{"id":7047,"date":"2021-05-04T16:18:33","date_gmt":"2021-05-04T14:18:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/?p=7047"},"modified":"2021-05-04T16:18:33","modified_gmt":"2021-05-04T14:18:33","slug":"bmce-bank-of-africa-sous-pression-au-sud-du-sahara","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/bmce-bank-of-africa-sous-pression-au-sud-du-sahara\/","title":{"rendered":"BMCE Bank of Africa sous pression au sud du Sahara"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]<em>Alors que les besoins en fonds propres brident le d\u00e9veloppement de son portefeuille de cr\u00e9dits depuis des ann\u00e9es, la banque va aussi \u00eatre amput\u00e9e de certains de ses revenus par la crise du Covid.<\/em><\/p>\n<p>Comme en 2017 et en 2019, le groupe BMCE Bank of Africa (13,9 milliards de dirhams &#8211; 1,3 milliard d&rsquo;euros &#8211; de PNB) a sollicit\u00e9 ses actionnaires pour renflouer ses fonds propres. Au d\u00e9but d&rsquo;ao\u00fbt, la banque a propos\u00e9 aux porteurs d&rsquo;actions de convertir les dividendes qu&rsquo;ils ont per\u00e7us au titre de l&rsquo;exercice achev\u00e9 en d\u00e9cembre 2019 en nouvelles parts du capital, soit environ 1 milliard de dirhams. Pour encourager l&rsquo;ensemble du tour de table \u00e0 participer, les actionnaires historiques, FinanceCom, RMA et SFCM ont annonc\u00e9 leur contribution avant m\u00eame l&rsquo;entame de la collecte. En plus du pressant besoin de financement pour son plan strat\u00e9gique, le groupe implant\u00e9 dans 31 pays &#8211; dont 20 situ\u00e9s en Afrique &#8211; doit r\u00e9pondre aux exigences des diff\u00e9rents r\u00e9gulateurs.<br \/>\nEn 2018, la banque avait estim\u00e9 son besoin en fonds propres \u00e0 environ 6,5 milliards de dirhams pour ne pas entraver le d\u00e9veloppement de son portefeuille de pr\u00eats.<br \/>\nEn juin 2019, le groupe britannique CDC avait apport\u00e9 1,9 milliard de dirhams pour prendre 5 % du capital de la banque marocaine. \u00ab L&rsquo;argent inject\u00e9 par CDC n&rsquo;aura servi qu&rsquo;\u00e0 combler l&rsquo;impact de la r\u00e9forme IFRS 9 \u00bb (entr\u00e9e en vigueur en 2018, la norme modifie en profondeur les r\u00e8gles actuelles de classement et d&rsquo;\u00e9valuation des actifs financiers), fait savoir un analyste financier. Le groupe BMCE devra chercher 2 milliards de dirhams suppl\u00e9mentaires entre 2021 ou 2022 si la situation \u00e9conomique ne s&rsquo;arrange pas. Selon nos informations, le personnel aura, lui, la possibilit\u00e9 de prendre des parts du capital \u00e0 hauteur de 1 milliard de dirhams. \u00ab Les fonds propres de BMCE-BOA demeurent relativement modestes, malgr\u00e9 une l\u00e9g\u00e8re am\u00e9lioration cons\u00e9cutive aux injections de capitaux en 2019. Cette situation limite la capacit\u00e9 de la banque \u00e0 absorber les pertes potentielles, ce qui pourrait cr\u00e9er un nouveau besoin d&rsquo;injections de capitaux dans un environnement difficile \u00bb, note Moody&rsquo;s dans son analyse.<\/p>\n<h3>\u00c9quation compliqu\u00e9e<\/h3>\n<p>\u00ab La banque doit poursuivre son d\u00e9veloppement, augmenter sa rentabilit\u00e9 op\u00e9rationnelle, alors que dans le m\u00eame temps elle est p\u00e9nalis\u00e9e par un niveau trop faible de fonds propres. C&rsquo;est une \u00e9quation compliqu\u00e9e li\u00e9e aux contraintes r\u00e9glementaires qui vont peser sur elle au moins jusqu&rsquo;en 2022 dans les pays de la r\u00e9gion Uemoa \u00bb, explique Yoann Lhonneur, directeur associ\u00e9 du cabinet Devlhon<br \/>\nConsulting, pour qui la BMCE-BOA demeure n\u00e9anmoins un \u00e9tablissement robuste. La p\u00e9riode est d&rsquo;autant plus d\u00e9licate pour la banque qu&rsquo;\u00e0 la surveillance du niveau des ratios prudentiels s&rsquo;ajoutent les terribles cons\u00e9quences de la crise du Covid-19. Toutes les analyses pr\u00e9disent un ralentissement \u00e9conomique important sur le continent, lequel se traduira notamment par une d\u00e9t\u00e9rioration de la qualit\u00e9 des emprunteurs. Cette perspective inqui\u00e8te la banque, dont le portefeuille de cr\u00e9dits au sud du Sahara conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 une hausse des cr\u00e9ances en souffrance. Elles sont pass\u00e9es de 8,2 % en 2017 \u00e0 9,1 % l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. Certes, ce niveau reste en de\u00e7\u00e0 de la moyenne du secteur en Afrique subsaharienne (11,4 %) selon les statistiques de Moody&rsquo;s, mais il est probable qu&rsquo;en raison de la conjoncture \u00e9conomique globale, la d\u00e9gradation se poursuive au cours des prochains exercices. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour cette raison que l&rsquo;agence am\u00e9ricaine a chang\u00e9 les perspectives de sa notation, en les passant de \u00ab stables \u00bb \u00e0 \u00abn\u00e9gatives\u00bb.<\/p>\n<h3>Absence de garanties<\/h3>\n<p>\u00ab Conscients de cette tendance, les march\u00e9s subsahariens ont montr\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es un moindre app\u00e9tit pour le risque\u00bb, a constat\u00e9 Yoann Lhonneur. Avant de proc\u00e9der \u00e0 des augmentations de capital entre 2017 et 2019, la banque avait d\u00e9j\u00e0 en partie ferm\u00e9 le robinet des cr\u00e9dits en ne s\u00e9lectionnant que les dossiers les plus s\u00fbrs. Connu pour \u00eatre \u00e9litiste, BMCE-BOA finance en priorit\u00e9 les projets gouvernementaux et d\u00e9tient aussi de grandes parts sur le march\u00e9 des fonctionnaires.<br \/>\nCette s\u00e9lectivit\u00e9 permet \u00e0 la banque de g\u00e9n\u00e9rer en Afrique subsaharienne 33 % de ses revenus, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;y distribue que 25 % de ses cr\u00e9dits. Cette ann\u00e9e, en l&rsquo;absence de garanties, les banques financent encore moins que d&rsquo;habitude les petites et moyennes entreprises, en tr\u00e8s grande difficult\u00e9.<br \/>\nTraditionnellement, dans cette zone, BMCE-BOA investit fortement dans les bons du Tr\u00e9sor, peu\u00a0 r\u00e9mun\u00e9rateurs mais pr\u00e9sentant un risque quasi nul.<br \/>\nSon produit net bancaire provient davantage de commissions sur des op\u00e9rations d&rsquo;import-export que des int\u00e9r\u00eats obtenus gr\u00e2ce aux pr\u00eats qu&rsquo;elle octroie. La crise actuelle devrait ainsi se r\u00e9v\u00e9ler particuli\u00e8rement co\u00fbteuse pour la banque marocaine, au sein de laquelle l&rsquo;optimisme habituel est n\u00e9anmoins toujours de mise. Selon nos sources, les r\u00e9sultats enregistr\u00e9s cette ann\u00e9e refl\u00e8tent d\u00e9j\u00e0<br \/>\nl&rsquo;ensemble de ces difficult\u00e9s. \u00ab Parall\u00e8lement au contexte du Covid-19, la banque est confront\u00e9e \u00e0 une concurrence de plus en plus diversifi\u00e9e, venant des banques ou des soci\u00e9t\u00e9s technologiques qui fournissent des services financiers. Cette situation provoque une tension sur les prix et donc sur la rentabilit\u00e9 globale, alors que dans le m\u00eame temps les co\u00fbts de la banque ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9duits<br \/>\nd&rsquo;autant\u00bb, conclut Yoann Lhonneur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>EL MEHDI Berrada, pour Jeune Afrique Sp\u00e9cial Finance d&rsquo;octobre 2020[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que les besoins en fonds propres brident le d\u00e9veloppement de son portefeuille de cr\u00e9dits<br \/>\ndepuis des ann\u00e9es, BMCE Bank of Africa va aussi \u00eatre amput\u00e9e de certains de ses revenus par la crise du Covid.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":7048,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"seo_booster_metabox":"","footnotes":""},"categories":[47,138,184],"tags":[74,72,473,474,458],"class_list":["post-7047","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites-devlhon-consulting","category-analyse","category-publications-jeune-afrique","tag-afrique","tag-banque","tag-bmce","tag-boa","tag-devlhonconsulting"],"amp_validity":null,"amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7047","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7047"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7047\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7053,"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7047\/revisions\/7053"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7048"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7047"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7047"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.devlhon-consulting.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7047"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}