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#retraite

[:fr]Que signifie exactementle rapport « décomplexé » à l’argent que l’on signale aujourd’hui chez les plus jeunes ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La Banque de France a récemment publié les résultats de son Enquête sur la culture financière du grand public, menée à l’été 2021. Les constats se veulent positifs et rassurants. Par rapport à l’année précédente, en effet, le nombre de Français déclarant avoir du mal à joindre les deux bouts (39%) a nettement baissé (47% en 2020). Cependant, la moitié des sondés estiment que leur situation financière limite leur capacité à réaliser des projets qui comptent pour eux. « Les Français sont très impliqués dans la gestion de leur budget », se félicite la Banque de France : 77% consultent au moins une fois par semaine le solde de leur compte courant. Mais seulement 37% ont une idée précise de leurs dépenses mensuelles. La plupart naviguent à vue ainsi, avec beaucoup d’incertitudes.

Un thème l’illustre particulièrement : la retraite. Peu de Français (6%) dans l’ensemble se soucient de la préparer. C’est une caractéristique forte par rapport à d’autres pays et l’on ne sait d’ailleurs, compte tenu de la situation financière d’une large partie des Français, comment ils pourraient y faire face. Pourtant, seulement 37% sont confiants quant à son financement à terme et 28% ne savent pas !

Ainsi, par rapport à leur situation financière, le manque de clairvoyance de beaucoup de Français est patent. D’autant plus qu’il s’accompagne de difficultés assez incroyables à maitriser de simples questions arithmétiques. Sur ce que représente un taux d’intérêt, il faut que les répondants aient plus que le bac pour atteindre plus de 60% de réponses justes. Et quant à l’impact de l’inflation sur une somme épargnée, 44% des Français ne le comprennent pas bien, dont 65% des 18-24 ans.

Situation financière tendue, manque de clairvoyance et manque de confiance (seuls 32% des Français pensent que leur argent est en sécurité dans une banque !), quelle peut être l’issue d’une situation que ces termes semblent caractériser pour beaucoup de Français ? La réponse est à chercher chez les plus jeunes.

Si l’on compare en effet, dans l’enquête de la Banque de France, les réponses des 18-24 ans par rapport à l’ensemble des Français, les principaux écarts portent sur une sorte « d’esprit de débrouille », tenant à la volonté de s’en sortir, quels qu’en soient les moyens et quitte à prendre des risques.

Les plus jeunes paraissent ainsi nettement plus affranchis de certains scrupules – certains diront qu’ils ont un rapport à l’argent plus « décomplexé » – que leurs ainés. Est-on obligé de rembourser un emprunt ? Les Français répondent oui à 79% ; les 18-24 ans à 63%. Parmi l’ensemble des répondants, 66% déclarent tenir à rester honnêtes. Le pourcentage peut paraitre assez faible. Il n’est que de 52% chez les plus jeunes. Si un commerçant vous donne trop d’argent en vous rendant la monnaie, allez-vous le lui dire ? Les Français répondent non à 31% et à 45% chez les 18-24 ans.

Parallèlement, il y a la part du rêve. Pour soulager leurs difficultés financières, 25% des Français et 36% des plus jeunes ont recours… aux loteries et jeux d’argent. On pense également à la spéculation sur les crypto-devises. Cependant, la France a été bien moins touchée par le phénomène que les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Pourtant, la tentation est sensible et c’est sur ce point que les écarts entre l’ensemble des Français et les plus jeunes sont les plus élevés. Mi-2021, était-ce le bon moment pour investir dans les cryptos ? Seulement 17% des Français répondaient oui mais 44% des 18-24 ans.

Un tel écart est si frappant qu’il mérite qu’on lui prête attention. En fait, il faut le rapporter à un autre, tout aussi significatif. Traditionnellement, les Français n’aiment pas parler de la gestion de leur argent, même avec leurs proches. Ils ne sont que 22% à le faire. Mais, chez les 18-24 ans, le pourcentage atteint 37%. Pourquoi faut-il rapprocher ce chiffre de l’attrait pour les crypto-devises ? Parce qu’en l’occurrence, l’initiation à ces dernières et les décisions d’achats interviennent majoritairement à travers les réseaux sociaux. Au Royaume-Uni, où le phénomène a connu une plus large ampleur qu’en France, une enquête de la Financial Conduct Authority a montré que 58% des décisions se prennent via les réseaux sociaux.

Mais l’enquête britannique va plus loin : elle montre que l’attrait pour les crypto-monnaies est dans 76% des cas porté par une véritable compétition entre ceux qui y investissent et qui échangent sur les plateformes sociales.

En somme, chez une large partie des plus jeunes, une situation financière morose et sans vraies perspectives alimente une volonté de s’en sortir qui fait sauter certaines barrières et qui est d’autant plus vive qu’elle est entretenue par un double phénomène émergent d’influence et d’émulation entre pairs. Ce qui, par rapport à la gestion de ses finances, représente un phénomène si nouveau que la Banque de France n’a même pas pensé à l’aborder dans son enquête.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Retraites : les banques sont-elles prêtes à accompagner des changements de comportement radicaux ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Aviva France publie les résultats d’une enquête sur l’épargne des Français face à leur retraite qui montrent comment les comportements sont en train de changer… encore insuffisamment, compte tenu des perspectives !

En matière de retraite, les Français se sont jusqu’ici largement reposés sur les dispositifs existants, les estimant suffisants dans l’ensemble et jugeant qu’ils n’avaient pas particulièrement à s’en occuper. Sinon en fin de carrière, pour maintenir leur niveau de vie une fois la retraite venue.

Certes, depuis trente ans, le sujet est maintes fois revenu dans les grands titres de l’actualité. Mais on a toujours parlé de « réforme » des retraites, ce qui a finalement plutôt masqué la réalité : le ratio actifs/inactifs, ne cessant de se dégrader, ne permet tout simplement pas d’envisager le maintien du système par répartition actuel en l’état.

Ceci n’étant pas communément reçu, les alertes lancées par les banques et compagnies d’assurance ont été souvent considérées comme purement commerciales. Tandis que beaucoup de Français considéraient que l’achat de leur logement principal était un complément bien suffisant, en plus des dispositifs de retraite existants, pour préparer leurs vieux jours.

En matière de retraite, on peut donc parler d’une certaine insouciance française. Fondée sur des cotisations qui, impactant le salaire brut, sont indolores. Ainsi, le nombre de Français qui pensent que leur niveau de vie va baisser avec leur passage en retraite n’atteint qu’une petite majorité (52% ; 63% chez les plus de 55 ans). Dans ces conditions, montre l’enquête, les Français peuvent toujours estimer que l’âge moyen idéal pour partir en retraite est 58 ans et qu’il n’est pas nécessaire de s’y préparer, en termes d’épargne, avant 39 ans.

A la différence de nombreux autres pays, on ne considère pas, en France, que la retraite se paie sur l’ensemble d’une carrière. Ce qui n’est pas une faute mais l’effet normal d’un système de retraite par répartition. Ainsi, selon les résultats de l’enquête, 43% des Français pensent qu’avant un certain âge, on ne se sent pas concerné par le sujet de la retraite. Un taux qui s’élève à 52% chez les moins de 35 ans.

Mais si ce système par répartition ne permettait plus d’envisager, avec quelques compléments d’épargne, le maintien de son niveau de vie lors de la retraite ? La réforme actuellement engagée est en train d’amener les Français à se poser cette question. Seuls 11% d’entre eux considèrent qu’elle va améliorer le niveau des pensions du régime général.

En fait, pour une partie de la population, la prise de conscience est plus ancienne. L’enquête indique ainsi que 16% des étudiants, retraités et sans emploi destinent leur épargne à leur retraite. Ce qui, compte tenu de la manière dont la plupart des Français envisagent leur retraite, n’est pas rien (cependant, seulement 13% des moins de 35 ans souhaitent orienter leur épargne en ce sens).

Mais que faire s’il faut épargner plus ? Avec la crise sanitaire, l’épargne des Français a augmenté. De manière très inégalitaire (20% des ménages ont fait 70% du surplus d’épargne, voir ici). Parmi les Français ayant augmenté leur épargne pendant la crise, 52% veulent utiliser leur épargne pour financer leur retraite (79% des 55-64 ans et 76% des Français qui gagnent plus de 50 000 € par an). Mais tout le monde n’a pas les moyens d’épargner de manière conséquente loin de là et, en temps d’incertitudes économiques, le motif principal d’épargne est de se constituer un capital en cas de coup dur. Et puis, bien entendu, il y a la faiblesse des taux, qui décourage les placements.

Par ailleurs, 28% des Français déclarent ne pas savoir comment faire ni par où commencer pour préparer leur retraite. Pour se renseigner, ils privilégient d’abord leur caisse de retraite (37% ; 46% chez les plus de 55 ans). Ils s’adressent également à leur banque et à leur assureur (31%) mais ils comptent tout autant sur internet (31% ; 37% chez les moins de 45 ans, pour lesquels internet est la première source d’information).

Au total, nous sommes à un tournant. Les Français commencent à réaliser qu’ils vont devoir faire un effort d’épargne concernant leur retraite et ceci tout au long de leur carrière. La question est de savoir si, en termes d’informations et d’accompagnement, les banques n’ont pas là un rôle essentiel à jouer. S’il ne s’agit pas d’un sujet dont elles doivent prioritairement s’emparer mais d’abord en termes de services plus que de produits. Pour le moment, ce n’est pas vraiment le cas.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]