L’anti-gaspillage, rencontre des défenses du pouvoir d’achat et de la RSE

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans le cadre d’une levée de fonds de 15 millions €, BNP Paribas Solar Impulse Venture Fund et BNP Paribas Social Business Impact ont investi 10 millions € dans Phénix, une entreprise à impact accompagnée dès sa création en 2014 par Act For Impact by BNP Paribas.

Face à une problématique à multiples facettes et par rapport à d’autres initiatives comparables comme celle de Smartway (avec qui travaille Auchan), Phénix s’efforce de développer une approche holistique auprès des industriels, producteurs et grossistes, de la grande et petite distribution, de la restauration collective et des commerces de bouche, ainsi que des consommateurs et des associations.

Elle propose ainsi, notamment :

  • une plateforme digitale de mise en relation de différents acteurs concernés.
  • Un outil de traçage des dates courtes.
  • Une application de vente de paniers d’invendus à des prix réduits.
  • Un accompagnement opérationnel pour optimiser la gestion de stock
  • La gestion logistique et administrative du don des invendus aux associations, etc.

L’approche est particulièrement intéressante :

  • Parce qu’elle conjugue les deux dimensions sociale et environnementale de la RSE.
  • Parce que dans le contexte actuel, elle associe la RSE à la défense du pouvoir d’achat.

Dans ces conditions, pourrait-on imaginer que BNP Paribas relaie à l’adresse de ses clients les solutions de Phénix, comme la banque a choisi de le faire avec les services de Papernest par exemple ?

Le problème est que Phénix s’adresse aussi bien aux entreprises qu’aux Pros, aux particuliers et aux associations.

Il n’existe pas de canal de distribution bancaire pour une solution aussi riche ! Une bonne occasion d’innover ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

Premières mesures contre le Greenwashing

[vc_row][vc_column][vc_column_text]L’Autorité britannique de la publicité (ASA) a interdit à HSBC de diffuser deux publicités jugées « trompeuses » quant aux efforts réels de la banque en matière de changement climatique.

L’ASA a en effet jugé que des publicités affichées à l’approche de la COP 26 sur les arrêts de bus à Bristol et à Londres en octobre 2021 « omettaient des informations importantes » sur les activités de la banque.

HSBC déclarait fournir jusqu’à 1 000 milliards $ de financement pour aider ses clients face à la transition énergétique. La banque revendiquait de plus la plantation de deux millions d’arbres au Royaume-Uni. Toutefois, à la suite de plaintes, notamment d’Adfree Cities, l’ASA a souligné que les affiches « omettaient des informations importantes sur la contribution de HSBC aux émissions de dioxyde de carbone et de gaz à effet de serre.« , notamment avec le financement significatif de certaines entreprises et industries émettrices de gaz à effet de serre.

Source : Finextra

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

Comment rendre plus durables les billets de banque ?

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La Banque d’Angleterre a pu indiquer que 67% de ses émissions de CO2 proviennent des activités liées à la création et à la gestion de billets de banque ! Comment résoudre ce problème alors que les billets de banque demeurent, de loin, la forme de monnaie la plus utilisée sur la planète ?

A cet effet, le spécialiste allemand de la gestion du cash Giesecke+Devrient Currency Technology (G+D) a lancé en mars dernier une Green BankNote Initiative, qui mérite un détour. Il s’agit de revoir de fond en comble les processus de création et de circulation des billets. L’objectif est ainsi de parvenir à produire un « billet vert » dont l’empreinte carbone limitée à 7,8 grammes de dioxyde de carbone.

A cet effet, le billet de banque que G+D propose aux Banques centrales et à leurs fournisseurs de développer a un noyau de fibres renouvelables, composé de 50 % de coton biologique et de 50 % de pâte de bois certifiée FSC (un label de durabilité du bois). Le coton est cultivé de manière bio principalement en Turquie et en Grèce à ce stade. Pour autant, le passage à cette nouvelle production de billets n’a pas d’impact sur les coûts de production.

Pour lui donner plus de résistance, le billet vert est recouvert d’une couche de polymère plus fine que le billet hybride standard, ce qui signifie 30 % de plastique en moins par billet. De plus, il est 5 % plus léger, ce qui revient à économiser environ cinq tonnes de plastique pour 100 tonnes de substrat hybride. En matière de transport, cela permet également d’économiser du carburant.

Le billet vert intègre également des éléments de sécurité tels que des filigranes et des patchs, appliqués à l’aide d’une feuille de support composée à 70 % de polyéthylène recyclé. Enfin, G+D utilise également les toutes premières encres sans huile minérale pour l’impression des billets.

La démarche devant couvrir tout le cycle de vie des billets, il s’agit également d’apprendre à réutiliser et à recycler les billets et à transformer les lambeaux de billets mis au rebut. Tout cela, sans investissements dans des équipements nouveaux.

A chaque étape, ainsi, les actions à mener ont été précisément calibrées. Cependant, ne s’agit-il pas là d’un combat d’arrière-garde ? Faut-il engager de tels changements qui, pour avoir un réel impact, devraient être largement adoptés par les Banque centrales à travers le monde, alors que l’avenir semble être aux monnaies numériques ? Alors que des pays comme l’Inde s’efforcent de se détourner de l’usage des espèces ?

Non sans difficultés cependant et la position de G+D est de ce point de vue intéressante car, à l’entendre, vouloir se débarrasser du cash n’est qu’un mirage. Pas plus que les aspirateurs n’ont fait disparaitre les balais, la monnaie électronique va continuer à se développer, à être largement adoptée mais les espèces demeureront importantes car elles représentent la monnaie la plus inclusive – un point de vue que l’on entend en effet de plus en plus.

G+D y autre argument : si sa démarche était adoptée, alors les billets de banque présenteraient une durabilité bien supérieure à celle des monnaies numériques – sans parler des actifs cryptographiques tels que le Bitcoin, dont on connait assez le caractère énergivore.

On peut finalement en retenir que l’on ne se débarrassera pas du cash de sitôt par une simple attrition de ses usages. Pour que les espèces disparaissent, il faudrait que cela relève d’une décision volontariste décidée au niveau gouvernemental. Mais quels en seraient exactement les motifs ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

BNP Paribas Fortis adopte le Positive Banking

[vc_row][vc_column][vc_column_text]C’est une initiative, à ce stade surtout d’image, qui mérite d’être signalée.

Qu’est-ce que le « Positive Banking », que BNP Paribas Fortis met désormais en avant ? Tout ou presque est dit dans ce bandeau :

Avouons-le, la démarche laisse un peu sur sa faim :

  • On peut trouver l’appellation « Positive Banking » un peu mollassonne (remember la « Positive Attitude » ?).
  • A ce stade, tout cela repose plus sur des promesses que sur des propositions.
  • La soumission au consensuel et à l’air du temps (de la « durabilité » à n’en plus finir !) banalise le message au lieu de le faire remarquer.

Pour autant, c’est un travail de basculement d’image très intéressant :

  • Il s’agit de rassembler les activités de l’établissements et ses engagements de responsabilité sociale et environnementale. En faire un tout. Les regrouper sous une seule image et, en ce sens, particuliers et entreprises apparaissent ici sur les mêmes pages, ensemble, sous les mêmes problématiques.
  • C’est une rupture forte avec un logique produits qui met d’abord les offres en avant. On s’efforce plutôt de donner d’abord du sens.
  • Le site, particulièrement, marque la volonté d’élargir l’image de la banque, en informant, communiquant, sous un format de quasi-blog.

Au total, la démarche parait notable alors que les banques changent actuellement plus vite que leur image et leur communication.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

Transition énergétique : les banques rattrapées par la crise

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Depuis plusieurs années, des mesures en faveur de la transition énergétique impactent les offres courantes des banques et des assurances. Cela concerne aussi bien l’habitat, que la mobilité et l’épargne, ainsi que désormais la gestion des dépenses et des comptes.

A ce stade, une multitude de dispositions ont ainsi été déployées qui transforment sensiblement l’expérience client : financements favorisés des véhicules « verts » et des mobilités urbaines, fourniture de services et de nouveaux types d’assurance associés, prise en compte de la performance énergétique des logements, calcul, planification et financement des rénovations, orientation de l’épargne, calcul d’empreinte énergétique des dépenses, … Ces offres très diverses atteignent un premier stade de maturité et sont désormais largement déployées. Ceci survient, néanmoins, dans un contexte qui est lui-même en train de sensiblement changer.

Le plus souvent associées aux engagements des établissements quant à leur propre transformation énergétique, ces offres proposent aux clients des choix responsables. Que cela consiste à savoir quel impact écologique peut être lié à son épargne ou que cela conduise à ne plus vouloir utiliser de cartes de paiement en plastique, c’est un choix qui est proposé, assorti de quelques encouragements.

Toutefois, la perception par le public des nécessités de la transition énergétique est en train de changer et même de se dramatiser, tant sous l’effet des pénuries d’énergies traditionnelles qui menacent, que sous celui des excès caniculaires de l’été. Du choix, nous sommes en train de passer à la nécessité. La hausse fulgurante des prix de l’énergie va lier indissociablement pouvoir d’achat et consommation énergétique et, de ce point de vue, les nouvelles offres bancaires vont paraitre insuffisantes. Dans un contexte de sobriété nécessaire, un accompagnement plus fort va être attendu des banques, sans lequel elles seront sans doute jugées ne pas en faire assez, malgré leurs efforts récents !

Quelles orientations pourrait prendre un tel accompagnement ? On peut considérer qu’il sera le trait d’union entre, d’un côté, l’intégration à l’expérience client des exigences écologiques et, de l’autre, les mesures exceptionnelles qui seront inévitablement prises pour surmonter la crise énergétique.

Quelque chose qui relierait la sensibilité environnementale complètement intégrée d’Imagin, la banque pour jeunes de la Caixa espagnole au vif succès (c’est désormais l’une des néobanques les plus utilisées d’Europe) et les efforts de provisionnement que réalisent actuellement les plus grandes banques italiennes pour pouvoir accompagner (report d’échéances et prêts relais) leurs entreprises clientes qui seront les plus exposées aux contraintes énergétiques. Quelque chose que le schéma du nouveau Prêt à Impact de BPCE, avec la prise en compte, dans les conditions de financement, d’indicateurs et de résultats non financiers, permet d’imaginer.

Accompagner plus étroitement la transition énergétique pourrait bien ainsi pousser les banques à faire un pas décisif vers une plus large prise en compte des usages et personnalisation des offres – un pas décisif vers leur propre transformation.

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Quelles solutions pour les personnes vulnérables ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous voudrions seulement signaler ici quelques initiatives s’adressant à des personnes pour lesquelles les actes bancaires les plus simples peuvent être difficiles à réaliser ou exposer à des détournements et des abus.

Plusieurs solutions  sont apparues récemment et sont en cours de maturation, se heurtant souvent moins à des défis techniques qu’à des contraintes légales et réglementaires. On peut notamment signaler :

  • Pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (elles sont 55 millions dans le monde ; elles seront 78 millions en 2030), la solution anglaise Sibstar, qui a reçu le soutien de Mastercard (mais a été également critiquée pour ses tarifs).
  • Pour les personnes frappées d’autisme ou de troubles cognitifs, la M&T Bank américaine (associée à MagnusCards).
  • Plus généralement, pour les personnes isolées, âgées : Carefull, en France Finense.

Les solutions de ce type ont généralement en commun de proposer des applis mobiles avec détection d’opérations inhabituelles ou suspectes, de s’adresser aussi bien aux personnes en souffrance qu’à leurs aidants et de pouvoir être étendues à une fonction de surveillance quasi permanente à distance.

Leur but est de maintenir ou de renforcer l’autonomie des personnes vulnérables, en évitant ainsi de leur retirer toute vie sociale, à quoi peut conduire une mise sous tutelle. Dans un secteur crucial, la dépendance, toutes ces solutions ouvrent ainsi des issues qui, tôt ou tard, concerneront forcément les banques. De sorte qu’on peut regretter que celles-ci n’accompagnent et ne partagent pas davantage ces initiatives dès aujourd’hui.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE : la transition énergétique par anticipation

[vc_row][vc_column][vc_column_text]C’est finalement assez rare une banque qui adapte ses offres à des besoins futurs. C’est ce que vient de faire BNP Paribas Personal Finance avec son offre de LOA pour les véhicules électriques.

Nous ne pouvons que résumer un communiqué de presse qui est très explicite. La Loi Climat et Résilience, votée en 2021, prévoit la mise en place au 31 décembre 2024, dans toutes les agglomérations de plus de 150.000 habitants, de Zones à faibles émissions mobilité. Dans ces zones, à partir du 1er janvier 2025, seuls les porteurs d’une vignette Crit’Air 1, 2 ou verte seront autorisés à rouler. Dans ces conditions, les trois quarts du parc automobile français actuel seraient exclus des métropoles.

Comment les ménages vont-ils pouvoir s’adapter ? Surtout les ménages les plus modestes, exposés à une inflation qui risque de sérieusement limiter leur pouvoir d’achat, alors qu’un véhicule leur est souvent indispensable ?

BNP Paribas Personal Finance propose une location avec option d’achat pouvant s’étaler jusqu’à dix ans pour un montant mensuel de moins de 150 euros, avec une faible valeur résiduelle – l’équivalent d’une mensualité – qui permettra de devenir propriétaire du véhicule au terme du contrat.

L’offre anticipe ainsi une dépense future qui, pour beaucoup de ménages peu au courant à ce stade, reste encore imprévue. Une offre qui, par ailleurs, modifiera les comportements d’achat puisque les véhicules Crit’air 0 et 1 financés seront uniquement disponibles chez les professionnels, alors que les ménages aux revenus modestes sont habitués à acquérir des véhicules d’occasion, majoritairement entre particuliers.

Au total, BNP Paribas Personal Finance réalise un véritable crossover : une offre qui conjugue accompagnement de la transition énergétique et assistance à la gestion des finances personnelles, planification de besoin et réaction aux évolutions du contexte économique. La crise qui point va-t-elle ainsi se révéler décisive pour l’évolution des relations bancaires ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

BPCE : Quand la RSE devient une véritable stratégie

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous le soulignions il y a un an : l’ESS gagne l’UX. D’engagements surtout corporate, la dimension de RSE était en train de gagner les produits et services courants proposés à la clientèle. Depuis, la tendance s’est prolongée et, aujourd’hui, le Groupe BPCE en fait un véritable axe stratégique.

Dans le cadre de son plan stratégique 2024, BPCE a en effet choisi d’accélérer et de renforcer ses engagements pour accélérer la transition énergétique.

Différentes mesures sont définies pour réduire l’empreinte carbone des établissements que rassemble le Groupe.

Quant aux financements, deux objectifs sont fixés :

  • Pour le portefeuille d’assurance, fort d’une politique d’investissement durable entamée il y a trois ans, le Groupe vise à s’aligner sur la trajectoire 1,5°C dès 2030.
  • Pour les portefeuilles de financement de la Banque de Grande Clientèle, le Groupe vise à abaisser l’impact de ses financements sur la température, qui est de l’ordre de 3,2°C aujourd’hui, à 2,5°C en 2024, à 2,2°C en 2030 et à 1,5°C en 2050.

Ces engagements vont se traduire par des réallocations sectorielles ambitieuses et le Groupe s’engage ainsi à réduire son financement des activités exploration-production de pétrole et de gaz conventionnels et non-conventionnels de 15 % entre 2020 et 2024 (à partir d’un niveau d’encours de 5,8 Mds € à fin 2020).

Tandis que l’ambition est affichée d’accroitre de 21 Mds€ les financements aux énergies renouvelables, à la rénovation énergétique des bâtiments et à la mobilité verte (dont 9 Mds € d’arrangement de nouveaux financements d’énergie renouvelable auprès de ses grands clients) entre fin 2020 et fin 2024.

Il faut le souligner, ce dernier objectif est une novation : pour la première fois de manière explicite, une banque va poursuivre ouvertement les mêmes objectifs que les clients qu’elle finance !

Relation client renouvelée, véritable stratégie commerciale, positionnement clair : on est désormais loin de la RSE traitée au titre d’engagements un peu symboliques et de façade. Et il faut reconnaitre au Groupe BPCE une résolution qui le distingue dans ce domaine.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

DEMAIN, UN COMPTE CO2 POUR TOUS?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Mastercard, associé à la fintech suédoise Doconomy, vient d’annoncer la mise à disposition pour toutes les banques d’un calculateur de consommation carbone pouvant être lié aux dépenses enregistrées sur une carte de paiement ou sur un compte bancaire. A travers cette initiative, un tout nouveau rôle des banques se dessine.

Depuis plusieurs années, différents établissements financiers proposent à leurs clients de s’engager pour le climat à travers eux.

Il y a d’abord des établissements « engagés ». Avec eux, l’argent que vous laissez sur votre compte ne servira en rien à financer des activités polluantes. Ce principe de choix des déposants, déjà développé par des établissements comme le Crédit Coopératif, a été particulièrement retenu par quelques néobanques récemment lancées comme Helios (liée à Solaris Bank) en France. Et cette orientation introduit une mise en concurrence tout à fait nouvelle des banques – ainsi avec Helios, qui renvoie à cet effet à l’application Rift/Oxfam.

 

Le problème est que l’engagement des clients est alors assez passif et ne concerne pas leur propre consommation carbone. C’est pourquoi d’autres acteurs – comme par exemple la néobanque Bunq – permettent de calculer une empreinte carbone individuelle directement à partir de nos dépenses.

Pour ce faire, la plupart des acteurs se fondent sur le Åland Index, développé par la Bank of Åland, dont il est difficile de se prononcer sur la fiabilité et qui ne fournit de toute manière que des moyennes approximées de consommation de CO2. Toutefois, pour sa formule Green, Monabanq utilise, elle, les données de l’ADEME.

 

Quoi qu’il en soit, le principe est celui d’une prise de conscience, que Mastercard entend propager à l’échelle mondiale à travers les banques et la mise en place, associée à son calculateur, d’un système de récompenses, débouchant sur des projets concrets de reforestation. En quoi Mastercard ne fait que recopier l’initiative d’Alibaba/Ant Financial, lancée en 2016 : Ant Forest.

Dans le cadre de la Green Digital Finance Alliance lancée en partenariat avec le Programme environnemental des Nations unies, Ant Financial (la filiale financière d’Alibaba) a en effet mis en place un système de récompenses individuelles portant sur la réduction de sa consommation carbone à travers des comportements vertueux, comme l’usage des transports en commun ou les paiements en ligne (ce qui tombe bien pour Alipay, avec laquelle Ant Forest peut être couplée !). On gagne ainsi des points verts qu’Ant Financial convertit en plantations forestières – la plantation d’un arbre étant un acte symbolique traditionnel fort en Chine (voir la présentation vidéo ici).

Au total, le principe est celui d’une valorisation de certains comportements à travers une appli bancaire et à partir de là les activités bancaires changent de dimension !

L’idée est forte en effet : agissant directement sur les comportements, à travers le suivi et la maitrise des dépenses, les banques sont au cœur des changements sociaux et elles peuvent permettre à leurs clients d’agir sur beaucoup de choses – à travers un véritable travail de fourmis, c’est le sens même de « Ant Forest ».

Mastercard fait ainsi un pas vers cette nouvelle dimension, qui soulève un certain nombre de questions. Il suffit en effet de remarquer à quel point l’approche – plutôt infantilisante, avec ses bons points récompensant de petits efforts – est proche du système de crédit social chinois, dont Ant Financial a été le grand initiateur avec Sesame Credit. Avec les meilleures intentions, le compte CO2 pourrait être un puissant outil de contrôle et de dressage social.

Il n’y a cependant pas de fatalité mais seulement, à ce stade, l’obligation de réaliser, pour ceux que les évolutions financières intéressent, que ce qui se passe en ce domaine depuis plusieurs années en Chine, qui est considérable, n’a rien d’exotique.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

Va-t-il falloir réglementer les engagements de responsabilité sociale et environnementale des banques ?

Cela aura été l’un des derniers actes de l’administration républicaine au pouvoir ces quatre dernières années aux Etats-Unis : réglementer les engagements que les banques peuvent choisir de suivre en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE) vis-à-vis de certains secteurs. Cette disposition ne sera sans doute pas reconduite par la nouvelle administration démocrate mais la problématique n’en disparaitra pas pour autant. Elle risque en fait de s’imposer de manière de plus en plus pressante – en France, la filière de la défense a récemment saisi le gouvernement de la frilosité des banques à son égard.

Depuis plusieurs années, de nombreuses banques ont pris l’engagement de ne plus financer les énergies fossiles. Aux Etats-Unis, Bank of America ou Citi ont également annoncé des restrictions concernant le financement du secteur des armes à feu. Dès lors que l’incarcération d’étrangers en situation irrégulière a pu être dénoncée outre-Atlantique, JP Morgan Chase a décidé de ne plus financer de prisons privées. Paypal a pu interdire les paiements et fermer les comptes de personnes qu’il accuse de propager des propos haineux. Mastercard a annoncé son intention de faire de même.

Est-ce bien aux banques de décider de ce qui est légal et de ce qui est illégal ?, s’est néanmoins demandée l’administration américaine face aux refus de financement rencontrés par les secteurs de l’énergie ou des armes. Une nouvelle réglementation, finalisée tout récemment, impose ainsi aux plus grandes banques de motiver sérieusement et individuellement leurs refus de financement et donc de ne pas procéder à des exclusions sectorielles a priori. Ce qui a suscité des réactions scandalisées de la part d’associations de consommateurs, d’élus démocrates, ainsi que de la part des banques, dénonçant des pressions gouvernementales visant à leur retirer leur liberté de décision.

En fait, les banques ne sont pas tout à fait libres de leurs choix. Car si, traditionnellement, neutralité et discrétion caractérisaient l’ethos bancaire, il n’en va plus tout à fait ainsi. Vis-à-vis de leurs actionnaires et de leurs clients, comme vis-à-vis de leurs collaborateurs actuels et futurs, les banques sont de plus en plus comptables d’un risque de réputation qui inclut désormais non seulement leurs activités mais également les bénéficiaires de leurs services et financements.

Cette évolution est loin de ne concerner que les banques mais ces dernières, parce qu’elles sont à la source de financements qui sont la clé de tout, sont particulièrement et de plus en plus sous observation. Il y a deux ans, réagissant à la publication d’un rapport de l’ONG Oxfam France dénonçant des établissements financiers français « accros aux énergies fossiles », le ministre de l’Economie et des Finances annonçait immédiatement vouloir réunir les banquiers, assureurs et gestionnaires d’actifs français pour qu’ils s’engagent à arrêter tout financement des activités les plus polluantes.

Les banques, ainsi, n’ont pas vraiment le choix. Au-delà du respect de leurs obligations légales et réglementaires, leurs engagements mêmes commencent à être scrutés par l’opinion publique. C’est un fait et cela exige de nouvelles approches et de nouvelles compétences en matière d’analyses des risques et de gestion d’image. Toutefois, dès lors que le critère de légalité n’est plus seul légitime mais qu’il faut également répondre des activités en termes d’impacts collectifs et d’image, toute une casuistique ne peut manquer de se développer quant à la nature même et quant à la mesure des risques et des impacts. Est-il bien, par exemple, de financer ce qui est licite dans d’autres pays mais ne l’est pas ici ? Le gaz de schiste en fournit un exemple. Comme le nouveau marché du cannabis aux Etats-Unis. Peut-on défendre son rôle de soutien à l’économie et aux territoires et restreindre drastiquement ses engagements vis-à-vis d’un secteur de la défense dont on connait le poids économique en France, en termes d’exportation, de recherche et d’emploi ?

S’ouvre alors la perspective d’un jeu auquel, accusés, au gré des différentes parties prenantes, d’être trop ou pas assez présents, les établissements financiers seront finalement toujours perdants.

Tandis qu’un nouveau risque apparait : les banques ne risquent-elles pas en effet de se retrouver entrainées dans des mouvements d’opinions susceptibles de prendre barre sur la gestion de leurs engagements ? Car, bien entendu, si l’on refuse de financer ce qui est mal, comment peut-on refuser de financer ce qui est bien !? Si les banques sont dénoncées pour soutenir de mauvaises causes, le seront-elles moins si elles refusent de financer les bonnes ? Quitte à devoir soutenir des projets purement opportunistes ou sans logique financière saine.

Depuis quelques années, les établissements financiers décrivent très en détail leurs engagements de RSE et s’engagent à suivre une logique conséquentialiste qui évalue les impacts de leurs financements du point de vue de l’intérêt général. Cette louable démarche ne risque-t-elle pas de se révéler néanmoins un piège ? Certains n’y voyant que la volonté des établissements financiers de s’assurer qu’on les sauvera en cas de difficultés, quoi qu’il en soit et quoi qu’il en coûte. Tandis que d’autres estimeront que ce n’est pas aux banques de décider de l’intérêt général et voudront de plus en plus encadrer leur pouvoir de décision.

Alors que, comme nous l’avons signalé récemment, le public pourrait bien commencer à recevoir avec une certaine irritation les proclamations des entreprises en matière de responsabilité sociale et environnementale, dont il ne perçoit pas forcément les effets à son niveau, les banques vont devoir davantage s’interroger sur la portée générale de leurs engagements.

Score Advisor

 

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