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[:fr]Dernière étude FBF/IFOP : les français accordent une large confiance aux banques. Quoique… Non, en fait, pas du tout![:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Vous l’avez sans doute remarqué, aujourd’hui de plus en plus de décisions se prennent sur la base de rapports et d’études que personne ne lit ! Que l’on résume à deux slides, quand ce n’est pas à trois chiffres. Cela produit des situations, disons, cocasses. Quand le contenu d’un article contredit complètement son titre, ce que personne ne remarque. Ou quand un dossier infirme largement les conclusions qu’on en tire.

La FBF vient de publier la deuxième édition d’une étude menée par l’IFOP sur « Les Français, leur banque, leurs attentes ». Il en ressort que « le modèle relationnel physique et digital des banques françaises est un modèle de confiance pour les clients. »

Effectivement, les résultats (déclinés par régions) de l’enquête sont impressionnants. Ainsi pour l’Ile-de-France :

Résumé : tout va bien !

Conclusion : il faut continuer et s’améliorer encore.

A moins que vous ne choisissiez de prendre connaissance de l’étude plus avant. Car vous allez alors tomber sur cette page :

Une page pas très facile à lire (6 réponses pour 5 questions !) mais dont il ressort que si 70% des répondants ont plutôt une bonne image et 17% une très bonne image de leur banque, ils ne sont que 58% ou 31% (on ne sait quelles réponses il faut considérer !) à avoir confiance dans les banques en général.

Remarque : le tableau est trompeur, avec des calculs problématiques.

Résumé : à 64% ou même 37% de défiance face aux banques, il y a un problème !

Conclusion : il conviendrait d’expliquer l’écart entre la confiance accordée à sa banque et la défiance face aux banques.

Voici donc une étude dont les résultats sont nettement différents selon – aussi étrange que cela paraisse de l’écrire – qu’on choisit de la lire ou pas !

Mais dans le second cas, l’étude fournit différentes pistes. Ainsi, sachant que plus des deux-tiers des Franciliens ont téléchargé l’appli de leur banque et consultent le site de cette dernière au moins une fois par semaine, un problème de confiance apparait face aux canaux purement digitaux, qui augmente avec l’effacement de l’humain. Dans le prochain tableau, il est en effet frappant de constater la différence de niveau de confiance que recueillent la possibilité d’échanger avec un conseiller par tchat et l’utilisation de robots pour répondre aux questions :

Par ailleurs, le paiement à distance par smartphone ou l’authentification par reconnaissance faciale soulèvent des problèmes de confiance dans une proportion très importante. Cela rejoint ce que montrent d’autres études : le souci de confiance recouvre aujourd’hui les aspects les plus élémentaires de sécurité, ce qui était beaucoup moins le cas auparavant (voir ici).

Mais à vous de choisir. Soit vous vous contentez de la présentation, qui vous assure que le modèle relationnel physique et digital des banques françaises est un modèle de confiance pour les clients. Soit vous explorez le dossier, qui pointe les risques que le digital fait actuellement courir au modèle relationnel des banques françaises, ce qui conduit à se demander comment renforcer et même refonder ce modèle. C’est selon.  Quoique l’on puisse penser que l’avenir appartient à ceux qui font l’effort d’ouvrir les yeux.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Pourquoi Revolut pourrait devenir énorme[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]En 2020, Revolut a vu ses pertes presque doubler, passant de 106,5 à 207 millions £. Mais, en 2020, Revolut a également augmenté son chiffre d’affaires de 160 à 222 millions £ (voir ici), alors que, la même année, la néobanque, d’abord lancée sur le segment des voyageurs fréquents, voyait pourtant ses revenus brutalement fondre de 40% avec l’arrêt des déplacements provoqué par la crise sanitaire. C’est là un signe de vitalité qui invite à se demander jusqu’où peut aller Revolut, présent dans 37 pays depuis sa création il y a seulement six ans et qui laisse désormais loin derrière lui les néobanques anglaises Starling et Monzo.

Revolut, c’est un peu la néobanque pour consultants (avec Starling, soyons justes). Ils font pratiquement tout ce qu’on peut recommander en matière de développements bancaires ! Une appli fondée sur l’expérience client, plutôt que sur les produits.  L’insistance sur les usages. La transparence tarifaire. L’Open Banking. Le choix de différents niveaux de service. Le choix de nouveaux relais d’influence (voir par exemple leur programme Affiliate Partners).

Et à tout ceci, Revolut ajoute encore une très forte réactivité : en 2020, voyant leurs revenus s’effondrer et constatant le succès de Robinhood sur le trading, ils ont très vite su proposer quelque chose d’équivalent, avant de proposer également à leurs clients l’accès au trading de cryptos, lequel a fait 20% de leur chiffre d’affaires.

Une forte réactivité et une ambition énorme. Tout de suite, cette néobanque active au Royaume-Uni mais installée en Lituanie, créée par un Russe et un Ukrainien, anciens du Crédit Suisse, s’est voulue internationale. Et elle l’est devenue à marche forcée. Non sans faux pas, particulièrement en matière de gestion des hommes (voir ici). Tout a été consacré au développement, multi-langues, de l’appli. Le reste suivra ! Il manque encore plein de choses et le service client est minimaliste (des bots et la mobilisation de la communauté d’utilisateurs).

Les créateurs de Revolut sont pressés. C’est qu’ils entendent profiter d’une opportunité unique. Regardant les super-app chinoises Alipay et Wechat comme des modèles, ils se sont convaincus que personne n’allait rapidement proposer l’équivalent en Occident. Ni les Big Tech, pas encore assez impliquées dans la finance. Ni les grandes banques, ne disposant pas de la réactivité nécessaire. Ni les fintech et néobanques, beaucoup trop mono-produit ou pas assez ambitieuses. Et si c’était là la chance de Revolut ? La question peut légitimement être posée.

La néobanque situe son ambition dans la perspective d’un paysage bancaire complètement intégré demain et qui sera dominé par quelques très grands acteurs internationaux et une foule de solutions limitées. Parmi ces acteurs, il y aura quelques-unes des plus grandes banques actuelles. Mais des places importantes sont à prendre à côté d’elles. A l’instar de ce que Paypal a su faire pour le e-commerce.

Paypal, avec Venmo, est en effet le grand concurrent possible de Revolut. Car lui aussi, désormais, poursuit une stratégie de super-app. Mais, comme le note The Financial Brand, soupesant les chances de Revolut sur le marché américain (sur lequel il s’est lancé en mars 2020), Paypal parait bien plus un obstacle majeur qu’un réel concurrent tant le rapport est celui d’un David à un Goliath. Revolut compte près de 15 millions d’utilisateurs, ce qui est beaucoup au bout de six ans. Mais Paypal, c’étaient 377 millions d’utilisateurs fin  2020. 21,4 milliards $ de chiffre d’affaires et 4,2 milliards $ de résultats. En regard, l’offre de Revolut n’inclut pas le crédit. Et elle séduit un segment trop limité du public, qui est celui privilégié des néobanques : des hommes (60%) dans la trentaine (34 ans en moyenne, tout à fait comparable à Monzo : 32 ans et Starling : 35 ans).

Pourtant la rentabilité annuelle par client ne présente pas un écart aussi considérable, compte tenu de la différence de taille entre les deux établissements : 33 $ pour Revolut et 56 $ pour Paypal. Nous sommes sur un terrain innovant où tout peut aller très vite. Surtout, quel est l’enjeu ? Pour une stratégie de super-app, il consiste à créer de nouveaux usages liés aux services financiers, beaucoup plus ouverts et donc bien plus fréquents. Or, cet enjeu, Revolut parait assez bien placé pour le relever si l’on considère qu’en montant moyen de transactions par utilisateur, Paypal est à 3 068 $ et Revolut à 9 028 $.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Paiement par mobile: les banques françaises ne négligent-elles pas trop l’expérience client ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Que le paiement par mobile se soit nettement développé en 2020 en France, cela semble incontestable. Mais dans quelle mesure ? Sous quelles perspectives ? Tentons de décrypter quelques tendances dans un tableau très flou.

Une première donnée est fournie par le Baromètre Paylib/Kantar : en 2020, 38% des Français ont déjà eu l’occasion de payer en utilisant leur mobile. Mais l’accroissement n’a pas été plus fort en 2020 qu’en 2019.


De plus, en termes d’utilisation régulière, le chiffre, selon d’autres sources, parait nettement moins élevé (9%). Et l’on ne dispose pas d’éléments pour juger de l’utilisation d’un mobile pour payer en ligne (où il apporte nettement plus de commodité et de sécurité par rapport à une carte bancaire), payer sans contact ou transférer de l’argent. Dans ces conditions, on comprend toujours mal la décision des Caisses d’épargne et des Banques populaires arrêter Paylib sans contact.

Par ailleurs, le Baromètre Paylib/Kantar produit ces deux tableaux qui, mis côte-à-côte, invitent à se demander si beaucoup d’utilisateurs ne sont pas déçus ! Après tout, une évolution en dents de scie, avec un recul assez net en 2019, a été observée aux Etats-Unis pour les paiements par mobile.

Quant au palmarès des applications utilisées, celui ci-dessus contredit tout à fait un autre assez récent :

Que croire ? L’important est de constater les bons scores, dans les deux tableaux, de Google Pay et d’Apple Pay – surtout si l’on considère, pour ce dernier, que l’IPhone n’a que 24% de parts de marché en France.

C’est important car la tendance est de faire évoluer les applications de paiement mobile vers des super-apps. En y intégrant des fonctions complémentaires (Scan & Go pour éviter les caisses en magasin, cashbacks, places de marché, paiement fractionné, …). Ce que ne propose pas Paylib, l’application qui rallie tous les grands groupes bancaires français, au moment où le paiement mobile semble décoller.

Tout se passe comme si l’on voulait seulement substituer une habitude de paiement à d’autres, simplement parce qu’on la présente comme plus commode. En s’inspirant d’exemples étrangers, on insiste ainsi sur la fonction de transfert entre personnes, qui semble la mieux à même de convaincre les utilisateurs et de les convertir plus largement à l’emploi de l’application.

Cependant, limité à quelques fonctions, Paylib serait la plupart du temps utilisé directement depuis les appli bancaires sans être téléchargé. C’est que pour beaucoup d’utilisateurs potentiels, sans doute, ces fonctions seules manquent d’intérêt. C’est en tous cas ce qu’indique le Baromètre :

En fait l’utilisation du mobile participe d’un recul (relatif) des espèces et des chèques et d’une vive hausse de la carte et du sans contact, que la crise sanitaire a accentués, quoiqu’il s’agisse là d’une tendance patente depuis quelques années. Le mobile ne semble donc pas créer une dynamique propre mais apparait plutôt comme un moyen de paiement supplémentaire, s’ajoutant aux autres, avec une tendance, à ce stade, à être davantage utilisé pour certaines dépenses (alimentation, habillement, …) plutôt que d’autres.

Son usage étant désormais lancé, le mobile pourra bénéficier d’une dynamique propre dès lors qu’il transformera réellement l’expérience de paiement. Mais de ce point de vue et face à la concurrence que pourront leur faire les Big Tech, on peut se demander si avec Paylib (et à la différence de Lyf) les banques françaises n’ont pas en l’occurrence une vision bien trop étroite de l’expérience client.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]BMCE Bank of Africa sous pression au sud du Sahara[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Alors que les besoins en fonds propres brident le développement de son portefeuille de crédits depuis des années, la banque va aussi être amputée de certains de ses revenus par la crise du Covid.

Comme en 2017 et en 2019, le groupe BMCE Bank of Africa (13,9 milliards de dirhams – 1,3 milliard d’euros – de PNB) a sollicité ses actionnaires pour renflouer ses fonds propres. Au début d’août, la banque a proposé aux porteurs d’actions de convertir les dividendes qu’ils ont perçus au titre de l’exercice achevé en décembre 2019 en nouvelles parts du capital, soit environ 1 milliard de dirhams. Pour encourager l’ensemble du tour de table à participer, les actionnaires historiques, FinanceCom, RMA et SFCM ont annoncé leur contribution avant même l’entame de la collecte. En plus du pressant besoin de financement pour son plan stratégique, le groupe implanté dans 31 pays – dont 20 situés en Afrique – doit répondre aux exigences des différents régulateurs.
En 2018, la banque avait estimé son besoin en fonds propres à environ 6,5 milliards de dirhams pour ne pas entraver le développement de son portefeuille de prêts.
En juin 2019, le groupe britannique CDC avait apporté 1,9 milliard de dirhams pour prendre 5 % du capital de la banque marocaine. « L’argent injecté par CDC n’aura servi qu’à combler l’impact de la réforme IFRS 9 » (entrée en vigueur en 2018, la norme modifie en profondeur les règles actuelles de classement et d’évaluation des actifs financiers), fait savoir un analyste financier. Le groupe BMCE devra chercher 2 milliards de dirhams supplémentaires entre 2021 ou 2022 si la situation économique ne s’arrange pas. Selon nos informations, le personnel aura, lui, la possibilité de prendre des parts du capital à hauteur de 1 milliard de dirhams. « Les fonds propres de BMCE-BOA demeurent relativement modestes, malgré une légère amélioration consécutive aux injections de capitaux en 2019. Cette situation limite la capacité de la banque à absorber les pertes potentielles, ce qui pourrait créer un nouveau besoin d’injections de capitaux dans un environnement difficile », note Moody’s dans son analyse.

Équation compliquée

« La banque doit poursuivre son développement, augmenter sa rentabilité opérationnelle, alors que dans le même temps elle est pénalisée par un niveau trop faible de fonds propres. C’est une équation compliquée liée aux contraintes réglementaires qui vont peser sur elle au moins jusqu’en 2022 dans les pays de la région Uemoa », explique Yoann Lhonneur, directeur associé du cabinet Devlhon
Consulting, pour qui la BMCE-BOA demeure néanmoins un établissement robuste. La période est d’autant plus délicate pour la banque qu’à la surveillance du niveau des ratios prudentiels s’ajoutent les terribles conséquences de la crise du Covid-19. Toutes les analyses prédisent un ralentissement économique important sur le continent, lequel se traduira notamment par une détérioration de la qualité des emprunteurs. Cette perspective inquiète la banque, dont le portefeuille de crédits au sud du Sahara connaît déjà une hausse des créances en souffrance. Elles sont passées de 8,2 % en 2017 à 9,1 % l’année dernière. Certes, ce niveau reste en deçà de la moyenne du secteur en Afrique subsaharienne (11,4 %) selon les statistiques de Moody’s, mais il est probable qu’en raison de la conjoncture économique globale, la dégradation se poursuive au cours des prochains exercices. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’agence américaine a changé les perspectives de sa notation, en les passant de « stables » à «négatives».

Absence de garanties

« Conscients de cette tendance, les marchés subsahariens ont montré ces dernières années un moindre appétit pour le risque», a constaté Yoann Lhonneur. Avant de procéder à des augmentations de capital entre 2017 et 2019, la banque avait déjà en partie fermé le robinet des crédits en ne sélectionnant que les dossiers les plus sûrs. Connu pour être élitiste, BMCE-BOA finance en priorité les projets gouvernementaux et détient aussi de grandes parts sur le marché des fonctionnaires.
Cette sélectivité permet à la banque de générer en Afrique subsaharienne 33 % de ses revenus, alors qu’elle n’y distribue que 25 % de ses crédits. Cette année, en l’absence de garanties, les banques financent encore moins que d’habitude les petites et moyennes entreprises, en très grande difficulté.
Traditionnellement, dans cette zone, BMCE-BOA investit fortement dans les bons du Trésor, peu  rémunérateurs mais présentant un risque quasi nul.
Son produit net bancaire provient davantage de commissions sur des opérations d’import-export que des intérêts obtenus grâce aux prêts qu’elle octroie. La crise actuelle devrait ainsi se révéler particulièrement coûteuse pour la banque marocaine, au sein de laquelle l’optimisme habituel est néanmoins toujours de mise. Selon nos sources, les résultats enregistrés cette année reflètent déjà
l’ensemble de ces difficultés. « Parallèlement au contexte du Covid-19, la banque est confrontée à une concurrence de plus en plus diversifiée, venant des banques ou des sociétés technologiques qui fournissent des services financiers. Cette situation provoque une tension sur les prix et donc sur la rentabilité globale, alors que dans le même temps les coûts de la banque ne peuvent pas être réduits
d’autant», conclut Yoann Lhonneur.

 

EL MEHDI Berrada, pour Jeune Afrique Spécial Finance d’octobre 2020[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]L’échec, très prévisible, de la DSP2[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Adoptée le 8 octobre 2015, la seconde Directive européenne sur les services de paiement (DSP 2) est entrée en vigueur en janvier 2018, avec un délai de mise en application jusqu’en novembre 2019. Aujourd’hui, cependant, on est encore loin d’un fonctionnement satisfaisant (voir ici). Et les effets attendus de l’open banking, notamment en termes de mobilité bancaire, n’ont été nulle part significatifs (y compris au Royaume-Uni, pays par excellence des néo-banques, qui était encore membre de l’UE quand la Directive a été publiée). La faute aux banques ? Sans doute. Mais une réaction assez inévitable aux dispositions d’une réglementation absurde.

La principale disposition de la DSP 2 oblige les banques à transférer les données clients dont elles disposent dès lors que de nouveaux acteurs non bancaires leur en font la demande, avec l’accord des clients. Ces nouveaux acteurs sont des opérateurs de paiement et des agrégateurs de compte, autant de « néo-banques » donc, proposant des services financiers aux clients des banques traditionnelles.

La DSP 2 pose ainsi le principe d’un accès ouvert et gratuit aux données bancaires, dans le but de susciter des offres concurrentes aux banques, synonymes de services nouveaux et de tarifs avantageux. A cet effet, les banques doivent donc mettre en place des API permettant ce partage de données.

Ces dispositions se fondent elles-mêmes sur le principe que leurs données appartiennent non aux banques mais aux clients, qui doivent donc pouvoir en disposer librement et gratuitement. Par ailleurs, ces orientations étaient portées par la conviction que les clients des banques n’attendaient que de trouver de meilleures offres et services et qu’ils allaient donc, dans ces conditions, changer massivement d’établissements. En l’occurrence, la DSP 2 se fondait ainsi sur deux illusions.

Que les données appartiennent aux clients auxquels elles se rapportent parait peu contestable sur le principe. Cependant, dans les faits, ces données n’existent pas en soi. De sorte qu’il suffirait de les transférer simplement d’un système à l’autre. Ces données, très dépendantes des systèmes et des institutions qui les produisent, ne sont pas du tout harmonisées. Tout un travail est donc nécessaire pour les rendre universellement utilisables. Un travail que la DSP 2 confie… aux banques. Lesquelles doivent ainsi payer pour organiser leur propre concurrence !

Aujourd’hui, la fintech Tide suggère à la Competition and Markets Authority britannique de mettre en place un système d’achat des données clients aux banques, pour faciliter la mise en œuvre de l’open banking. A rebours des principes de la DSP2 donc. Mais, dans la pratique, des intermédiaires sont apparus qui collectent et harmonisent certaines données bancaires, qu’ils revendent aux nouveaux acteurs.

Que l’on ne dise pas cependant qu’il est facile, avec le recul, de souligner tout ceci aujourd’hui. D’emblée, il était clair que l’on ne pouvait attendre des banques un grand empressement à appliquer les dispositions de la Directive ! On trouvera sur ce blog un billet qui, en 2017, le soulignait, en même temps qu’il présentait des études invitant à prendre avec beaucoup de précautions l’empressement à changer de banque que l’on prêtait au public.

Aux Etats-Unis, où les néo-banques ne se portent pas plus mal qu’en Europe, au contraire, le développement des API bancaires a été précédé par une harmonisation des normes de codification des données menée par la profession bancaire elle-même dans le cadre d’un Financial Data Exchange, sans obligation réglementaire de partage. Tandis qu’en Europe, on accuse plus facilement les banques de l’échec de la DSP2, beaucoup se refusant encore à reconnaitre l’absurdité d’une réglementation bancaire qui n’a d’autre but affiché que de pénaliser les banques et qui compte sur celles-ci pour le faire !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]La fintech prête désormais à s’imposer[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Alors que de nombreuses alertes ont couru tout au long de l’année dernière concernant la situation des fintechs face à la crise, les plus de 150 pages de l’attendu 2020 Annuel Fintech Almanach de FT Partners montrent cependant un impact global très limité quant aux financements. Et sur la lancée des précédentes années, la fintech semble avoir décidément franchi un cap.

On a pu craindre le pire mais, finalement, 2020 aura pratiquement été la meilleure année pour le financement des fintechs. Si les volumes (45 milliards $) ont légèrement fléchi par rapport à 2019, le nombre de deals (1 989) est un record. C’est l’inverse pour les opérations de fusion-acquisition impliquant des fintechs : un record en volumes (276 milliards $) et le deuxième meilleur score en nombre de deals (969).

Dès lors, il faut élargir la focale. En 10 ans, le financement de la fintech est passé de 5,2 milliards $ à 45,1 milliards $. De 458 à 1 989 deals. Et c’est surtout la taille des financements qui est impressionnante : les tickets de plus de 100 millions $ sont passés de 11 à 105 et l’on a compté 10 financements de 500 millions $ et plus en 2020 contre un seul en 2019.

Sachant que dans ce total, le secteur des néobanques et des alternative lenders est le mieux représenté, cela signifie que le marché est désormais capable de doter certains nouveaux acteurs de moyens leur permettant de véritablement rivaliser avec les plus grandes banques.

 

Par ailleurs, les financements et investissements transfrontières sont de plus en plus importants. En 2020, 28% des financements de fintechs européennes ont été réalisés par des investisseurs américains. Tandis que les opérations de M&A transfrontières dépassant le milliard $ sont passées de 23 en 2019 à 42 en 2020.

Seules quelques fintech françaises, comme Qonto, apparaissent parmi les plus gros deals de 2020. Elles sont notamment absentes des principaux alternative lenders.

Cela semble notamment tenir à leur faible internationalisation. Car une nette différence apparaît entre les fintech et néobanques américaines (Affirm, Chyme), qui peuvent gérer leur développement sur leur seul marché domestique, compte tenu de sa taille, et les Européennes, particulièrement anglaises et suédoises (Revolut, Klarna) qui, pour se distinguer, ont su très vite gérer un développement sur plusieurs pays.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que les fintechs, à présent, vont véritablement pouvoir s’imposer.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]La banque des usages va-t-elle se développer… sans les banques!?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]

Aujourd’hui, compte tenu du niveau des taux, l’épargne a perdu beaucoup de ses attraits. Pour les banques, comme pour leurs clients. Lesquels, depuis plusieurs années, ont tendance à laisser leurs économies simplement sur leur compte courant (auquel est assimilé le Livret A). En revanche, parvenir à mettre de l’argent de côté suscite une forte demande ! En tant que produit, l’épargne a perdu beaucoup d’intérêt. Mais pas en tant qu’usage. Le problème est que les banques restent focalisées sur le produit, quand d’autres acteurs qu’elles désormais se consacrent à faciliter l’usage.

En France, le phénomène est très peu apparent. En France, les banques ont (pour le moment encore) la chance d’avoir des compétiteurs essentiellement tournés vers les paiements ou des services quasi comparables aux leurs mais en ligne. Seules quelques néo-banques, comme celles dédiées aux jeunes, commencent à les challenger sur les usages, les modes de vie et les tendances.

Aux Etats-Unis, en revanche, la situation est d’ores et déjà très sensiblement différente, selon les chiffres que publie le cabinet de conseil Cornerstone Advisors. Parmi les possesseurs d’un smartphone, 76% utilisent une app pour gérer leurs finances. Le pourcentage atteint 93% chez les 21/40 ans, 81% chez les 41/55 ans et même 56% chez les Baby boomers. Or, dans la plupart des cas, ces app ne sont pas celles de leur banque principale.

Ainsi, pour les aider à épargner :

Il y a les produits : les comptes d’épargne que proposent les banques, aux taux insignifiants. Et puis il y a l’usage, qui dans le contexte de crise actuel est particulièrement sensible. Selon l’enquête menée par Cornerstone Advisors, ceux qui utilisent des coachs d’épargne parviennent à mettre de côté en moyenne 600 $ en plus de leur niveau courant d’économies. Avec les taux moyens de rémunération que proposent les banques américaines, il faut disposer d’au moins 1,2 million $ d’épargne pour gagner 600 $ !

Cela, les banques ne le réalisent pas, souligne Ron Shevlin, le Managing Director de Cornerstone Advisors, parce que cela ne se traduit pas pour elles par une perte importante de clients. Ceux-ci, dans leur majorité, ne quittent pas pour autant leur banque principale. Une autre étude le montre : 76% des Américains qui achètent en ligne utilisent pour cela l’appli de leur banque principale. Mais ils n’utilisent cette appli que pour des fonctions de base :

Nous avons ainsi affaire à une nouvelle forme de multibancarisation. Par les usages. Qui voit les clients se tourner vers d’autres services pour guider leurs comportements financiers. Ce qui signifie que le compte courant sera de moins en moins le support d’une relation nourrie et durable.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]