(Français) Quoi de neuf en février 2021?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous retiendrons particulièrement trois innovations et initiatives dans des domaines très différents mais qui ont en commun d’adapter les offres aux usages plutôt que d’obliger les utilisateurs à se plier à ce que permettent et ne permettent pas (souvent sans trop d’explication) les produits et services qu’on leur fournit.

Paiements

MoneyVox signale l’apparition chez Banque populaire et Caisse d’épargne de cartes de paiement à autorisation « quasi-systématique ».

Une carte de paiement à autorisation systématique n’autorise un règlement que si le solde en compte le permet. Ce qui peut poser des problèmes dès lors que les terminaux de paiement ne sont pas en mesure de contacter la banque pour autoriser une opération. C’est particulièrement le cas et c’est alors particulièrement bloquant dans les parkings et aux péages. Dès lors, une carte à autorisation « quasi systématique » tolèrera des exceptions, pour éviter des situations pénibles. On ne sait néanmoins ni pour quels types de paiements susceptibles d’être réalisés hors ligne, ni pour quels montants et fréquence de paiements ces exceptions joueront (par ailleurs, restent également les cas de paiements, comme aux distributeurs automatiques d’essence, où le solde en compte doit couvrir un montant plafond, tel que 150 €). La démarche n’en est pas moins à saluer.

Comptes joints.

Ils sont devenus la règle pour les couples aujourd’hui mais ils obéissent à un formalisme juridique assez lourd, notamment pour la souscription et l’annulation. C’est une incommodité d’usage que s’efforce de gommer la startup américaine Zeta, spécialisée dans les finances des couples. Elle s’y efforce mais – elle le reconnait elle-même – n’y est pas encore vraiment parvenue. Sa solution voudrait mettre en place un simple outil de gestion intelligent, branché sur les comptes individuels des deux membres du couple et s’y alimentant pour couvrir des dépenses communes qu’il apprendrait à estimer, à suivre et à prévenir quasiment seul, sous le contrôle du couple.

C’est la solution que propose Zeta mais sans pouvoir se dispenser, à ce stade, d’ouvrir formellement un compte commun. L’intention est en tous cas intéressante, tout de même que la manière – très représentative de la nouvelle tournure que sont en train de prendre les offres bancaires – dont Zeta propose sa solution. Comme une véritable expérience à faire à deux. Pour découvrir la personnalité de chacun en matière de finances et tester la capacité du couple à durer. D’ailleurs, la solution doit être sollicitée par l’un des membres, sans que l’autre soit forcément au courant. Comme s’il s’agissait d’une surprise, d’un cadeau !

Indépendants

Monabanq leur propose le compte PratiqPro. Et la démarche recoupe assez les deux précédentes. Gommer les difficultés d’usage : en proposant d’emblée une facilité de caisse notamment. Et proposer un accompagnement, quasiment une expérience, pour les autoentrepreneurs sous le régime fiscal de la microentreprise ayant décidé de se lancer. Ceci en mettant en avant la dimension des soutiens juridiques (responsabilité civile professionnelle, protection juridique, accès  à des conseillers, assurance e-réputation). Une offre visiblement conçue sur la base d’une analyse précise des difficultés que rencontrent les autoentrepreneurs et qui – mine de rien – renouvelle assez les offres bancaires classiques avec la volonté de leur apporter comme une dimension en plus.

 

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(Français) Les banques vont-elles devoir passer du rôle de conseiller à celui d’influenceur?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La question peut surprendre mais deux exemples tout à fait différents permettent concrètement de l’envisager.

Il y a quelques mois, nous présentions le nouveau planificateur financier digital Life Plan de Bank of America. Disponible en complément de l’appli de l’établissement, Life Plan invite ses utilisateurs à définir leurs objectifs de vie et à voir comment leur donner une traduction financière à partir de leur situation propre. Sur la base des données personnelles dont elle dispose pour chaque client et qu’elle lui restitue ainsi, la banque traduit ces préférences en objectifs et formule des recommandations pour parvenir à les atteindre. Un conseil personnalisé peut alors être réalisé avec son chargé de compte pour aller plus loin.

De son côté, le groupe australien ANZ Bank a lancé un coaching financier présenté et animé par un spécialiste local du fitness, Sam Wood. Un programme de 6 semaines pour reprendre la main sur ses finances et mieux les gérer. Pour cela, différents outils sont proposés, ainsi que des encouragements et un suivi personnalisés. Mais surtout, si l’on commence dans le cadre du programme par établir son propre score, pour déterminer à quel type de profil on se rattache en matière de gestion de ses finances, on est invité ensuite à poser ses objectifs de vie, pour mieux définir les moyens de les atteindre.

Ainsi, quoique totalement différente dans les moyens, la démarche d’ANZ Bank est comparable à celle de Bank of America. Les deux approches paraissent même assez complémentaires. Et, dans les deux cas, on assiste à une évolution importante du rôle du banquier, qui passe de conseiller à influenceur. Car il ne s’agit pas seulement d’éclairer et de recommander mais d’aider et d’accompagner, de mettre en mouvement. Ceci par rapport à des objectifs financiers, correspondant aussi à des objectifs de vie, qui orientent la relation bancaire.

Traditionnellement, l’influence en matière financière s’exerçait dans un cercle très restreint : la famille et les proches. Pour le reste et pour la plupart des gens, il y avait le conseiller bancaire et seulement lui. Cette situation a bien changé : réseaux sociaux, plateformes d’échanges (voir le succès récent de Clubhouse notamment), notre sphère d’influences s’est beaucoup élargie. Des coachs financiers sont apparus en ligne – par exemple Katia Finances, en France. Et l’on peut en attendre tout à la fois des mises en mouvement, des réactions assez massives – c’est le phénomène Robinhood – en même temps qu’une évolution de l’éducation financière qui, d’apprendre à bien, à sagement gérer ses ressources, s’oriente déjà vers la découverte d’opportunités, à la poursuite d’objectifs de vie de plus en plus divers.

Car ce sont ces objectifs qui vont désormais compter le plus. Exactement comme notre rapport à l’alimentation ou au sport intègre différentes influences et s’oriente en fonction d’objectifs de santé, d’esthétique et de style de vie, n’en ira-t-il pas de même demain dans la gestion de nos finances ? Cela signifierait une réinitialisation assez complète de la relation client et les démarches ci-dessus de Bank of America et d’ANZ Bank en sont les premières illustrations.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

La bourse joue-t-elle à la disparition des banques ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]En dix ans, l’Euro Stoxx Banks (l’indice boursier des banques européennes) a perdu plus de la moitié de sa valeur. A ce compte, les banques ne vaudront bientôt plus rien ! Et si cette perspective était déjà intégrée dans les cours ?

Avec le tabac et l’automobile, la banque est l’un des secteurs les plus mal-aimés en bourse et donc l’un des moins chers. Fin 2019, les actions de groupes bancaires européens se payaient en moyenne 9 fois les bénéfices et la taille n’y changeait rien. Pour les principales banques d’Europe, le price-to-book (le ratio capitalisation/actifs) était inférieur à 1. Par contraste avec les principaux établissements américains et témoignant d’une sous-valorisation à la fois criante et croissante.

Pour la bourse, en effet, les perspectives de rentabilité des banques étaient inévitablement faibles dans un contexte de croissance molle et de taux très bas. Fin 2019, la seule marge de manœuvre paraissait consister en réductions de coûts – lesquelles auraient dues être particulièrement drastiques alors que les banques devaient par ailleurs investir dans le digital, affronter la concurrence de nouveaux acteurs et répondre à des exigences réglementaires (Bâle IV) toujours accrues.

A défaut d’être des valeurs de performance, ainsi, il ne restait plus aux banques européennes que d’apparaître comme des valeurs de rendement. Aussi distribuaient-elles significativement plus de leurs résultats à leurs actionnaires que leurs consœurs américaines… avant que cela ne leur soit interdit avec la crise sanitaire.

Autant dire que l’année 2020 n’a rien arrangé ! Malgré un rebond au dernier trimestre (dont on peut se demander ce qui le justifie !), l’Euro Stoxx Banks a continué à plonger sur l’ensemble de l’année :

Où cela mène-t-il ? A quoi joue la bourse ? Si les perspectives de rentabilité sont suspendues à la croissance et à la remontée des taux, alors l’année s’annonce fort mal ! D’autant que pointe la hausse considérable des risques engendrés par la pandémie (voir ici ou ici).

Depuis quelques mois, on attend des concentrations bancaires. Rien de très important n’est apparu cependant et tandis que le rapprochement Caixa/Bankia s’est effectivement engagé, celui entre BBVA et Sabadell a rapidement tourné court.

Dans un tel contexte, seules en fait des restructurations – c’est-à-dire la disparition/absorption de certains grands établissements – permettraient de relancer la rentabilité. Par assèchement de l’offre et restauration des marges. Les investisseurs n’y pensent peut-être pas mais c’est tout comme !

Et les banques ? Beaucoup n’épousent pas les visions des analystes de marché qui, effectivement, paraissent assez décalées par rapport à la réalité. Parce que la rentabilité de nombreux établissements demeure tout à fait confortable. Parce que les risques sont bien encadrés. Et parce que cette menace de nouveaux acteurs que l’on agite depuis vingt ans ne s’est finalement jamais vraiment concrétisée. C’est pourquoi les projets de rapprochement peuvent rapidement buter sur les prix. Les établissements ne sont pas aux abois.

Pour autant, si la bourse ne perçoit pas de relais de rentabilité dans la banque, quel discours les banques peuvent-elle lui opposer ? Depuis plus d’une décennie, les banques ont commencé à beaucoup se transformer mais ni elles ni de nouveaux acteurs n’ont réellement découvert de sources importantes et innovantes de revenus. Ni aucune manière d’augmenter de manière significative la rentabilité de leurs activités courantes. Au contraire, les nouveaux acteurs ont comme institutionnalisé le fait de travailler à perte et, avec leurs offres de bienvenues, les banques classiques paient de plus en plus chers leurs nouveaux clients.

Des analyses boursières, il ne faut sans doute pas attendre de jugements subtils ou pondérés (ni même très bien informés – que d’approximations n’entend-on pas sur les sites de bourse !). Mais si l’on considère que l’effet immédiat le plus délétère de la crise pour les banques est de les avoir plongées dans un attentisme généralisé pour tout ce qui ne concerne pas les urgences courantes, ces visions boursières peuvent avoir pour vertu, en ce début d’année, de remettre les banques en mouvement.

 

 

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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