DEVLHON Consulting décrypte l’actualité Trade Finance

Lloyds Bank continue d’innover avec l’IA : un partenariat stratégique avec Cleareye.ai

Un pionnier dans le commerce digital

Il y a quelques mois, nous vous avions parlé de Lloyds Bank au sujet de sa première transaction réalisée à l’aide d’un Electronic Bill of Lading (eBL). Aujourd’hui, la banque britannique franchit une nouvelle étape en annonçant un partenariat inédit avec Cleareye.ai, une plateforme spécialisée dans l’intelligence artificielle pour le commerce international. Cette collaboration, la première de son genre au Royaume-Uni, vise à automatiser et à optimiser le traitement des documents commerciaux pour les clients de la banque, en s’appuyant sur la technologie de pointe ClearTrade®.

L’intelligence artificielle au service du commerce

La technologie ClearTrade® de Cleareye.ai, désormais mise en place par Lloyds Bank, utilise l’intelligence artificielle pour extraire les informations clés de documents commerciaux, qu’ils soient numériques ou papier, notamment les lettres de crédit documentaires, les collections documentaires, les engagements et les prêts commerciaux. L’outil repose sur trois technologies principales : la reconnaissance optique de caractères (OCR), l’apprentissage automatique (machine learning) et le traitement du langage naturel. Ces solutions permettent de numériser les documents, de simplifier leur traitement et d’accélérer les vérifications de conformité.

En outre, cette technologie propulsée par l’IA effectuera des contrôles automatiques en conformité avec les règles de la Chambre de commerce internationale sur les crédits documentaires et les collections. Des vérifications cruciales, telles que celles relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent lié au commerce (TBML), seront également automatisées, améliorant ainsi la sécurité et l’efficacité des transactions.

Simplifier et accélérer les transactions pour les clients

Rogier van Lammeren, responsable des produits de commerce et de capital de travail chez Lloyds Bank, souligne l’importance de cette innovation pour les clients : « Nous cherchons constamment des moyens d’aider nos clients à commercer plus simplement, plus rapidement et plus efficacement. Ce partenariat avec Cleareye.ai nous permet de rationaliser des étapes critiques des processus de financement du commerce, ce qui est un avantage clé pour nos clients. »

La mise en œuvre de ClearTrade® représente une véritable avancée dans le secteur, en particulier pour les entreprises qui dépendent du commerce international et qui peuvent désormais bénéficier d’un traitement plus rapide et plus fluide des documents commerciaux.

Un engagement fort envers la transformation digitale

Ce nouveau partenariat s’inscrit dans la continuité des nombreuses premières britanniques et mondiales réalisées par Lloyds Bank. En février 2024, la banque est devenue la première au Royaume-Uni à achever une collection documentaire entièrement numérique, en utilisant des Electronic Bills of Lading (eBL) et des Promissory Notes numériques. Cette transformation a permis de réduire le délai de traitement de 15 jours à seulement 24 heures, générant ainsi des économies sur les coûts de capital.

En 2023, Lloyds Bank avait déjà marqué l’histoire en devenant la première banque au monde à effectuer une transaction en vertu de la loi britannique sur les documents commerciaux électroniques (ETDA). En 2022, elle avait également mené la première transaction britannique de rachat de billet à ordre numérique, en s’appuyant sur l’initiative de l’Association Internationale du Commerce et du Forfaitage (ITFA).

Une collaboration tournée vers l’avenir

Mariya George, PDG et cofondatrice de Cleareye.ai, a déclaré : « Lloyds Bank est un véritable précurseur dans le commerce digital. Ce partenariat reflète leur capacité à établir des collaborations stratégiques pour accélérer la transformation numérique. Nous sommes ravis d’appliquer notre technologie à leurs processus de financement et de conformité. Nous attendons avec impatience de constater les avantages pour leurs clients et leurs équipes. »

Grâce à cette collaboration et à l’adoption croissante des instruments de commerce numérique, Lloyds Bank continue de se positionner à la pointe de l’innovation dans le secteur bancaire, en mettant toujours plus la technologie au service de ses clients.

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Source : https://cleareye.ai/lloyds-bank-partners-with-cleareye-ai-to-provide-cutting-edge-trade-finance-tech-solutions/  https://www.tradefinanceglobal.com/posts/lloyds-bank-adopts-ai-technology-for-trade-finance-operations/

 

 Reprise du Marché des Fusions et Acquisitions : Prévisions et Perspectives

 DEVLHON Consulting décrypte : Reprise du Marché des Fusions et Acquisitions : Prévisions et Perspectives

 Un Début d’Année Prometteur suivi d’Incertitudes

Les attentes élevées de reprise de l’activité des fusions et acquisitions (M&A) en janvier ont rapidement laissé place à une montée des incertitudes. Ce climat a entraîné une diminution significative des transactions M&A au premier semestre 2024. Quelles sont les causes de cette situation incertaine et, plus important encore, à quelle vitesse peut-elle se dissiper ? Nous avons identifié des facteurs macroéconomiques clés et des anomalies de marché qui sont essentiels pour restaurer la confiance et favoriser une reprise de l’activité M&A.

 Une Reprise Inévitable mais Inégale selon les Secteurs

Il est certain que l’activité M&A rebondira, bien que ce rebond soit plus rapide dans certains secteurs que dans d’autres. La nécessité de réaliser des transactions reste forte malgré l’incertitude du calendrier. Chaque mois sans transactions augmente la pression sur les fondamentaux économiques et stratégiques qui sous-tendent ces transactions. La faible activité M&A des deux dernières années et demie n’a pas répondu à la demande, en particulier dans le secteur du Private Equity (PE). De plus, les entreprises se tournent vers le M&A pour accélérer leur croissance et se réinventer dans un environnement dynamique marqué par des innovations comme l’intelligence artificielle (IA).

 La Pression Croissante pour Vendre

De nombreuses sociétés en portefeuille sont prêtes à être vendues. En début d’année, les fonds de PE détenaient plus de 27 000 sociétés en portefeuille dans le monde, dont environ la moitié depuis plus de quatre ans, atteignant ainsi la durée de détention attendue avant une sortie. La pression pour vendre s’accroît avec le temps, d’autant plus que les investisseurs demandent des retours sur investissements.

 Les Entreprises et le M&A

Les entreprises se concentrent sur le M&A pour croître et se transformer dans un environnement incertain. Les stratégies de fusions-acquisitions bien pensées permettent d’optimiser les portefeuilles d’actifs en acquérant des capacités, des talents et des technologies appropriés ou en cédant des actifs non stratégiques.

 Le Rôle de l’IA dans le M&A

L’IA, notamment l’IA générative, est un catalyseur majeur des transactions. Elle perturbe les entreprises et les secteurs, créant des économies de coûts et ouvrant de nouvelles sources de revenus. Les entreprises doivent réévaluer leurs stratégies face à cette vague technologique, ce qui pourrait entraîner des fusions-acquisitions, des partenariats, des alliances et d’autres relations innovantes.

La Nécessité de la Croissance Externe

Les conditions macroéconomiques et les politiques monétaires créent un environnement de faible croissance économique. Pour surmonter cela, les entreprises peuvent se tourner vers le M&A et mettre en place des stratégies de croissance externe.

Perspectives et Réalités du Marché des Fusions-Acquisitions

En janvier, les perspectives étaient prometteuses avec des taux d’intérêt stables. Cependant, la persistance des taux élevés a freiné cet élan initial. Au premier semestre 2024, le volume des transactions a chuté de 14 % par rapport au second semestre 2023, bien que la valeur des transactions se soit maintenue grâce à des méga-deals dans les secteurs de la technologie et de l’énergie.

Les transactions impliquant des sponsors financiers ont diminué de 18 %, tandis que celles des entreprises ont baissé de 12 %. Les grandes transactions dans les secteurs de la technologie et de l’énergie ont aidé à maintenir la valeur des transactions.

Préparation à une Reprise

Les facteurs d’incertitude tels que les taux d’intérêt, les valorisations élevées, les élections politiques et les tensions géopolitiques continuent d’influencer le marché. Cependant, des signes positifs comme l’augmentation de l’activité des vendeurs et la préparation de nouvelles transactions indiquent une possible reprise.

Conclusion

Malgré l’incertitude actuelle, la préparation et le rétablissement de la confiance sont essentiels pour la reprise du marché du M&A. Les acteurs doivent être prêts à agir rapidement dès que le contexte le permettra. Le besoin stratégique de fusions-acquisitions est impératif, et les entreprises doivent rester vigilantes et prêtes à saisir les opportunités lorsque les conditions s’amélioreront.

 

Sources : https://www.pwc.fr/fr/publications/fusions-acquisitions/global-manda-industry-trends-2024.html?utm_source=emailing&utm_campaign=FR_FY24_Deals_M&A%20Mid%20Year&utm_term=CTA

L’Impact de l’Intelligence Artificielle dans le Secteur Bancaire

Il y a plusieurs mois, nous vous parlions des potentielles révolutions que pourrait apporter l’utilisation des intelligences artificielles dans le domaine des banques et de la finance de façon plus générale. (lien de l’article : https://www.devlhon-consulting.com/fr/breaking-news-entretien-exclusif-avec-chatgpt/)

Aujourd’hui, faisons l’état ensemble des premières utilisations concrètes de l’IA dans ces secteurs.

 

Expérience Client Améliorée :

L’IA analyse de vastes quantités de données pour offrir des conseils financiers personnalisés et des recommandations de produits. Les chatbots assurent un support client efficace 24 heures sur 24.

Efficacité Opérationnelle :

L’IA automatise les processus manuels, réduit les erreurs et améliore la productivité. Elle aide à prendre des décisions de prêt éclairées et optimise l’allocation des ressources grâce à l’analyse prédictive.

Détection et Prévention de la Fraude :

Les algorithmes d’IA détectent les activités suspectes en temps réel, renforçant la sécurité avec des technologies telles que la biométrie comportementale et les systèmes de cybersécurité assistés par l’IA.

Surveillance de la Conformité :

Les outils d’IA automatisent les tâches de conformité telles que les vérifications de Connaissance du Client (KYC) et de Lutte contre le Blanchiment d’Argent (AML), garantissant le respect des réglementations.

Défis :

Les défis liés à l’adoption comprennent la qualité des données, la conformité réglementaire, l’intégration des systèmes et l’acceptation par les clients.

 

En somme, l’avenir de l’IA dans la banque promet des services supérieurs, bien que des considérations éthiques telles que la confidentialité des données restent cruciales. Équilibrer l’innovation avec la responsabilité est essentiel pour un progrès durable.

 

 

Source: https://www.tradefinanceglobal.com/posts/ai-in-banking-what-will-it-actually-change/

Le KYC, un facteur d’exclusion bancaire

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C’est une réalité que pointe le Financial Transparency and Inclusion Report 2022 de LexisNexis Risk Solutions.

  • La collecte et la vérification des informations personnelles que les banques doivent effectuer au titre des réglementations dénommées « Know your Customers» représentent une véritable barrière à l’inclusion financière des populations non ou faiblement bancarisées, dont les données personnelles sont souvent manquantes ou sont difficiles à vérifier.
  • Selon le rapport, la solution peut passer par le développement d’outils s’appuyant sur l’IA.

“Rejecting potential customers due to inefficient or manual processes rather than regulatory reasons can be detrimental to genuine individuals trying to access financial services. With robust data and the right technology and processes in place, institutions can help improve global rates of financial inclusion without compromising on compliance.”

  • On peut néanmoins se demander si l’automatisation des process peut ne pas manquer de les rendre encore plus rigides et infranchissables pour tous ceux qui ne rempliront pas exactement les critères prévus.
  • Le problème est que la transparence réglementaire et l’inclusion financière obéissent à des logiques tout à fait différentes. Et comme il parait peu probable que l’on revienne en arrière en matière de conformité légale, il faut sans doute prévoir que l’inclusion financière suscitera prochainement des initiatives particulières en compensation, telles que la mise en place de quotas de crédit.

Source : The Fintech Times

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Intelligence Artificielle et Insuffisance Managériale

[vc_row][vc_column][vc_column_text]L’intelligence artificielle est-elle à même de compenser certaines insuffisances et cécités managériales ou bien vont-elles de pair ?

La question mérite d’être posée quand on lit l’un des récents communiqués de Gartner retraçant les résultats d’une enquête menée auprès de dirigeants allemands, américains et anglais.

On y apprend qu’en moyenne, 54 % des projets d’IA passent du pilote à la production.

On y constate que « Les organisations ont encore du mal à connecter les algorithmes qu’elles construisent à une proposition de valeur commerciale, ce qui rend difficile pour les responsables informatiques et commerciaux de justifier l’investissement nécessaire pour opérationnaliser les modèles. »

Qu’en termes pudiques ces choses-là sont dites ! En somme, le bien fondé des développements d’IA parait douteux dans bien des cas.

Pire encore : 40% des entreprises sondées reconnaissent que les milliers d’algorithmes d’ores et déjà déployés créent une complexité préjudiciable, ce qui met encore plus à l’épreuve la capacité des responsables des données et de l’analyse à démontrer le retour sur investissement de chaque algorithme.

Forty percent of organizations surveyed indicated that they have thousands of AI models deployed. This creates governance complexity for the organization, further challenging data and analytics leaders’ ability to demonstrate return on investment from each model.

Eh bien, au total, 80 % des dirigeants pensent que l’automatisation peut être appliquée à n’importe quelle décision commerciale et s’apprêtent donc à la développer largement !

Cherchez l’erreur et vous aurez la réponse à la question ci-dessus !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

En France également, l’intérêt pour les assistants vocaux se confirme

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous le signalions mi-avril dernier sur la base de chiffres américains : après avoir longtemps somnolé, ce qui est le cas de nombreuses innovations, l’utilisation des assistants vocaux s’affirme, alors que les banques ont cependant largement baissé la garde en ce domaine. Une récente enquête l’atteste également pour la France.

Sondant l’analyse la perception, les usages et l’intérêt que portent les Français aux nouvelles technologies, Iligo s’est intéressé aux assistants virtuels tels que Siri d’Apple, Alexa d’Amazon, Google Home de Google mais aussi Ouibot de la SNFC.

Les tendances sont similaires à celles que nous relevions pour le marché américain : une forte appréciation de l’utilité de ces assistants et de la qualité des informations qu’ils délivrent :

Seul bémol : l’efficacité de la communication reste loin derrière celle que l’on attend avec un interlocuteur humain et elle ne progresse pas.

La question mérite donc d’être posée : dans les années qui viennent, quels établissements financiers vont réussir à se différencier sur ce nouveau canal ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

Quelle actualité pour l’utilisation des assistants vocaux dans les services bancaires ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Il y a un peu plus de deux ans, nous présentions l’utilisation des assistants vocaux dans le domaine bancaire et nous demandions à quel avenir ils étaient promis.  Quelques chiffres viennent d’être publiés (ils ne concernent cependant que les Etats-Unis), qui permettent de se faire une idée.

Tous usages confondus, l’utilisation des assistants vocaux est désormais importante mais elle n’augmente que de manière très graduelle. De plus, le recours aux assistants semble assez sporadique, alors qu’il était plutôt attendu qu’ils deviennent de nouveaux compagnons multitâches de tous les instants.

Dès lors, le recours aux assistants vocaux en matière de services bancaires, s’il demeure relativement faible, parait plutôt prometteur : il augmente plus rapidement que la moyenne pour l’ensemble des usages (de 9% des utilisations des assistants ayant trait à des services bancaires en 2019 à 30% en 2021) et il représente un usage plus soutenu (la médiane est de 5 fois par mois) que d’autres. Il demeure toutefois trop souvent limité à la seule fonction de consultation du solde en compte. Mais la dynamique semble assez forte pour les paiements commandés vocalement depuis sa voiture.

En regard, il convient de rappeler que le paiement sans contact, par exemple, a longtemps vu son utilisation se généraliser bien plus lentement, jusqu’au déclic qu’a favorisé la crise sanitaire (mais l’essor a en fait eu lieu un peu avant).

Pour les assistants vocaux, le déclic pourrait être lié à de nouvelles fonctionnalités – comme celles qu’Amazon vient d’introduire avec Alexa. Le problème est que ces évolutions ne dépendent pas des banques. Lesquelles demeurent sans doute un peu trop passives sur ce créneau.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

Comment les innovations bancaires peuvent changer nos façons de vivre : demain, la banque nounou?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Sur le site MoneyVox, nous venons de publier un nouvel article sur le thème des changements de nos modes de vie que les innovations bancaires peuvent susciter et accompagner. Nous en avions fourni un premier exemple avec les transports et la mobilité. Puis un deuxième avec la diversification des sources de revenu et leur prise en charge par les banques. Ces analyses suivent les travaux que nous menons en partenariat avec Carlin Creative Trend Bureau, pour ouvrir davantage les stratégies bancaires aux tendances, à l’instar de ce qui a lieu dans d’autres secteurs.

Quand on se représente la banque de demain, elle est généralement digitale, instantanée et dopée à l’intelligence artificielle dans un monde hyper-connecté. Une vision qui n’est pas inappropriée sans doute. Et cette évolution renforce le besoin de dépendance et d’assistance des clients. Cette tendance n’a plus rien de futuriste. Amazon n’a-t-il pas lancé Halo, un bracelet connecté qui écoute la voix de son porteur pour deviner son état émotionnel et l’aider à mieux maîtriser ses réactions émotives ? Il n’y a pas de raison que la banque y échappe. D’autant que la crise sanitaire a aggravé la fragilité émotionnelle de beaucoup de personnes, favorisant des comportements compensatoires, souvent à travers la consommation.

Il y a deux ans, la BBC rapportait le cas d’une jeune femme bipolaire, qui disposant de 28 000 livres sur son compte courant suite à une vente immobilière, a tout dépensé et de manière si futile qu’elle ne se souvient même pas de la plupart de ses dépenses. Et de mettre en cause sa banque. A ses yeux, elle aurait dû tenir compte de son état psychologique pour ne pas lui permettre de retirer son propre argent. Une plainte excentrique et anecdotique ? Non. Dans la foulée, le Money and Mental Health Policy Institute britannique a invité les banques à redoubler d’efforts face à leurs clients aussi psychologiquement que financièrement vulnérables.

S’empressant de suivre ces recommandations, la néobanque Monzo, s’est mise à proposer des garde-fous anti-addiction. Ses clients peuvent choisir de bloquer leurs propres dépenses auprès de sites de jeux ou de paris en ligne, afin de lutter contre leur propre « self-exclusion » sociale. C’est ainsi que Monzo a nommé ce service. Lequel a été rapidement copié par d’autres établissements britanniques, de Starling à Barclays.

Tout cela s’inscrit dans une orientation générale de psychologisation des relations entre les banques et leurs clients. L’un des premiers exemples fut proposé par Bank of America/Merrill Edge avec Face Retirement. Un simulateur de visage qui, permettant aux jeunes actifs de visualiser à quoi ils ressembleront lorsqu’ils auront l’âge de prendre leur retraite, voulait les inciter à épargner à long terme. Pour la première fois, une banque n’hésitait pas ainsi à jouer sur un terrain intime : l’image que l’on a de soi-même.

Au même moment, la banque néozélandaise BNZ mettait en place un EmotionScan sur son site. C’est une expérience que sont invités à faire ses clients, qui s’efforce de décrypter, à partir d’une analyse faciale, leurs réactions face à différentes propositions financières. S’ils le souhaitent, leur chargé de compte pourra ainsi être averti des éléments, relatifs à leurs finances, qui les mettent les moins à l’aise. Aujourd’hui, MetLife lance Upwise, une appli de finance personnelle qui s’efforce de tenir compte de l’humeur de ses utilisateurs.

Ensuite, certaines applis bancaires ont commencé à donner une dimension émotionnelle à leurs recommandations d’épargne. Tangerine (ex ING Direct au Canada) propose par exemple de faire de « Small Sacrifices ». Les mots comptent. On n’épargne plus. On se prive, un peu, pour atteindre ses objectifs. L’appli intègre cette dimension psychologique de renoncement et s’attache à déterminer quels « petits sacrifices » on sera finalement tout content d’avoir fait.

Il s’agit ainsi d’être raisonnable et, en 2016, Ally Bank aux Etats-Unis testait Splurge Alert pour inviter ses utilisateurs à résister aux tentations. L’appli s’efforçait de détecter certaines dépenses sans doute pas très utiles. Notamment parmi celles qui ont tendance à se répéter, estimait-elle, trop souvent. De sorte que des alertes puissent se déclencher lorsqu’on arrive à proximité de certains magasins familiers…

Ces démarches côtoient d’assez près l’univers des jeux. Et AG2R La Mondiale vient justement de lancer, avec d’autres partenaires, un escape game pour lutter contre des addictions. Des jeux, donc des récompenses : la chaîne de pharmacie américaine Walgreens propose une carte de crédit avec un programme de fidélité qui récompense particulièrement la réalisation d’objectifs personnels de maintien en forme. Des récompenses ? Donc des punitions, qui viendront sans doute également. Tesla vient déjà d’annoncer que la dernière version de son mode de conduite semi-autonome ne sera pas accessible aux conducteurs dont la conduite sera jugée trop dangereuse par les algorithmes embarqués dans les voitures.

En France, de telles approches demeurent rares. Et vous êtes sans doute en train de penser : heureusement ! Car bien entendu, il s’agit là de dispositifs de surveillance, de commandement presque, qui ont quelque chose d’effrayant. Et qui nous installent dans un rôle d’enfant-roi, perpétuellement geignard et toujours victime, au risque de rendre complexe le service client. La banque-nounou pourrait assez vite avoir du mal à supporter son client-bébé !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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