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Secteur d’activité

[:fr]A l’issue de la crise, quelle recomposition attendre du paysage bancaire?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans sa Global Banking Annual Review 2021, le cabinet international de conseil McKinsey nous donne une nouvelle version, bancaire, du combat des Anciens contre les Modernes. Une partition qui a beaucoup été jouée depuis plus de dix ans. Un air connu : les banques classiques vont être supplantées par de nouveaux acteurs plus innovants (les fintechs) ou se diversifiant dans les services financiers (les Big Tech). Pourtant, l’examen même des nombreuses données rassemblées par McKinsey ne permet plus d’y croire. Il est temps de changer de disque.

L’argumentaire que développe le cabinet repose essentiellement sur le constat que, fondées sur un modèle économique très consommateur en capital, les banques classiques, voyant leur rentabilité régulièrement s’erroder, ont de plus en plus de mal à supporter le coût de leurs fonds propres. Tandis que pointent, sur leurs marchés, de nouveaux acteurs souvent spécialisés (notamment dans les paiements) et bien moins gourmands en fonds propres, parce qu’ils n’entrent pas dans le cadre des exigences réglementaires.

Cet argumentaire n’a rien de nouveau et, il y a dix ans, les perspectives paraissaient beaucoup plus claires : les banques classiques semblaient irrémédiablement condamnées. Il est bien plus difficile de le soutenir aujourd’hui.

Au cours de la crise sanitaire, en effet, les banques ont fait preuve d’une forte résilience. Non sans aides publiques certes mais d’une manière bien plus vigoureuse qu’attendue. Le tournant numérique, que la crise a favorisé chez leurs clients (un « tournant » que l’on a sans doute tendance à surestimer d’ailleurs) ne les a ni disqualifiées, ni détrônées.

Cependant, depuis deux ans, un autre phénomène est intervenu : le surfinancement de certaines fintechs. Il permet à quelques-unes d’entre elles d’être bien mieux valorisées désormais que des banques classiques de premier rang, ainsi que d’acquérir une stature internationale ou, aux Etats-Unis, de commencer à sérieusement concurrencer les plus grands établissements en nombre de clients.

D’un côté, donc, des banques toujours bien campées sur leurs positions. De l’autre, des licornes conquérantes. Tout semble en place pour un combat final… qui n’aura pas lieu.

Toute l’analyse de McKinsey et son calcul de coût des fonds propres repose sur le parcours boursiers des principales banques. Lequel s’est redressé mais demeure assez peu flatteur, les banques offrant un profil de rentabilité « décent mais peu attractif ». En regard, les fintechs attirent massivement les investisseurs. Et cela se prolongera à terme en bourse, prédit de manière intéressante McKinsey, car la richesse est en train, avec l’âge, de changer de mains, passant des boomers et de leurs ainés, à la génération X et aux Millenials, qui ont d’autres critères d’appréciation en matière de services financiers.

De fait, à terme, la question de la nécessité d’une présence en bourse pour un certain nombre de banques se posera sans doute. Mais quand, quelques pages du rapport plus loin, on découvre que dans les pays les plus avancés, les fintechs ont su capter 30% et plus de la clientèle, tout en ne réalisant que 5% au mieux des revenus bancaires globaux, la faveur dont elles bénéficient actuellement de la part des investisseurs ressemble tout simplement à une bulle – certains observateurs n’hésitent d’ailleurs plus à le dire.

En tous cas, ces chiffres invitent à formuler un diagnostic sensiblement différent de celui que livre McKinsey. La rentabilité des banques classiques s’affaisse mais les nouveaux acteurs sont encore moins rentables. Ni les uns ni les autres n’ont su en fait renouveler le modèle économique bancaire. Balle au centre !

D’ici 2025, McKinsey prédit un ROE bancaire moyen entre 7% et 12%, pour un coût des fonds propres de 10%. Or ce que cela annonce n’est pas un combat des Anciens contre les Modernes mais un paysage beaucoup plus éclaté, au sein duquel certains établissements – nouveaux mais aussi anciens – distanceront de plus en plus les autres.

Que voit-on d’ailleurs, d’ores et déjà ? Des banques d’affaires se déployant dans la banque de détail (Goldman Sachs). Des banques classiques tentant de réinventer la banque de détail (JP Morgan Chase) et d’autres délaissant de plus en plus ce marché (HSBC). Des acteurs technologiques créant de nouveaux réseaux de distribution financiers, ainsi que des partenariats à travers le cloud, plutôt qu’ils ne se substituent aux banques (Google, Amazon). De nouveaux acteurs de la banque de masse gagnant immédiatement une stature internationale avant de se diversifier (Klarna). Les variables boursières ne suffisent pas pour réaliser ce qu’il est en train de se passer.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]La mutualisation des risques et des coûts dans les banques est-elle promise à disparaitre ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Faut-il permettre, dans le cadre d’un crédit immobilier, de changer à tout moment d’assurance-emprunteur (laquelle est le plus souvent exigée pour l’obtention d’un crédit) ? Au-delà de son caractère technique et particulier, la question soulève de manière décisive une réalité bien plus générale et beaucoup trop ignorée.

Depuis 2010, plusieurs dispositions ont obligé les banques à ouvrir à la concurrence l’assurance-emprunteur liée aux crédits immobiliers. Les contrats peuvent ainsi aujourd’hui être résiliés annuellement. Or, le mois dernier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi autorisant la résiliation infra-annuelle, donc à tout moment, de l’assurance emprunteur.

Quel est l’enjeu d’une telle disposition ? Les promoteurs de la loi parlent du respect du consommateur et avancent qu’il s’agit là d’une mesure de pouvoir d’achat qui ne coûte pas un euro à l’Etat.

Vraiment ? Il est estimé que la mesure pourrait engendrer pour les emprunteurs des économies allant de 5 000 à 15 000 € sur la durée totale des contrats. Soit, rapportée à la durée moyenne des prêts, une économie de 250 à 750 € par an, ce qui peut sembler une restitution de pouvoir d’achat assez symbolique par rapport à l’acquisition d’un bien immobilier.

En fait, l’enjeu concerne bien plus sérieusement les banques et les assureurs. Les banques ont bien entendu tout intérêt à vendre aux emprunteurs une assurance, dont on les accuse de surfacturer les primes. Tandis que les assureurs pourraient, eux, mettre plus largement la main sur un marché de 7 milliards €.

Qui croire ? Avant d’entrer dans le débat, il parait important de bien comprendre les arguments des banques en l’occurrence.

Elles estiment, en effet, que la possibilité d’une résiliation permanente conduira à une démutualisation des risques, avec une couverture à la carte qui aboutira à surenchérir les primes pour les moins favorisés. L’argument a été balayé par les députés. Pourtant, même si cela n’est pas facile à faire admettre en France, en l’occurrence, les banques pourraient bien avoir raison !

Mais encore s’agit-il de bien entendre ce qu’elles disent. Car que signifie cette « mutualisation des risques » ? Tout simplement que les meilleurs risques paient pour les moins bons, lesquels accèdent ainsi plus facilement au crédit !

Pour le marquer (mais sans exactement le dire) le Crédit Mutuel a récemment pris une initiative inattendue : supprimer les questionnaires médicaux et donc les éventuelles surprimes liées à un état de santé à risque pour l’octroi des crédits immobiliers. La mutualisation entre assurés sera ainsi encore plus forte. Une parade que l’on peut en l’occurrence saluer.

Face à cela, les assureurs ne peuvent que défendre la vérité des prix et des primes. Mais que signifiera-t-elle ? Que ceux qui empruntent avec le plus de facilité, les profils jeunes et aisés particulièrement, seront constamment démarchés et feront quelques économies, quand les autres verront, par rapport à la situation actuelle, leurs primes sans doute augmenter !

Eh oui, quand la Fédération des Banques Françaises défend le régime actuel de l’assurance-emprunteur au titre de la solidarité, elle n’a pas forcément tort !

En fait – et cela reste bien trop inaperçu – cette situation est assez générale en France dans les services bancaires. Lointain héritage d’une époque où les banques étaient quasi publiques, leurs services et tarifs ne distinguent pas ou distinguent peu les utilisateurs en fonction de leur rentabilité ; comme dans d’autres pays où les tarifs bancaires sont fortement modulés en fonction des montants de dépôts par exemple ou bien la souscription à certains services. De fait, en France, un grand nombre des clients des banques sont peu rentables, voire pas du tout. Mais il y une mutualisation des coûts : les autres paient en quelque sorte pour eux. En quoi il s’agit de bien savoir ce que l’on vise quand on parle de vérité des prix.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Au cours de la crise sanitaire, la banque digitale a augmenté le nombre de ses clients mais n’a pas élargi sa base de clientèle[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]C’est ce qui ressort d’une étude mondiale sur la banque numérique que publient N26 et Accenture.

D’après les chiffres publiés, 23% des clients des banques et assurances avaient ouvert un compte dans une banque digitale en 2020 – ce qui n’est guère précis : quelles banque « digital–only » sont-elles effectivement considérées ? Combien de leurs clients les utilisent comme banque principale ? Quoi qu’il en soit, alors que l’étude annonce de forts potentiels pour la banque numérique, pays par pays, seuls cinq parmi tous ceux considérés comptent à ce stade plus d’un tiers de personnes bancarisées clientes d’un établissement digital : l’Arabie saoudite, le Brésil, la Chine, les Emirats Arabes Unis et le Japon.

Par comparaison, la France compte 19,7% de clients des banques disposant d’un compte dans une banque digital-only (contre 12,9% en 2018). L’étude estime qu’en France, le potentiel de la banque numérique (mais qu’est-ce que cela désigne précisément ?) atteint aujourd’hui plus de la moitié (54,6%) du marché bancaire.

On note toutefois que les 5 pays ci-dessus sont également les seuls dont la clientèle digitale s’écarte significativement du profil moyen du client de la banque numérique que l’on retrouve partout ailleurs : un homme, disposant de bons revenus, d’âge moyen.

Aux Etats-Unis, ainsi, la banque numérique séduit surtout des hommes (66% des clients), disposant de bons revenus (63%). En Italie, où la banque digitale est plus développée qu’en France (26,1% des clients des banques), les genres sont plus équilibrés (55% d’hommes) mais 45% des clients ont plus de 45 ans.

A noter, en France : parmi les clients de la banque digitale, les plus de 55 ans sont aussi nombreux (20%) que les 18-24 ans (20%).

La clientèle prioritaire de la banque digitale s’estime à l’aise avec sa banque principale et n’hésite pas ainsi à la mettre en concurrence avec une banque digitale. Au-delà, il ne semble pas que les différents établissements numériques proposent de nouveaux produits et usages susceptibles de provoquer des conversions massives. Et quant à leurs principaux atouts, ils restent visiblement  à améliorer puisque, parmi leurs utilisateurs, seulement 34% soulignent leurs tarifs avantageux et 27% leur commodité.

En somme, le propre des banques digital-only reste d’être digital-only et cela se limite à ça, avec différents avantages et inconvénients, sans renouveler profondément l’offre bancaire. On peut donc considérer qu’en l’état actuel, la banque digitale l’emportera à terme mais assez lentement.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Résultats trimestriels : les banques françaises se redressent, sans se presser ! [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Les banques françaises publient leurs résultats trimestriels et les présentations qui les accompagnent laissent souvent une impression assez étrange. Pourquoi donc, en les lisant, en vient-on à évoquer le syndrome Kodak ? Ou l’équipage d’un navire qui se féliciterait d’avoir bravé une tempête, sans voir l’ouragan qui lui fonce droit dessus !

Prenons notamment Société Générale. Nettement supérieurs aux attentes, ainsi qu’aux performances moyennes des autres établissements, ses résultats au troisième trimestre sont bons et même historiquement bons.

Pour le constater pleinement, il convient de comparer ces résultats non pas à ceux de 2020 – année atypique –  mais à ceux de 2019. Le PNB a augmenté de 11,5%. Les coûts sont bien maitrisés. En 2021, les métiers actions ont surperformé. Mais ils n’expliquent pas tout. Les services aux entreprises enregistrent de beaux résultats et la banque de détail en France n’est pas en reste : par comparaison avec le T3 2019, son PNB augmente de 5,2% et ses coûts baissent de 1,7%.

Si l’on se souvient que, début 2020, Société Générale était en pertes, il faut reconnaitre que le Groupe a non seulement bien traversé la crise mais que, malgré le contexte, il s’est redressé. Au dernier trimestre, il dégage un bénéfice de 1,6 md €.

Bien entendu, cela ne lève pas toutes les inquiétudes. Comme les autres banques, Société Générale profite de plusieurs effets : l’euphorie boursière, la bonne tenue du marché immobilier, le soutien public aux entreprises au cours de la crise sanitaire (trois phénomènes liés aux injections monétaires des banques centrales).

Et comme les autres banques dans ce contexte – cela explique largement leurs bénéfices – Société Générale a fortement (40%) réduit son coût du risque. Pour l’activité de détail en France, il est même à zéro :

Pour que cela soit vraiment tenable, il faudra que la reprise soit aussi forte qu’attendue et que l’inflation soit transitoire comme on l’annonce volontiers. Mais cela n’est peut-être pas le plus important.

En effet, une fois ses comptes redressés, que va faire Société Générale : massivement investir dans sa transformation ? Refondre ses systèmes à marche forcée ? Introduire des innovations vedettes ? Comme le font les grandes Américaines, qui commencent à regarder l’Europe avec appétit ?

Oui, peut-être… Mais dans l’immédiat, Société Générale va racheter ses propres actions pour 470 millions €. Pour BNP Paribas, c’est encore plus. Mais Société Générale a engagé la restructuration de ses réseaux de banque de détail en France (laquelle représente un tiers des résultats du Groupe), en les fusionnant avec ceux de sa filiale Crédit du Nord.

Une restructuration rapide ? Sur la base d’une informatique toute nouvelle ? Non. La fusion des SI devrait intervenir à partir du premier trimestre 2023. Et les 3 700 départs volontaires prévus s’échelonner jusqu’à fin 2025. Tranquillou !

Pourquoi se presser ? Parce que le marché bancaire est en train de complètement se transformer ? C’est surtout sous l’impact de licornes comme RevolutStripe, Klarna, Adyen, Plaid, … Il y en a d’autres. Mais ces nouveaux acteurs visent d’emblée un développement international. Et, à l’exception de la montée en puissance de Chime, SoFi ou de Venmo sur le marché américain, les banques classiques, pour la plupart, ne perçoivent pas encore la menace sur leur marché national.

Pourtant, nous le soulignons souvent, d’ores et déjà la plupart des grandes banques classiques ont de plus en plus de mal à s’aligner par rapport à ces licornes conquérantes, mieux valorisées qu’elles et disposant désormais de gros moyens pour financer leur développement. On aimerait donc savoir comment Société Générale imagine qu’il en sera, dans trois ou cinq ans, quand la fusion de son réseau avec celui du Crédit du Nord sera, enfin, achevée ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]L’expérience client, un concept dépassé ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans l’un de ses derniers billets sur Forbes, Ron Shevlin met en cause les efforts que déploient les banques pour optimiser l’expérience qu’elles proposent à leurs clients. Il est certain que, depuis une quinzaine d’années, ces efforts se sont largement installés et ne souffrent guère la discussion quant à leur bien fondé. Deux bonnes raisons de mettre « l’expérience client » en question !

En se souciant d’améliorer l’expérience client, estime Ron Shevlin, les banques se sont convaincues que leurs produits se vendront mieux si elles optimisent leurs processus de vente : points de contacts, conseils, moments de vie, … Et les banques se sont d’autant plus empressées d’engager de telles démarches que celles-ci paraissaient au fond leur éviter d’avoir à se remettre plus profondément en cause, c’est-à-dire à faire évoluer leurs produits.

Les banques y ont également vu une parade indispensable face à de nouveaux concurrents plus agiles. Mais les nouveaux acteurs qui les menacent le plus ne font pas mieux qu’elles. Ils proposent autre chose qu’elles : paiements fractionnés, coachs d’épargne, super-apps, finance intégrée, … Ils créent de nouveaux usages, plutôt qu’ils n’améliorent ou simplifient l’expérience bancaire classique – se focaliser sur cette dimension a été la grande erreur des banques en lignes et ce qui explique leur lente et souvent décevante montée en puissance (il suffit de constater comment, en France, proposant un nouvel usage, Nickel s’est développé à un rythme incomparablement plus rapide).

Aussi n’est-il certainement pas inutile d’améliorer l’expérience client. C’est indispensable. Mais c’est un leurre de croire que cela puisse suffire aux établissements pour gagner largement de nouveaux clients ou se différencier. Et c’est une fausse piste si cela relègue l’innovation produits au second plan.

De tels arguments ne seront pas facilement entendus, sans doute, tant l’optimisation de l’expérience client, quoique souvent devenue une routine, parait la réponse à tout. Pourtant, aujourd’hui, les usages sont en train de véritablement changer et les attentes des clients en conséquence – ainsi de l’appétence des plus jeunes pour de nouveaux services extra-bancaires, par exemple, telle qu’elle apparait dans la dernière édition de l’étude Relations banques et clients de Deloitte :

Si les usages se modifient, à quoi sert exactement d’optimiser une expérience client qui les ignore ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Visa et Mastercard poursuivent leur duel[:]

Posted By: Narcisse Tankam

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[:fr]Elles ne s’en rendent pas encore compte mais les banques sont sans doute les mieux placées pour fidéliser le commerce en ligne [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Le mois dernier, ING Australia a pris une surprenante initiative. L’établissement propose en effet des réductions sur différents achats dès lors que l’on utilise un compte ING pour les régler. Des cashbacks seront ainsi automatiquement accordés avec les factures de gaz, d’eau et d’électricité payées sur le compte. Une initiative tout à fait logique en fait. Qui ne paraitra surprenante – ou tout à fait anecdotique – que dans la mesure où l’on n’a pas encore réellement pris conscience de ce qu’elle recouvre.

Depuis toujours, les banques étaient des acteurs neutres par rapport aux comportements d’achat de leurs clients. Au sens où, se bornant à fournir des moyens de paiement et à gérer les comptes, elles ne tentaient pas d’influencer leurs clients quant aux types de dépenses qu’ils pouvaient réaliser ou quant aux commerces qu’ils pouvaient choisir.

Or, avec le e-commerce – avec tous les commerces en fait, dès lors qu’ils utilisent des canaux digitaux pour leurs commandes et règlements – et sans que les banques l’aient particulièrement voulu, cela n’est plus exactement le cas.

Un article sur le site américain spécialisé dans la grande consommation Retail Dive le souligne : la façon dont on paie détermine désormais assez largement ce qu’on achète et à qui.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les achats en ligne sont soumis à beaucoup d’hésitations et à de menus obstacles qui bloquent les conversions en ligne mais que lèvent la sécurité des applis bancaires et surtout l’automaticité et la pré-programmation qu’elles introduisent pour des dépenses récurrentes. Selon, l’article, les applis bancaires fidélisent ainsi trois fois mieux les clients que les sites eux-mêmes sur lesquels ils font leurs achats.

On comprend ainsi l’importance que les grandes marques apportent à développer leurs propres wallets, incluant une réserve d’argent. Il s’agit, de la même façon, d’automatiser pour favoriser les conversions et fidéliser.

Mais si ces applis de marque sont largement utilisés aux Etats-Unis, il n’en est pas de même ailleurs et les utilisateurs ne peuvent indéfiniment les multiplier. De sorte qu’une appli bancaire bien faite peut représenter une très bonne solution.

Mais cela signifie que les banques sont à même de faire valoir cette fidélisation qu’elles apportent aux commerces. L’initiative d’ING Australia s’inscrit tout à fait sous cette perspective. Elle fidélise ses propres clients… pour le compte de tiers.

Une perspective qui pourrait assez considérablement bouleverser la banque de détail. A moins que d’autres, comme les Big Tech, ne soient plus rapides.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Les banques de détail ont-elles tort d’abandonner l’innovation technologique? [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]En matière d’innovation, la plupart des banques délaissent aujourd’hui l’aspect technologique, pour se centrer sur les innovations de produits, de services et d’usages. Et pour se reposer, au plan technologique, sur des solutions tierces ou partenaires. Pourtant, certains établissements (BBVA par exemple) mènent encore des activités de recherche propres. Et, parmi eux, Bank of America a déposé pas moins de 227 brevets auprès de l’USPDO depuis le début de l’année !

Selon cet article, ces brevets couvrent une large gamme de solutions orientées clients, dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage automatique, de la sécurité et de l’analyse de données. Un peu plus précisément, cela concerne l’utilisation de l’IA dans les conversations avec la clientèle, la réalité augmentée pour les affichages, l’automatisation de processus, la capture dynamique d’images, …

Depuis janvier, le nombre de brevets déposés est un record mais cette dimension de recherche technologique a toujours été un élément fort de la culture de Bank of America, l’établissement qui a quasiment inventé (dès 1959), les cartes bancaires. Aujourd’hui, la banque a déposé 4 943 brevets. L’un de ses principaux inventeurs, Manu Kurian, Vice-President Senior, a déposé à lui seul plus de 360 brevets.

Dans l’univers bancaire, tout cela donne à Bank of America une évidente singularité. Mais également un avantage décisif ? Il n’est pas manifeste pour le moment. Cependant, un tel avantage doit compter non pas tant en termes de différenciation de services, comme on peut immédiatement être tenté de le croire, que dans la capacité pour une banque à standardiser des solutions de pointe. Nous l’avons souligné il y a quelques mois avec le lancement de l’outil de PFM Life Plan : Bank of America  parait l’un des derniers grands établissements à se soucier d’avoir les moyens propres de lancer de manière intégrée des outils bâtis pour les marchés de masse qui sont ceux des grandes banques universelles.

Une approche obsolète ? Le temps le dira. Force est pour le présent de souligner qu’en ne s’occupant désormais quasiment plus que d’innovations de services et de produits, la plupart des banques ne disposeront bientôt plus que de savoir-faire facilement appropriables par d’autres acteurs. Dont certains technologiquement dominants. A l’âge digital, cela se révèlera-t-il avoir été une orientation stratégiquement désastreuse ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Les banques parlent-elles un langage d’un autre âge ? [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[:fr][vc_row][vc_column][vc_column_text]Tiens, une étude vraiment intéressante ! Comme la plupart des autres, celle que vient de publier Finastra n’évite pas les formules dans l’air du temps : personnalisation, open bankingempowerment. Mais ces mots incantatoires, qui remplissent facilement des slides mais qui dispensent trop souvent de réfléchir et d’agir en conséquence, l’étude de Finastra permet justement de leur donner un peu plus de sens.

Il s’agit d’une étude « ethnographique » menée en 2020-2021 dans 11 pays sur cinq continents auprès de clients de banques de 20 à 60 ans. Et le premier résultat qui en ressort est massif : la banque, les gens n’y comprennent rien !

Un tel constat n’est pas nouveau et, depuis plusieurs années, l’éducation financière est à l’ordre du jour pour y remédier. Pourtant, les conclusions de l’étude ne s’y réfèrent pas en priorité. C’est que, dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’un problème de compréhension technique ou de connaissances. C’est surtout une affaire de langage, de ton. De relation.

Ce n’est pas que le langage que tiennent les banques soit complètement hermétique. C’est qu’elles imposent un langage bien particulier. Avec des formules, des termes, un ton propres. Un langage fermé qui instaure un rapport d’autorité avec les clients. « Mon banquier n’est pas mon patron ! ». Voilà ce qu’expriment pourtant, pour s’en plaindre, les personnes interrogées et c’est une vision rarement considérée, quoiqu’apparemment largement partagée.

Le rapport avec la banque est visiblement assez similaire à celui, inégalitaire et réservé, que le public entretient souvent avec les administrations. Un rapport qui évoque également fortement l’école, car il est susceptible de générer la même passivité. Certes, il y a de bons élèves mais au milieu et au fond de la classe, on écoute à peine. Ça n’intéresse pas vraiment. On fait juste ce qu’il faut. Les répondants à l’étude font ainsi part de l’impression que la banque, ce n’est pas pour eux.

Dans ces conditions, la banque digitale est accueillie favorablement mais – souligne Finastra – parce qu’elle rend les clients actifs et parce qu’elle leur évite d’avoir à passer par leur banquier ! Cela ne signifie pas du tout que les clients accèdent ainsi à une meilleure compréhension de leurs finances. Le digital leur permet simplement de ne plus avoir à passer à l’agence et, à en croire l’étude, ils s’en portent plutôt mieux. Le digital est en réalité en train de faire disparaitre la relation bancaire.

De telles conclusions ne seront pas facilement acceptées. Sans doute forcent-elles le trait en effet. Mais il faut lire ce qui est dit de l’ouverture du relevé de comptes quand il est reçu. On craint un mauvais moment. De mauvaises surprises liées à des dépenses imprévues, des frais paraissant injustifiés, des opérations pas encore passées, … On ne vit pas, de manière générale, dans un rapport paisible et confiant avec sa banque.

Cela permet de mieux saisir ce que peut signifier « l’autonomie financière » : une vision claire de ses comptes et de tous les mouvements qui les affectent. Avec les outils de gestion financière, les banques y travaillent incontestablement. Mais justifient-elles suffisamment leurs propres tarifs et délais de traitement ?

Par ailleurs, la plupart des mouvements qui affectent les comptes ne dépendent pas d’elles bien entendu. Mais les clients voudraient une assistance de leur part pour mieux comprendre et anticiper – et si c’est possible optimiser – leurs contraintes financières. C’est en cela que l’on peut, selon Finastra, parler de « personnalisation ». En cela et à travers l’open banking, dont l’étude constate cependant que les clients, à ce stade, ne sont pas du tout avertis.

Autant dire, pour résumer ces orientations et souligner ce qu’elles commandent, que les banques vont devoir adopter un autre ton et un autre langage pour parler à leurs clients.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][:en]

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Tiens, une étude vraiment intéressante ! Comme la plupart des autres, celle que vient de publier Finastra n’évite pas les formules dans l’air du temps : personnalisation, open bankingempowerment. Mais ces mots incantatoires, qui remplissent facilement des slides mais qui dispensent trop souvent de réfléchir et d’agir en conséquence, l’étude de Finastra permet justement de leur donner un peu plus de sens.

Il s’agit d’une étude « ethnographique » menée en 2020-2021 dans 11 pays sur cinq continents auprès de clients de banques de 20 à 60 ans. Et le premier résultat qui en ressort est massif : la banque, les gens n’y comprennent rien !

Un tel constat n’est pas nouveau et, depuis plusieurs années, l’éducation financière est à l’ordre du jour pour y remédier. Pourtant, les conclusions de l’étude ne s’y réfèrent pas en priorité. C’est que, dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’un problème de compréhension technique ou de connaissances. C’est surtout une affaire de langage, de ton. De relation.

Ce n’est pas que le langage que tiennent les banques soit complètement hermétique. C’est qu’elles imposent un langage bien particulier. Avec des formules, des termes, un ton propres. Un langage fermé qui instaure un rapport d’autorité avec les clients. « Mon banquier n’est pas mon patron ! ». Voilà ce qu’expriment pourtant, pour s’en plaindre, les personnes interrogées et c’est une vision rarement considérée, quoiqu’apparemment largement partagée.

Le rapport avec la banque est visiblement assez similaire à celui, inégalitaire et réservé, que le public entretient souvent avec les administrations. Un rapport qui évoque également fortement l’école, car il est susceptible de générer la même passivité. Certes, il y a de bons élèves mais au milieu et au fond de la classe, on écoute à peine. Ça n’intéresse pas vraiment. On fait juste ce qu’il faut. Les répondants à l’étude font ainsi part de l’impression que la banque, ce n’est pas pour eux.

Dans ces conditions, la banque digitale est accueillie favorablement mais – souligne Finastra – parce qu’elle rend les clients actifs et parce qu’elle leur évite d’avoir à passer par leur banquier ! Cela ne signifie pas du tout que les clients accèdent ainsi à une meilleure compréhension de leurs finances. Le digital leur permet simplement de ne plus avoir à passer à l’agence et, à en croire l’étude, ils s’en portent plutôt mieux. Le digital est en réalité en train de faire disparaitre la relation bancaire.

De telles conclusions ne seront pas facilement acceptées. Sans doute forcent-elles le trait en effet. Mais il faut lire ce qui est dit de l’ouverture du relevé de comptes quand il est reçu. On craint un mauvais moment. De mauvaises surprises liées à des dépenses imprévues, des frais paraissant injustifiés, des opérations pas encore passées, … On ne vit pas, de manière générale, dans un rapport paisible et confiant avec sa banque.

Cela permet de mieux saisir ce que peut signifier « l’autonomie financière » : une vision claire de ses comptes et de tous les mouvements qui les affectent. Avec les outils de gestion financière, les banques y travaillent incontestablement. Mais justifient-elles suffisamment leurs propres tarifs et délais de traitement ?

Par ailleurs, la plupart des mouvements qui affectent les comptes ne dépendent pas d’elles bien entendu. Mais les clients voudraient une assistance de leur part pour mieux comprendre et anticiper – et si c’est possible optimiser – leurs contraintes financières. C’est en cela que l’on peut, selon Finastra, parler de « personnalisation ». En cela et à travers l’open banking, dont l’étude constate cependant que les clients, à ce stade, ne sont pas du tout avertis.

Autant dire, pour résumer ces orientations et souligner ce qu’elles commandent, que les banques vont devoir adopter un autre ton et un autre langage pour parler à leurs clients.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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[:fr]Paiements par carte : quelques découvertes ![:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]On apprend plein de choses à lire l’Observatoire CB du Groupement des Cartes Bancaires CB. Et l’on remet en perspective l’évolution des paiements en France.

Ainsi apprend-on que les paiements sans contact ont représenté en 2020 39% des paiements par carte, ce qui souligne leur généralisation. On peut mesurer exactement la part du commerce en ligne en montants : 103,8 milliards € en 2020, soit 21% des 486,2 milliards € réglés par carte en 2020. On découvre d’ailleurs que si, sans surprise, les sites marchands généralistes (Amazon, etc.) ont largement profité de la crise sanitaire avec une hausse des paiements les concernant de 18,5%, les vétérinaires et animaleries ont fait pratiquement aussi bien (+17,6%) ! On en a très peu parlé mais, en 2020, les Français ont dépensé comme jamais pour leurs animaux domestiques. C’est l’une des principales tendances de l’année.

Autre découverte, la distribution sur le territoire français des paiements par carte. Difficile de mieux souligner l’hyper-concentration économique sur la seule région de l’Ile-de-France (toutefois, cela fait des années que nous tentons d’alerter – sans grand succès ! – sur ce phénomène et ses conséquences pour la banque de détail) :

La carte bancaire (on en compte 72,7 millions en France) est le moyen le plus utilisé (60%) pour les dépenses courantes des ménages et il ne cesse de se développer. Pourtant, il semble se heurter à un plafond de verre, comme l’indique la survie des chèques, en nombres :

Et surtout en montants :

C’est là une spécificité française dans la zone Euro, où les chèques ne représentent pas 1% des paiements dans la plupart des pays. La carte ne parvient pas à se substituer facilement aux chèques pour les dépenses de gros montants. Pourtant, en France, n’a-t-on pas trop tendance à tout miser sur elle ?

Selon l’Observatoire, la France était en 2019 le premier marché des paiements par carte de la zone Euro avec 608,8 milliards, loin, très loin devant l’Allemagne (350 milliards), l’Italie (219 milliards) et l’Espagne (210 milliards).

Or quelle est la principale différence avec l’Allemagne en termes de moyens de paiement ? Non pas tant l’usage du cash, comme on le croit souvent trop vite. En Allemagne, les prélèvements représentent plus de la moitié des paiements et plus du double, en proportion, par rapport à la France. Quant aux virements, ils comptent pour plus de 30% des paiements, contre moins de 20% en France.

En somme, on se félicite de la montée en puissance du sans contact et, désormais, du paiement par mobile. Toutefois, au vu de ces chiffres, l’évolution des paiements ne demeure-t-elle pas assez incomplète en France ?

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