surtout aux Etats-Unis – et un récent article de The Financial Brand livre un premier point d’étape.

Actuellement, la situation est campée par le tableau suivant :

Tout en bas, les néo-banques qui ne facturent pas de frais de découvert (Ally, Monzo), qui sont capables d’attendre que leurs clients renflouent leur compte sans pénalités (Revolut) ou qui ne facturent rien jusqu’à un certain montant de découvert (200 $ avec Chime).

En regard, quelques-unes de premières banques américaines n’ont pas modifié leurs tarifs d’un iota (Chase, Wells Fargo, PNC).

Certaines ont – très timidement – introduit un montant de découvert sans frais (TD Bank : 50 $ ; Santander : 100 $). Ce n’est pas grand-chose mais cela montre que le sujet est devenu sensible.

Dans le même temps, en effet, Bank of America a fortement réduit ses frais flat de découvert : de 35 à 10 $.

Tandis que Citibank a franchi le pas : elle s’efforce de proposer des solutions de financement pour limiter au maximum les occasions de découverts mais, si ceux-ci apparaissent, il n’y a pas de frais.

Quant à Capital One, elle n’accepte les découverts que sur autorisation. Mais ceux-ci sont désormais sans frais. Une révolution !

Il y a quelques années, les dispositions qu’introduisait Huntington Bank paraissaient aussi originales qu’audacieuses : pas de frais jusqu’à 50 $ de découvert et une facturation ne commençant qu’à J+1, pour laisser le temps aux clients de combler un dépassement ponctuel.

Aujourd’hui, ces dispositions paraissent frileuses. Les néo-banques sont passées par là et la morale de l’histoire parait claire : si jusque ici, les banques classiques toléraient facilement autour d’elles de nouveaux acteurs pratiquant des tarifs avantageux mais ne leur faisant finalement pas beaucoup d’ombre, ce n’est désormais plus le cas !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Depuis 5 ans, les tarifs bancaires baissent. Mais…

[vc_row][vc_column][vc_column_text]« La hausse des tarifs bancaires restera limitée en 2022 », titre l’Agefi. C’est trop peu dire. En fait, il serait plus juste d’écrire : en 2022, les tarifs bancaires continueront à baisser. Le problème est que personne ne s’en rend compte !

Prenons néanmoins les hausses moyennes de tarifs calculées par le comparateur de Panorabanques.  En 2017, ces tarifs ont augmenté de 1,7%, soit plus que l’inflation de 1%. Mais ensuite ? Ils n’ont augmenté en moyenne que de 0,25% en 2018. L’inflation était de 1,8%. Gelés par décision gouvernementale, les tarifs bancaires ont baissé de -1% en 2019, contre une inflation de 1,1%. Leur hausse n’a pas dépassé 0,2% en 2020, puis 0,6% en 2021 et finalement 1,5% début 2022, pour le coup très en deçà de l’inflation actuelle.

Au total, en valeur relative, les tarifs bancaires sont en moyenne en baisse, tirés notamment par le coût des services de banque à distance qui, selon l’Observatoire des Tarifs bancaires du CCSF, a pratiquement été réduit à rien depuis 10 ans (une baisse de -93,27% depuis 2012).

Pourtant, depuis le début de l’année, on a vu – encore une fois – revenir les alertes dans les médias : attention, les banques vont massacrer leurs clients ! Mais comment s’y prennent donc les banques pour en arriver là ?

Les constats de Panorabanques l’expliquent :

  • Des éclatements tarifaires par types de services. Ainsi, les frais de tenue de compte augmentent de 6% en 2022 (un montant moyen passant de 18,2 € à 19,3 € par an).
  • Des bizarreries : la carte à débit différé devient moins chère en moyenne que la carte à débit immédiat.
  • Des petits frais, perçus ici et là, qui sont autant d’irritants pour les clients : le coût annuel moyen pour 4 retraits déplacés par mois en France augmente de 39% en 2022 !
  • Des tarifs dissuasifs, particulièrement pour les opérations réalisées en agence, dont on peut se demander s’ils représentent encore un enjeu.
  • A quoi il faut encore ajouter des disparités de plus en plus fortes, non seulement entre banques en ligne et banques classiques mais même entre ces dernières. Le Crédit Agricole Atlantique Vendée, par exemple, ne facture pas de frais de tenue de compte.

Bref, à quand des formules différenciées d’abonnement avec une facturation globale unique, comme l’ont tenté, incomplètement et souvent maladroitement, les packages ?

Aujourd’hui, compte tenu de ce que vont dépenser en moyenne les Français en frais bancaires en 2022 (219,9€), un tel abonnement coûterait 18,3€ par mois. Cela n’a rien d’excessif mais ce n’est pas non plus donné par rapport aux forfaits mobiles ou à un abonnement à Netflix ou à Amazon Prime, dès lors que dans la plupart de leurs interactions avec leurs banques les clients font tout eux-mêmes en ligne ; l’utilisation des cartes de paiement rapportant elle aux banques par le jeu des interchanges. A terme, pour les opérations de base, les tarifs bancaires ne peuvent que continuer à baisser sans doute, quoique les banques n’en semblent pas encore convaincues. Tout cela manque de stratégies !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Les banques risquent de disparaître des usages de paiement en ligne

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Une enquête Ipsos réalisée pour Adyen livre les derniers chiffres en matière d’usages de paiement en ligne.

Fin 2021, l’acheteur moyen en ligne en France avait le profil suivant : 35 ans, 2 enfants, CSP+. Il utilise la plupart du temps (59%) un ordinateur. L’usage du mobile pour acheter en ligne est néanmoins majoritaire chez les 25-34 ans (57%)

Les abandons de panier demeurent très élevés – d’ailleurs, selon le site RetailDive, ils ont atteint un record en 2021 aux Etats-Unis à plus de 469 milliards $ de dépenses annulées !

Selon l’enquête Adyen/Ipsos, ce sont les conditions de livraison et de retour qui provoquent désormais le plus grand nombre d’abandons. Selon cette autre source, en effet, 83% des consommateurs français abandonnent leurs commandes si le retour n’est pas gratuit.

En revanche, la méfiance quant à la sécurité des paiements recule. 3D Secure est vu comme une bonne protection. A l’instar des dispositifs biométriques (auxquels 61% des sondés font confiance mais que 30% seulement utilisent).

A ce stade, les paiements en ligne sont encore réalisés à près de 70% avec une carte bancaire. La part des wallets progresse (24%), surtout chez ceux qui réalisent au moins un achat par semaine (47%). Les paiements réalisés sur les réseaux sociaux progressent :

Toutefois, la donnée la plus impressionnante concerne le nombre d’acheteurs en ligne qui ont souscrit un service d’abonnement : 49% dans l’ensemble et 67% des acheteurs hebdomadaires. Et cela pousse bien sûr les consommateurs à enregistrer leurs données bancaires sur les sites de vente : 36% le font (49% des acheteurs hebdomadaires). Quant aux conditions de paiement, les paiements fractionnés (qui à ce stade ne sont pas majoritairement fournis par les banques classiques) intéressent 49% des acheteurs (à partir d’un montant de 230 € en moyenne).

Au total, si l’on prend les acheteurs hebdomadaires, environ la moitié d’entre eux n’ont plus de rapport direct à leur banque c’est-à-dire à un moyen de paiement fourni par cette dernière pour payer ou bénéficier de conditions de paiement dans le cadre de leurs transactions en ligne. C’est encore plus vrai des 16/24 ans, qui s’abonnent à 81% et s’enregistrent à 57%. A ce rythme et avant dix ans, la plupart des consommateurs tout court n’auront plus directement recours à leur banque pour faire leurs achats, voire même – si les banques ne reprennent pas la main sur les paiements fractionnés – pour bénéficier de facilités de crédit.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Les banques ont-elles raté leur transformation numérique !?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La question pointe inévitablement à lire le dernier et attendu rapport de Cornerstone Advisors What’s going on in banking 2022?. Et la réponse tient en trois tableaux :

Première surprise : dans la plupart des cas (on ne parle ici que des banques américaines et credit unions, dont 300 ont été sondés par le cabinet de conseil), la transformation numérique a été engagée relativement tardivement. La grande majorité des établissements n’en sont encore au mieux qu’à la moitié :

Deuxième constat, dans la plupart des cas, les effets de cette transformation ont été décevants, pour ne pas dire carrément médiocres, particulièrement sur les frais généraux :

A souligner dans le tableau ci-dessus : la ligne « Other non-interest income ». La transformation numérique n’a pas ou n’a que faiblement généré des commissions nouvelles, liées à de nouveaux services. Il faut dire qu’elle a surtout tenu à la mise à niveau des anciens systèmes, plutôt qu’à des investissements dans des technologies émergentes :

Dans ces conditions, comme le constate le dernier tableau, le Cloud représente pour beaucoup d’établissements le remède à tout, qui va les dispenser finalement d’investir de leur propre fait dans des technologies nouvelles.

On trouvera plus de commentaires dans le rapport, ainsi que dans cette chronique de Ron Shevlin sur Forbes. Mais ces tableaux parlent d’eux-mêmes. Il serait très intéressant d’avoir les mêmes pour la France.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Quelles actualités des engagements rse des établissements financiers ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Alors que des changements commencent à devenir palpables en matière d’achats plus responsables de la part du public, quelles nouveautés sont intervenues récemment du côté des établissements financiers ? En quatre lettres.

A, comme Assurance-vie. L’assurtech Goodvest propose une assurance-vie entièrement investie en fonds ISR, ainsi que dans des entreprises sélectionnées sur la base des critères fournis par le cabinet Carbon4Finance selon plusieurs thématiques (transition écologique, emploi et solidarité, santé, …). De manière très intéressante, la démarche parie sur la surperformance financière des investissements durables.

B, comme Besançon. C’est sans doute une première en France, la ville, qui emprunte pour rénover ses bâtiments énergivores (écoles, gymnases,…), a décidé de sélectionner ses prêteurs. Pour cela, Oxfam et Reclaim Finance l’ont aidée à définir une grille de critères climatiques et sociaux lui permettant de choisir entre les différentes offres bancaires. Finalement, la Banque postale (qui vise sa transformation en entreprise à mission d’ici fin 2022) a été retenue.

C, comme Calculateurs d’empreinte carbone. Comme nous l’avions annoncé avec Mastercard (copiant Ant Forest), ces calculateurs se généralisentVisa en développe un à son tour. Les banques s’y lancent, comme TSB. Et, bien entendu, les néobanques ne sont pas en reste. Leader sur ce segment avec ses 5 millions de clients (et une introduction en bourse annoncée pour la fin de l’année), l’américaine Aspiration vient d’acquérir le calculateur Carbon Insights. En France, OnlyOne, néobanque verte proposant un eco-coach, vise à permettre prochainement une évaluation individuelle de consommation carbone en scannant ses tickets de caisse.

D, comme Durable. Deux démarches notables en faveur de l’économie circulaire : Belfius lui dédie le nouveau fonds Equities Re-New et, au Royaume-Uni, la fintech Twig veut associer des services financiers à une plateforme de revente entre particuliers. Enfin, en partenariat avec Publicis, BNP Paribas lance avec My Com for Impact une initiative originale d’accompagnement, y compris pour les efforts de branding, des entrepreneurs à impact.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Que signifie exactementle rapport « décomplexé » à l’argent que l’on signale aujourd’hui chez les plus jeunes ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La Banque de France a récemment publié les résultats de son Enquête sur la culture financière du grand public, menée à l’été 2021. Les constats se veulent positifs et rassurants. Par rapport à l’année précédente, en effet, le nombre de Français déclarant avoir du mal à joindre les deux bouts (39%) a nettement baissé (47% en 2020). Cependant, la moitié des sondés estiment que leur situation financière limite leur capacité à réaliser des projets qui comptent pour eux. « Les Français sont très impliqués dans la gestion de leur budget », se félicite la Banque de France : 77% consultent au moins une fois par semaine le solde de leur compte courant. Mais seulement 37% ont une idée précise de leurs dépenses mensuelles. La plupart naviguent à vue ainsi, avec beaucoup d’incertitudes.

Un thème l’illustre particulièrement : la retraite. Peu de Français (6%) dans l’ensemble se soucient de la préparer. C’est une caractéristique forte par rapport à d’autres pays et l’on ne sait d’ailleurs, compte tenu de la situation financière d’une large partie des Français, comment ils pourraient y faire face. Pourtant, seulement 37% sont confiants quant à son financement à terme et 28% ne savent pas !

Ainsi, par rapport à leur situation financière, le manque de clairvoyance de beaucoup de Français est patent. D’autant plus qu’il s’accompagne de difficultés assez incroyables à maitriser de simples questions arithmétiques. Sur ce que représente un taux d’intérêt, il faut que les répondants aient plus que le bac pour atteindre plus de 60% de réponses justes. Et quant à l’impact de l’inflation sur une somme épargnée, 44% des Français ne le comprennent pas bien, dont 65% des 18-24 ans.

Situation financière tendue, manque de clairvoyance et manque de confiance (seuls 32% des Français pensent que leur argent est en sécurité dans une banque !), quelle peut être l’issue d’une situation que ces termes semblent caractériser pour beaucoup de Français ? La réponse est à chercher chez les plus jeunes.

Si l’on compare en effet, dans l’enquête de la Banque de France, les réponses des 18-24 ans par rapport à l’ensemble des Français, les principaux écarts portent sur une sorte « d’esprit de débrouille », tenant à la volonté de s’en sortir, quels qu’en soient les moyens et quitte à prendre des risques.

Les plus jeunes paraissent ainsi nettement plus affranchis de certains scrupules – certains diront qu’ils ont un rapport à l’argent plus « décomplexé » – que leurs ainés. Est-on obligé de rembourser un emprunt ? Les Français répondent oui à 79% ; les 18-24 ans à 63%. Parmi l’ensemble des répondants, 66% déclarent tenir à rester honnêtes. Le pourcentage peut paraitre assez faible. Il n’est que de 52% chez les plus jeunes. Si un commerçant vous donne trop d’argent en vous rendant la monnaie, allez-vous le lui dire ? Les Français répondent non à 31% et à 45% chez les 18-24 ans.

Parallèlement, il y a la part du rêve. Pour soulager leurs difficultés financières, 25% des Français et 36% des plus jeunes ont recours… aux loteries et jeux d’argent. On pense également à la spéculation sur les crypto-devises. Cependant, la France a été bien moins touchée par le phénomène que les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Pourtant, la tentation est sensible et c’est sur ce point que les écarts entre l’ensemble des Français et les plus jeunes sont les plus élevés. Mi-2021, était-ce le bon moment pour investir dans les cryptos ? Seulement 17% des Français répondaient oui mais 44% des 18-24 ans.

Un tel écart est si frappant qu’il mérite qu’on lui prête attention. En fait, il faut le rapporter à un autre, tout aussi significatif. Traditionnellement, les Français n’aiment pas parler de la gestion de leur argent, même avec leurs proches. Ils ne sont que 22% à le faire. Mais, chez les 18-24 ans, le pourcentage atteint 37%. Pourquoi faut-il rapprocher ce chiffre de l’attrait pour les crypto-devises ? Parce qu’en l’occurrence, l’initiation à ces dernières et les décisions d’achats interviennent majoritairement à travers les réseaux sociaux. Au Royaume-Uni, où le phénomène a connu une plus large ampleur qu’en France, une enquête de la Financial Conduct Authority a montré que 58% des décisions se prennent via les réseaux sociaux.

Mais l’enquête britannique va plus loin : elle montre que l’attrait pour les crypto-monnaies est dans 76% des cas porté par une véritable compétition entre ceux qui y investissent et qui échangent sur les plateformes sociales.

En somme, chez une large partie des plus jeunes, une situation financière morose et sans vraies perspectives alimente une volonté de s’en sortir qui fait sauter certaines barrières et qui est d’autant plus vive qu’elle est entretenue par un double phénomène émergent d’influence et d’émulation entre pairs. Ce qui, par rapport à la gestion de ses finances, représente un phénomène si nouveau que la Banque de France n’a même pas pensé à l’aborder dans son enquête.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) A l’issue de la crise, quelle recomposition attendre du paysage bancaire?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans sa Global Banking Annual Review 2021, le cabinet international de conseil McKinsey nous donne une nouvelle version, bancaire, du combat des Anciens contre les Modernes. Une partition qui a beaucoup été jouée depuis plus de dix ans. Un air connu : les banques classiques vont être supplantées par de nouveaux acteurs plus innovants (les fintechs) ou se diversifiant dans les services financiers (les Big Tech). Pourtant, l’examen même des nombreuses données rassemblées par McKinsey ne permet plus d’y croire. Il est temps de changer de disque.

L’argumentaire que développe le cabinet repose essentiellement sur le constat que, fondées sur un modèle économique très consommateur en capital, les banques classiques, voyant leur rentabilité régulièrement s’erroder, ont de plus en plus de mal à supporter le coût de leurs fonds propres. Tandis que pointent, sur leurs marchés, de nouveaux acteurs souvent spécialisés (notamment dans les paiements) et bien moins gourmands en fonds propres, parce qu’ils n’entrent pas dans le cadre des exigences réglementaires.

Cet argumentaire n’a rien de nouveau et, il y a dix ans, les perspectives paraissaient beaucoup plus claires : les banques classiques semblaient irrémédiablement condamnées. Il est bien plus difficile de le soutenir aujourd’hui.

Au cours de la crise sanitaire, en effet, les banques ont fait preuve d’une forte résilience. Non sans aides publiques certes mais d’une manière bien plus vigoureuse qu’attendue. Le tournant numérique, que la crise a favorisé chez leurs clients (un « tournant » que l’on a sans doute tendance à surestimer d’ailleurs) ne les a ni disqualifiées, ni détrônées.

Cependant, depuis deux ans, un autre phénomène est intervenu : le surfinancement de certaines fintechs. Il permet à quelques-unes d’entre elles d’être bien mieux valorisées désormais que des banques classiques de premier rang, ainsi que d’acquérir une stature internationale ou, aux Etats-Unis, de commencer à sérieusement concurrencer les plus grands établissements en nombre de clients.

D’un côté, donc, des banques toujours bien campées sur leurs positions. De l’autre, des licornes conquérantes. Tout semble en place pour un combat final… qui n’aura pas lieu.

Toute l’analyse de McKinsey et son calcul de coût des fonds propres repose sur le parcours boursiers des principales banques. Lequel s’est redressé mais demeure assez peu flatteur, les banques offrant un profil de rentabilité « décent mais peu attractif ». En regard, les fintechs attirent massivement les investisseurs. Et cela se prolongera à terme en bourse, prédit de manière intéressante McKinsey, car la richesse est en train, avec l’âge, de changer de mains, passant des boomers et de leurs ainés, à la génération X et aux Millenials, qui ont d’autres critères d’appréciation en matière de services financiers.

De fait, à terme, la question de la nécessité d’une présence en bourse pour un certain nombre de banques se posera sans doute. Mais quand, quelques pages du rapport plus loin, on découvre que dans les pays les plus avancés, les fintechs ont su capter 30% et plus de la clientèle, tout en ne réalisant que 5% au mieux des revenus bancaires globaux, la faveur dont elles bénéficient actuellement de la part des investisseurs ressemble tout simplement à une bulle – certains observateurs n’hésitent d’ailleurs plus à le dire.

En tous cas, ces chiffres invitent à formuler un diagnostic sensiblement différent de celui que livre McKinsey. La rentabilité des banques classiques s’affaisse mais les nouveaux acteurs sont encore moins rentables. Ni les uns ni les autres n’ont su en fait renouveler le modèle économique bancaire. Balle au centre !

D’ici 2025, McKinsey prédit un ROE bancaire moyen entre 7% et 12%, pour un coût des fonds propres de 10%. Or ce que cela annonce n’est pas un combat des Anciens contre les Modernes mais un paysage beaucoup plus éclaté, au sein duquel certains établissements – nouveaux mais aussi anciens – distanceront de plus en plus les autres.

Que voit-on d’ailleurs, d’ores et déjà ? Des banques d’affaires se déployant dans la banque de détail (Goldman Sachs). Des banques classiques tentant de réinventer la banque de détail (JP Morgan Chase) et d’autres délaissant de plus en plus ce marché (HSBC). Des acteurs technologiques créant de nouveaux réseaux de distribution financiers, ainsi que des partenariats à travers le cloud, plutôt qu’ils ne se substituent aux banques (Google, Amazon). De nouveaux acteurs de la banque de masse gagnant immédiatement une stature internationale avant de se diversifier (Klarna). Les variables boursières ne suffisent pas pour réaliser ce qu’il est en train de se passer.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) La mutualisation des risques et des coûts dans les banques est-elle promise à disparaitre ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Faut-il permettre, dans le cadre d’un crédit immobilier, de changer à tout moment d’assurance-emprunteur (laquelle est le plus souvent exigée pour l’obtention d’un crédit) ? Au-delà de son caractère technique et particulier, la question soulève de manière décisive une réalité bien plus générale et beaucoup trop ignorée.

Depuis 2010, plusieurs dispositions ont obligé les banques à ouvrir à la concurrence l’assurance-emprunteur liée aux crédits immobiliers. Les contrats peuvent ainsi aujourd’hui être résiliés annuellement. Or, le mois dernier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi autorisant la résiliation infra-annuelle, donc à tout moment, de l’assurance emprunteur.

Quel est l’enjeu d’une telle disposition ? Les promoteurs de la loi parlent du respect du consommateur et avancent qu’il s’agit là d’une mesure de pouvoir d’achat qui ne coûte pas un euro à l’Etat.

Vraiment ? Il est estimé que la mesure pourrait engendrer pour les emprunteurs des économies allant de 5 000 à 15 000 € sur la durée totale des contrats. Soit, rapportée à la durée moyenne des prêts, une économie de 250 à 750 € par an, ce qui peut sembler une restitution de pouvoir d’achat assez symbolique par rapport à l’acquisition d’un bien immobilier.

En fait, l’enjeu concerne bien plus sérieusement les banques et les assureurs. Les banques ont bien entendu tout intérêt à vendre aux emprunteurs une assurance, dont on les accuse de surfacturer les primes. Tandis que les assureurs pourraient, eux, mettre plus largement la main sur un marché de 7 milliards €.

Qui croire ? Avant d’entrer dans le débat, il parait important de bien comprendre les arguments des banques en l’occurrence.

Elles estiment, en effet, que la possibilité d’une résiliation permanente conduira à une démutualisation des risques, avec une couverture à la carte qui aboutira à surenchérir les primes pour les moins favorisés. L’argument a été balayé par les députés. Pourtant, même si cela n’est pas facile à faire admettre en France, en l’occurrence, les banques pourraient bien avoir raison !

Mais encore s’agit-il de bien entendre ce qu’elles disent. Car que signifie cette « mutualisation des risques » ? Tout simplement que les meilleurs risques paient pour les moins bons, lesquels accèdent ainsi plus facilement au crédit !

Pour le marquer (mais sans exactement le dire) le Crédit Mutuel a récemment pris une initiative inattendue : supprimer les questionnaires médicaux et donc les éventuelles surprimes liées à un état de santé à risque pour l’octroi des crédits immobiliers. La mutualisation entre assurés sera ainsi encore plus forte. Une parade que l’on peut en l’occurrence saluer.

Face à cela, les assureurs ne peuvent que défendre la vérité des prix et des primes. Mais que signifiera-t-elle ? Que ceux qui empruntent avec le plus de facilité, les profils jeunes et aisés particulièrement, seront constamment démarchés et feront quelques économies, quand les autres verront, par rapport à la situation actuelle, leurs primes sans doute augmenter !

Eh oui, quand la Fédération des Banques Françaises défend le régime actuel de l’assurance-emprunteur au titre de la solidarité, elle n’a pas forcément tort !

En fait – et cela reste bien trop inaperçu – cette situation est assez générale en France dans les services bancaires. Lointain héritage d’une époque où les banques étaient quasi publiques, leurs services et tarifs ne distinguent pas ou distinguent peu les utilisateurs en fonction de leur rentabilité ; comme dans d’autres pays où les tarifs bancaires sont fortement modulés en fonction des montants de dépôts par exemple ou bien la souscription à certains services. De fait, en France, un grand nombre des clients des banques sont peu rentables, voire pas du tout. Mais il y une mutualisation des coûts : les autres paient en quelque sorte pour eux. En quoi il s’agit de bien savoir ce que l’on vise quand on parle de vérité des prix.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

Follow me on Twitter