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banque de demain

[:fr]Avec les fermetures d’agences, la crainte de la disparition des banques [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Avec les fermetures d’agences, ainsi que des automates, la crainte de voir apparaitre des « déserts bancaires », précarisant des populations isolées ou fragiles, est apparue.  Forte dans certains pays (Royaume-Uni) et beaucoup moins dans d’autres (Pays-Bas), cette crainte, parfois exagérée, suscite des solutions nouvelles, comme des agences mutualisées. Tandis qu’une autre menace apparait aujourd’hui, du côté des banques elles-mêmes.

Bien entendu, les constats sont incontournables :

  • ce que proposent les agences peut pour l’essentiel être désormais fait en ligne ou à distance.
  • La proportion des clients qui fréquentent toujours régulièrement les agences ne justifie plus l’ouverture de la plupart d’entre elles.
  • Les essais pour relancer ou sauver la fréquentation des agences ont été peu concluants (qui parle encore du « phygital » ?).

On comprend donc que les parcs d’agences se réduisent, surtout dans des pays comme la France ou les Etats-Unis où ils demeurent bien fournis. Selon The Financial Brand, 3 100 agences ont été fermées aux USA l’année dernière :

On est encore pourtant loin d’une disparition des agences, puisque l’on est seulement passé d’une agence pour 1 240 ménages à une pour 1 060. C’est que, comme le soulignait le Président de JP Morgan, Jamie Dimon, début 2021, 60% à 70% des ouvertures de compte se font toujours en agence. Mais il y a plus. Une crainte qui freine actuellement les fermetures.

Avec la crise sanitaire, une analogie s’est imposée : les agences bancaire remplissaient un rôle semblable à celui des médecins généralistes. Elles seront désormais comparables à des médecins spécialistes, que l’on consulte bien moins souvent et de manière moins urgente, quoique souvent pour des décisions importantes, de sorte que l’on peut accepter de plus grands déplacements. Sur ce principe, la plupart des agences de proximité peuvent être fermées et les services qu’elles assurent être concentrés en quelques points (ainsi que rendus au besoin plus mobiles).

Oui mais, en termes de présence de marque, est-ce que cela ne signifierait pas la quasi disparition des banques ?

En ligne, la présence de marque n’est pas du tout la même. Et la concurrence est plus forte car l’attachement à la marque est supplanté par la sensibilité aux nouvelles offres. D’ailleurs, les banques digitales  rencontrent le même problème, de sorte que beaucoup d’entre elles cherchent à développer des relais physiques, d’une manière ou d’une autre.

La question de l’avenir des agences, ainsi, n’est pas tant suspendue au développement des canaux digitaux qu’à la possibilité – encore toute exploratoire – de développer d’autres présences de marque et de proximité.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]BaaS : Les services bancaires vont-ils échapper aux banques ? [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Oui, à ce stade, la question peut paraitre un peu exagérée. Quoique… Faisons ensemble un petit tour d’horizon du Banking as a Service (BaaS), tel qu’il est en train d’évoluer.

Très vite, dès que des fintechs ont acquis une certaine stature et ont proposé des offres crédibles, certains établissements bancaires, comme The Bancorp, leur ont proposé leurs services en marque blanche et en ont rapidement fait une spécialité (nous vous l’avons présenté dès 2014).

Ensuite, certaines fintechs sont devenues des néo-banques et l’on s’est mis à parler de BaaS. L’idée est en effet apparue qu’à travers des API, des marques non financières dotées de nombreux clients pouvaient proposer à ces derniers des services financiers (comptes, crédits, dépôts, …) en rapport direct avec leurs achats.

Tout un nouveau marché potentiellement considérable est donc ainsi apparu, sur lequel les banques ne se sont pas vraiment engouffrées. Des acteurs spécialisés, comme Synapse ou Contis, ont plutôt émergé ; certains ayant d’ailleurs vocation à accompagner les banques sur ce marché, comme MuleSoft. Et de nouvelles plateformes spécialisées ne cessent d’apparaitre, comme Alviere par exemple.

Tout le monde peut donc désormais proposer des services bancaires de base et même plus. Or Synctera ou Productfy ne suggèrent pas seulement de les proposer mais également de les concevoir et de les bâtir, à sa façon. Avec le Français Swan, tout le monde peut devenir une néo-banque.  Et Rize propose même le Fintech-as-a-Service.

Si le BaaS est désormais une offre fer-de-lance pour certaines néo-banques, comme Starling, les banques classiques, elles, demeurent pratiquement absentes de ce marché,  sinon quelques-unes et surtout sur les paiements, comme Société Générale avec Treezor ou le Crédit Agricole, dont La Fabrique by CA vient d’acquérir la SFPMEI (le BaaS de Lydia, Spendesk, Blank).

Les banques ont une offre si limitée en matière de BaaS que l’on voit apparaitre, non pas des acteurs spécialisés développant des services mais de simples intermédiaires entre fintechs et banques, comme Treasury Prime. Et bientôt entre marques et banques. Car le marché ne peut que s’étendre. Il touchera bientôt certaines PME et commerces sans doute.

Finalement, tous ces services bancaires, de plus en plus standardisés en même temps qu’innovants, risquent d’échapper aux établissements classiques. A ce point qu’un spécialiste comme Nymbus propose désormais ses services…  aux banques elles-mêmes !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Les banques parlent-elles un langage d’un autre âge ? [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[:fr][vc_row][vc_column][vc_column_text]Tiens, une étude vraiment intéressante ! Comme la plupart des autres, celle que vient de publier Finastra n’évite pas les formules dans l’air du temps : personnalisation, open bankingempowerment. Mais ces mots incantatoires, qui remplissent facilement des slides mais qui dispensent trop souvent de réfléchir et d’agir en conséquence, l’étude de Finastra permet justement de leur donner un peu plus de sens.

Il s’agit d’une étude « ethnographique » menée en 2020-2021 dans 11 pays sur cinq continents auprès de clients de banques de 20 à 60 ans. Et le premier résultat qui en ressort est massif : la banque, les gens n’y comprennent rien !

Un tel constat n’est pas nouveau et, depuis plusieurs années, l’éducation financière est à l’ordre du jour pour y remédier. Pourtant, les conclusions de l’étude ne s’y réfèrent pas en priorité. C’est que, dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’un problème de compréhension technique ou de connaissances. C’est surtout une affaire de langage, de ton. De relation.

Ce n’est pas que le langage que tiennent les banques soit complètement hermétique. C’est qu’elles imposent un langage bien particulier. Avec des formules, des termes, un ton propres. Un langage fermé qui instaure un rapport d’autorité avec les clients. « Mon banquier n’est pas mon patron ! ». Voilà ce qu’expriment pourtant, pour s’en plaindre, les personnes interrogées et c’est une vision rarement considérée, quoiqu’apparemment largement partagée.

Le rapport avec la banque est visiblement assez similaire à celui, inégalitaire et réservé, que le public entretient souvent avec les administrations. Un rapport qui évoque également fortement l’école, car il est susceptible de générer la même passivité. Certes, il y a de bons élèves mais au milieu et au fond de la classe, on écoute à peine. Ça n’intéresse pas vraiment. On fait juste ce qu’il faut. Les répondants à l’étude font ainsi part de l’impression que la banque, ce n’est pas pour eux.

Dans ces conditions, la banque digitale est accueillie favorablement mais – souligne Finastra – parce qu’elle rend les clients actifs et parce qu’elle leur évite d’avoir à passer par leur banquier ! Cela ne signifie pas du tout que les clients accèdent ainsi à une meilleure compréhension de leurs finances. Le digital leur permet simplement de ne plus avoir à passer à l’agence et, à en croire l’étude, ils s’en portent plutôt mieux. Le digital est en réalité en train de faire disparaitre la relation bancaire.

De telles conclusions ne seront pas facilement acceptées. Sans doute forcent-elles le trait en effet. Mais il faut lire ce qui est dit de l’ouverture du relevé de comptes quand il est reçu. On craint un mauvais moment. De mauvaises surprises liées à des dépenses imprévues, des frais paraissant injustifiés, des opérations pas encore passées, … On ne vit pas, de manière générale, dans un rapport paisible et confiant avec sa banque.

Cela permet de mieux saisir ce que peut signifier « l’autonomie financière » : une vision claire de ses comptes et de tous les mouvements qui les affectent. Avec les outils de gestion financière, les banques y travaillent incontestablement. Mais justifient-elles suffisamment leurs propres tarifs et délais de traitement ?

Par ailleurs, la plupart des mouvements qui affectent les comptes ne dépendent pas d’elles bien entendu. Mais les clients voudraient une assistance de leur part pour mieux comprendre et anticiper – et si c’est possible optimiser – leurs contraintes financières. C’est en cela que l’on peut, selon Finastra, parler de « personnalisation ». En cela et à travers l’open banking, dont l’étude constate cependant que les clients, à ce stade, ne sont pas du tout avertis.

Autant dire, pour résumer ces orientations et souligner ce qu’elles commandent, que les banques vont devoir adopter un autre ton et un autre langage pour parler à leurs clients.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][:en]

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Tiens, une étude vraiment intéressante ! Comme la plupart des autres, celle que vient de publier Finastra n’évite pas les formules dans l’air du temps : personnalisation, open bankingempowerment. Mais ces mots incantatoires, qui remplissent facilement des slides mais qui dispensent trop souvent de réfléchir et d’agir en conséquence, l’étude de Finastra permet justement de leur donner un peu plus de sens.

Il s’agit d’une étude « ethnographique » menée en 2020-2021 dans 11 pays sur cinq continents auprès de clients de banques de 20 à 60 ans. Et le premier résultat qui en ressort est massif : la banque, les gens n’y comprennent rien !

Un tel constat n’est pas nouveau et, depuis plusieurs années, l’éducation financière est à l’ordre du jour pour y remédier. Pourtant, les conclusions de l’étude ne s’y réfèrent pas en priorité. C’est que, dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’un problème de compréhension technique ou de connaissances. C’est surtout une affaire de langage, de ton. De relation.

Ce n’est pas que le langage que tiennent les banques soit complètement hermétique. C’est qu’elles imposent un langage bien particulier. Avec des formules, des termes, un ton propres. Un langage fermé qui instaure un rapport d’autorité avec les clients. « Mon banquier n’est pas mon patron ! ». Voilà ce qu’expriment pourtant, pour s’en plaindre, les personnes interrogées et c’est une vision rarement considérée, quoiqu’apparemment largement partagée.

Le rapport avec la banque est visiblement assez similaire à celui, inégalitaire et réservé, que le public entretient souvent avec les administrations. Un rapport qui évoque également fortement l’école, car il est susceptible de générer la même passivité. Certes, il y a de bons élèves mais au milieu et au fond de la classe, on écoute à peine. Ça n’intéresse pas vraiment. On fait juste ce qu’il faut. Les répondants à l’étude font ainsi part de l’impression que la banque, ce n’est pas pour eux.

Dans ces conditions, la banque digitale est accueillie favorablement mais – souligne Finastra – parce qu’elle rend les clients actifs et parce qu’elle leur évite d’avoir à passer par leur banquier ! Cela ne signifie pas du tout que les clients accèdent ainsi à une meilleure compréhension de leurs finances. Le digital leur permet simplement de ne plus avoir à passer à l’agence et, à en croire l’étude, ils s’en portent plutôt mieux. Le digital est en réalité en train de faire disparaitre la relation bancaire.

De telles conclusions ne seront pas facilement acceptées. Sans doute forcent-elles le trait en effet. Mais il faut lire ce qui est dit de l’ouverture du relevé de comptes quand il est reçu. On craint un mauvais moment. De mauvaises surprises liées à des dépenses imprévues, des frais paraissant injustifiés, des opérations pas encore passées, … On ne vit pas, de manière générale, dans un rapport paisible et confiant avec sa banque.

Cela permet de mieux saisir ce que peut signifier « l’autonomie financière » : une vision claire de ses comptes et de tous les mouvements qui les affectent. Avec les outils de gestion financière, les banques y travaillent incontestablement. Mais justifient-elles suffisamment leurs propres tarifs et délais de traitement ?

Par ailleurs, la plupart des mouvements qui affectent les comptes ne dépendent pas d’elles bien entendu. Mais les clients voudraient une assistance de leur part pour mieux comprendre et anticiper – et si c’est possible optimiser – leurs contraintes financières. C’est en cela que l’on peut, selon Finastra, parler de « personnalisation ». En cela et à travers l’open banking, dont l’étude constate cependant que les clients, à ce stade, ne sont pas du tout avertis.

Autant dire, pour résumer ces orientations et souligner ce qu’elles commandent, que les banques vont devoir adopter un autre ton et un autre langage pour parler à leurs clients.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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[:fr]Le désarmant succès de Chime, la première des néo-banques[:en]Brouillon auto[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Mal connue en France, l’Américaine Chime est la première néo-banque qui soit parvenue à concurrencer sérieusement les plus grands établissements. Ce succès, désarmant de simplicité, ne peut être ignoré par quiconque s’intéresse à l’évolution du marché bancaire.

Créée en 2013 à San Francisco, Chime n’a atteint le million de clients qu’en mai 2018. Ensuite, son développement a été fulgurant. Chime, qui est valorisée plus de 14 milliards $,  compte 12 millions de clients aujourd’hui. Elle concentre 35% de tous les comptes bancaires en ligne aux Etats-Unis et laisse loin derrière elle tous ses concurrents.

Plus impressionnant encore, en nombre de clients dont elle gère le compte principal, Chime commence à rejoindre les plus grands établissements :

Or le succès de Chime est désarmant ! Un site simplissime. Et quelques offres : pas de frais de comptes (y compris pour les retraits sur automates), deux formules d’épargne automatique, un accompagnement vers le crédit (points de score) avec sa carte de paiement, une avance de deux jours, par rapport aux autres établissements, sur le versement des salaires, aides et crédit d’impôts (s’ils sont domiciliés sur un compte Chime) et des possibilités de découvert pilotées, limitées (jusqu’à 100 $) mais sans frais.

Ces offres séduisent une clientèle populaire : les deux-tiers des clients de Chime ont moins de 40 ans. Ils ne sont que 15% à posséder un college degree (contre 44% de la population américaine) et 12% à gagner plus de 75 000 $ par an (contre 33% des Américains). De sorte que les analystes s’inquiètent, malgré le succès : Chime saura-t-elle séduire une clientèle plus aisée ? Saura-t-elle diversifier ses revenus, qui reposent actuellement trop sur les interchanges (ce qui fait que Chime n’est pas encore rentable) ?

Questions classiques. Mais Chime n’est pas une banque. Elle ne dispose pas d’une licence bancaire ainsi mais s’appuie sur The Bancorp pour tous ses traitements. Championne des levées de fonds historiques, pour une fintech, Chime a largement les moyens de développer son acquisition clients, qui représente l’essentiel de ses coûts (48 millions $ de spots tv en 2019).

Chime est un trompe-l’œil ! Sa simplicité, notamment, est très étudiée : il a fallu utiliser l’IA ainsi pour tester 216 versions différentes de sa page d’accueil sur son site. Et derrière Chime, il y a, en soutien logistique mais non en capital, The Bancorp – ce véritable passager clandestin de l’innovation bancaire, que nous présentions ici, comme tel, dès 2014.

Avant Chime, The Bancorp était notamment derrière Simple (avant son rachat par BBVA). L’une des toutes premières banques en ligne ayant été lancée, avec une formule sans frais de comptes. Longtemps, Chime a eu la même offre limitée que Simple, ainsi que le même discours, tourné vers tous les exclus, les délaissés des banques (c’est ainsi que nous présentions Chime début 2019).

Et puis Chime a redessiné son offre, tout à la fois dans le sens d’un accompagnement de ses clients et d’une différenciation affichée par rapport aux banques.

Comme toutes les néo-banques ? Non pas. La plupart des néo-banques s’adressent en priorité à une clientèle bien ciblée, vers certains segments (adolescents, communautés, …) souvent et, de manière très générale, avec une forte préférence pour les millenials urbains à potentiel. Chime est tous public et plutôt orientée vers les bas revenus.

La plupart des néo-banques entendent soigner l’expérience client – Chime se contente d’être très simple – et entendent séduire par la gratuité de produits d’appels (de plus en plus limités d’ailleurs et en tous cas facilement proposés également par les banques). Chime, avec ses versements en avance ou ses découverts gratuits, ouvre une autre voie.

Elle défend un discours assez radical :

Surtout – le fait qu’un vrai établissement bancaire comme The Bancorp soit derrière n’y est sans doute pas pour rien – Chime attaque les banques par où elles ont le plus de mal à suivre : renoncer à gagner… encore un p’tit sou !

Score Advisor

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[:fr]La fintech prête désormais à s’imposer[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Alors que de nombreuses alertes ont couru tout au long de l’année dernière concernant la situation des fintechs face à la crise, les plus de 150 pages de l’attendu 2020 Annuel Fintech Almanach de FT Partners montrent cependant un impact global très limité quant aux financements. Et sur la lancée des précédentes années, la fintech semble avoir décidément franchi un cap.

On a pu craindre le pire mais, finalement, 2020 aura pratiquement été la meilleure année pour le financement des fintechs. Si les volumes (45 milliards $) ont légèrement fléchi par rapport à 2019, le nombre de deals (1 989) est un record. C’est l’inverse pour les opérations de fusion-acquisition impliquant des fintechs : un record en volumes (276 milliards $) et le deuxième meilleur score en nombre de deals (969).

Dès lors, il faut élargir la focale. En 10 ans, le financement de la fintech est passé de 5,2 milliards $ à 45,1 milliards $. De 458 à 1 989 deals. Et c’est surtout la taille des financements qui est impressionnante : les tickets de plus de 100 millions $ sont passés de 11 à 105 et l’on a compté 10 financements de 500 millions $ et plus en 2020 contre un seul en 2019.

Sachant que dans ce total, le secteur des néobanques et des alternative lenders est le mieux représenté, cela signifie que le marché est désormais capable de doter certains nouveaux acteurs de moyens leur permettant de véritablement rivaliser avec les plus grandes banques.

 

Par ailleurs, les financements et investissements transfrontières sont de plus en plus importants. En 2020, 28% des financements de fintechs européennes ont été réalisés par des investisseurs américains. Tandis que les opérations de M&A transfrontières dépassant le milliard $ sont passées de 23 en 2019 à 42 en 2020.

Seules quelques fintech françaises, comme Qonto, apparaissent parmi les plus gros deals de 2020. Elles sont notamment absentes des principaux alternative lenders.

Cela semble notamment tenir à leur faible internationalisation. Car une nette différence apparaît entre les fintech et néobanques américaines (Affirm, Chyme), qui peuvent gérer leur développement sur leur seul marché domestique, compte tenu de sa taille, et les Européennes, particulièrement anglaises et suédoises (Revolut, Klarna) qui, pour se distinguer, ont su très vite gérer un développement sur plusieurs pays.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que les fintechs, à présent, vont véritablement pouvoir s’imposer.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Les banques vont-elles devoir passer du rôle de conseiller à celui d’influenceur?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La question peut surprendre mais deux exemples tout à fait différents permettent concrètement de l’envisager.

Il y a quelques mois, nous présentions le nouveau planificateur financier digital Life Plan de Bank of America. Disponible en complément de l’appli de l’établissement, Life Plan invite ses utilisateurs à définir leurs objectifs de vie et à voir comment leur donner une traduction financière à partir de leur situation propre. Sur la base des données personnelles dont elle dispose pour chaque client et qu’elle lui restitue ainsi, la banque traduit ces préférences en objectifs et formule des recommandations pour parvenir à les atteindre. Un conseil personnalisé peut alors être réalisé avec son chargé de compte pour aller plus loin.

De son côté, le groupe australien ANZ Bank a lancé un coaching financier présenté et animé par un spécialiste local du fitness, Sam Wood. Un programme de 6 semaines pour reprendre la main sur ses finances et mieux les gérer. Pour cela, différents outils sont proposés, ainsi que des encouragements et un suivi personnalisés. Mais surtout, si l’on commence dans le cadre du programme par établir son propre score, pour déterminer à quel type de profil on se rattache en matière de gestion de ses finances, on est invité ensuite à poser ses objectifs de vie, pour mieux définir les moyens de les atteindre.

Ainsi, quoique totalement différente dans les moyens, la démarche d’ANZ Bank est comparable à celle de Bank of America. Les deux approches paraissent même assez complémentaires. Et, dans les deux cas, on assiste à une évolution importante du rôle du banquier, qui passe de conseiller à influenceur. Car il ne s’agit pas seulement d’éclairer et de recommander mais d’aider et d’accompagner, de mettre en mouvement. Ceci par rapport à des objectifs financiers, correspondant aussi à des objectifs de vie, qui orientent la relation bancaire.

Traditionnellement, l’influence en matière financière s’exerçait dans un cercle très restreint : la famille et les proches. Pour le reste et pour la plupart des gens, il y avait le conseiller bancaire et seulement lui. Cette situation a bien changé : réseaux sociaux, plateformes d’échanges (voir le succès récent de Clubhouse notamment), notre sphère d’influences s’est beaucoup élargie. Des coachs financiers sont apparus en ligne – par exemple Katia Finances, en France. Et l’on peut en attendre tout à la fois des mises en mouvement, des réactions assez massives – c’est le phénomène Robinhood – en même temps qu’une évolution de l’éducation financière qui, d’apprendre à bien, à sagement gérer ses ressources, s’oriente déjà vers la découverte d’opportunités, à la poursuite d’objectifs de vie de plus en plus divers.

Car ce sont ces objectifs qui vont désormais compter le plus. Exactement comme notre rapport à l’alimentation ou au sport intègre différentes influences et s’oriente en fonction d’objectifs de santé, d’esthétique et de style de vie, n’en ira-t-il pas de même demain dans la gestion de nos finances ? Cela signifierait une réinitialisation assez complète de la relation client et les démarches ci-dessus de Bank of America et d’ANZ Bank en sont les premières illustrations.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]La violence…des messages accompagnant les virements. Bienvenue dans la banque de demain ![:]

Posted By: Rima Malek

[:fr]

C’est à peine croyable : selon un récent article de Finextra, la Commonwealth Bank of Australia (l’une des banques les plus innovantes et intéressantes au monde, soit dit en passant ; nous vous en parlons souvent) a décidé de restreindre la fonction de paiement de son appli et de ne pas exécuter les transactions qui seront accompagnées de descriptions injurieuses et offensantes.

L’établissement s’est en effet rendu compte que le champ libre laissé aux émetteurs pour décrire l’objet de leurs paiements pouvait servir à envoyer des messages abusifs, relevant souvent de la blague lourdingue mais pouvant aussi véhiculer de véritables menaces. Particulièrement à l’adresse de personnes ayant été victimes de violences conjugales, de la part de leurs anciens partenaires.

L’alerte a d’ailleurs été lancée par l’une de ces personnes, cliente de la banque et l’établissement, après une rapide enquête, a trouvé que plus de 8 000 clients ont reçus de tels messages, accompagnant souvent de très petits virements (moins de 1$). Le but, ainsi, était bien d’envoyer les messages et non de transmettre de l’argent. La fonction de paiement est utilisée comme une vraie messagerie, les destinataires ayant en l’occurrence payé quelques cents juste pour faire mal.

Qui l’aurait soupçonné ? Dans les commentaires de l’article, un lecteur s’étonne que l’on puisse choisir un tel canal non anonyme et limité en nombre de caractères pour déverser sa haine ! Un employé de la CommBank lui répond et explique qu’il s’agit souvent du dernier canal que peuvent utiliser notamment des individus jugés pour violences domestiques, dont les victimes ont changé d’adresse, de mail et ont bloqué l’accès à leurs comptes sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, dans le cadre d’une décision de justice, ces individus peuvent avoir reçu l’interdiction d’entrer en contact avec leurs victimes, sauf par ce canal qui n’avait pas été envisagé ! De plus, à travers ce canal, ils sont assez sûrs d’être lus et leurs messages ne sont pas effaçables, de sorte qu’ils peuvent avoir la satisfaction de narguer les destinataires suffisamment longtemps. Enfin, sous sa nouvelle version, le nombre de caractères utilisables est passé de 18 à 280, ce qui a été sans doute le facteur déclenchant.

Cette dérive n’a rien d’anecdotique. A sa façon – malheureuse – elle souligne l’importance que les applis bancaires sont en train de prendre dans la vie de leurs utilisateurs. Jusqu’à apparaître ici comme le canal de contact de dernier ressort, en même temps que le plus efficace finalement. Avec les outils digitaux, les banques sont en train d’entrer dans le quotidien de leurs clients comme jamais auparavant, ce qui les expose à des risques tout à fait nouveaux. Il est urgent qu’elles commencent à s’en soucier.

Score Advisor

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[:fr]NEO-BANQUES : ET SI L’ON CESSAIT D’ÊTRE NAÏF !?[:]

Posted By: Rima Malek

[:fr]A l’occasion d’une nouvelle et conséquente levée de fonds auprès d’investisseurs, la néobanque californienne Chime a été valorisée à plus d’un milliard $. Elle est devenue une licorne. Dès lors, les commentateurs sont unanimes : c’est une nouvelle preuve de la montée en puissance des solutions alternatives aux banques classiques. Vraiment ?

Peu des choses distinguent Chime, créée en 2013 à San Francisco, d’autres néobanques. Comme Simple notamment. Chime, qui n’a pas de licence bancaire (elle s’appuie pour traiter et cantonner ses opérations sur The Bancorp Bank, comme bien d’autres fintechs US), propose une offre minimaliste : un compte + une carte visa + une appli, assortis de deux solutions d’épargne automatisée : un virement permanent sur un compte d’épargne à la tombée du salaire et un système d’épargne des arrondis.

Comme il est désormais de règle chez les néobanques, tout ou presque est gratuit. Chime se rémunère essentiellement sur les interchanges perçus lors de l’utilisation de leur carte par ses clients

Chime est la néobanque américaine qui, ces dernières années, a enregistré les plus fortes progressions et désormais celle qui compte le plus grand nombre de clients (3 millions). Or Chime tient un discours accusateurs vis-à-vis des banques classiques, qu’elle dépeint à mots à peine couverts comme de gros escrocs. Et contre lesquels elle promet de « protéger » ses clients en permettant à ceux-ci, contre tous les frais abusifs, de reprendre le contrôle de leurs finances. En ceci, également, Chime ne se distingue pas véritablement. Ce discours est de plus en plus ouvert chez les nouveaux acteurs de la finance. On estime qu’il plait aux Millenials.

Pourtant, Chime affirme envisager de se développer de manière très classique vers une offre de crédits. Pour cela, elle tente d’attirer les dépôts. En cas de domiciliation de salaire, ainsi, Chime promet que les fonds seront versés avec deux jours d’avance. En fait, Chime ne fait que créditer les comptes clients le jour même où le salaire est effectivement versé, sans les deux jours de délais d’usance qu’appliquent traditionnellement un grand nombre de banques américaines.

Malgré cela, malgré ses 3 millions de clients, Chime n’aurait collecté que 300 millions $ de dépôts – soit 100 $ en moyenne par client… Le succès de Chime semble ainsi surtout reposer sur le fait que la majorité de ses clients trouvent chez elle une carte de paiement gratuite. Mais, apparemment, ils s’en tiennent là et ne lui versent que les fonds dont ils ont besoin pour leurs dépenses.

L’approche de Chime, comme celle d’autres néobanques, dont Chime se distingue à peine, pourrait bien ainsi être fondée sur un certain nombre d’illusions. Comme de compter sur un besoin général de « protection » chez des clients sans doute plus malins qu’on ne les croit. Et sans doute plus en attente de possibilités de choix que d’un modèle « alternatif », pour le moment assez embryonnaire chez Chime et dont on voit assez mal comment il pourra être développé selon les axes retenus tout en maintenant le même discours. Chime proposera-t-elle des crédits sans marge !? Sur quel modèle de développement compte-elle exactement ?

En attendant, les discours qui présentent les banquiers comme des voyous ne sont pas sans effets. Le public a fini par se laisser convaincre que les frais bancaires dans leur ensemble sont indus et vient profiter, sans aller plus loin, de l’aubaine des offres gratuites de quelques néobanques. Lesquelles, à ce compte, pourraient bien être les principales victimes de leurs propres discours !

 

Score Advisor

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