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Banque de détail

[:fr]Ces banques qui renoncent aux frais de découvert[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous avons déjà présenté la problématique : bien qu’ils représentent une source de revenu significative, les découverts paraissent désormais d’un autre âge. Avec la crise sanitaire, les choses ont commencé à bouger – pour le moment surtout aux Etats-Unis – et un récent article de The Financial Brand livre un premier point d’étape.

Actuellement, la situation est campée par le tableau suivant :

Tout en bas, les néo-banques qui ne facturent pas de frais de découvert (Ally, Monzo), qui sont capables d’attendre que leurs clients renflouent leur compte sans pénalités (Revolut) ou qui ne facturent rien jusqu’à un certain montant de découvert (200 $ avec Chime).

En regard, quelques-unes de premières banques américaines n’ont pas modifié leurs tarifs d’un iota (Chase, Wells Fargo, PNC).

Certaines ont – très timidement – introduit un montant de découvert sans frais (TD Bank : 50 $ ; Santander : 100 $). Ce n’est pas grand-chose mais cela montre que le sujet est devenu sensible.

Dans le même temps, en effet, Bank of America a fortement réduit ses frais flat de découvert : de 35 à 10 $.

Tandis que Citibank a franchi le pas : elle s’efforce de proposer des solutions de financement pour limiter au maximum les occasions de découverts mais, si ceux-ci apparaissent, il n’y a pas de frais.

Quant à Capital One, elle n’accepte les découverts que sur autorisation. Mais ceux-ci sont désormais sans frais. Une révolution !

Il y a quelques années, les dispositions qu’introduisait Huntington Bank paraissaient aussi originales qu’audacieuses : pas de frais jusqu’à 50 $ de découvert et une facturation ne commençant qu’à J+1, pour laisser le temps aux clients de combler un dépassement ponctuel.

Aujourd’hui, ces dispositions paraissent frileuses. Les néo-banques sont passées par là et la morale de l’histoire parait claire : si jusque ici, les banques classiques toléraient facilement autour d’elles de nouveaux acteurs pratiquant des tarifs avantageux mais ne leur faisant finalement pas beaucoup d’ombre, ce n’est désormais plus le cas !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Depuis 5 ans, les tarifs bancaires baissent. Mais… [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]« La hausse des tarifs bancaires restera limitée en 2022 », titre l’Agefi. C’est trop peu dire. En fait, il serait plus juste d’écrire : en 2022, les tarifs bancaires continueront à baisser. Le problème est que personne ne s’en rend compte !

Prenons néanmoins les hausses moyennes de tarifs calculées par le comparateur de Panorabanques.  En 2017, ces tarifs ont augmenté de 1,7%, soit plus que l’inflation de 1%. Mais ensuite ? Ils n’ont augmenté en moyenne que de 0,25% en 2018. L’inflation était de 1,8%. Gelés par décision gouvernementale, les tarifs bancaires ont baissé de -1% en 2019, contre une inflation de 1,1%. Leur hausse n’a pas dépassé 0,2% en 2020, puis 0,6% en 2021 et finalement 1,5% début 2022, pour le coup très en deçà de l’inflation actuelle.

Au total, en valeur relative, les tarifs bancaires sont en moyenne en baisse, tirés notamment par le coût des services de banque à distance qui, selon l’Observatoire des Tarifs bancaires du CCSF, a pratiquement été réduit à rien depuis 10 ans (une baisse de -93,27% depuis 2012).

Pourtant, depuis le début de l’année, on a vu – encore une fois – revenir les alertes dans les médias : attention, les banques vont massacrer leurs clients ! Mais comment s’y prennent donc les banques pour en arriver là ?

Les constats de Panorabanques l’expliquent :

  • Des éclatements tarifaires par types de services. Ainsi, les frais de tenue de compte augmentent de 6% en 2022 (un montant moyen passant de 18,2 € à 19,3 € par an).
  • Des bizarreries : la carte à débit différé devient moins chère en moyenne que la carte à débit immédiat.
  • Des petits frais, perçus ici et là, qui sont autant d’irritants pour les clients : le coût annuel moyen pour 4 retraits déplacés par mois en France augmente de 39% en 2022 !
  • Des tarifs dissuasifs, particulièrement pour les opérations réalisées en agence, dont on peut se demander s’ils représentent encore un enjeu.
  • A quoi il faut encore ajouter des disparités de plus en plus fortes, non seulement entre banques en ligne et banques classiques mais même entre ces dernières. Le Crédit Agricole Atlantique Vendée, par exemple, ne facture pas de frais de tenue de compte.

Bref, à quand des formules différenciées d’abonnement avec une facturation globale unique, comme l’ont tenté, incomplètement et souvent maladroitement, les packages ?

Aujourd’hui, compte tenu de ce que vont dépenser en moyenne les Français en frais bancaires en 2022 (219,9€), un tel abonnement coûterait 18,3€ par mois. Cela n’a rien d’excessif mais ce n’est pas non plus donné par rapport aux forfaits mobiles ou à un abonnement à Netflix ou à Amazon Prime, dès lors que dans la plupart de leurs interactions avec leurs banques les clients font tout eux-mêmes en ligne ; l’utilisation des cartes de paiement rapportant elle aux banques par le jeu des interchanges. A terme, pour les opérations de base, les tarifs bancaires ne peuvent que continuer à baisser sans doute, quoique les banques n’en semblent pas encore convaincues. Tout cela manque de stratégies !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Banque des usages : en avant pour la GrandTech ! [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Arkea Assistance vient de lancer une nouvelle offre de téléassistance avec vidéo “Premium +”. Et Arkea pourrait bien ouvrir ainsi en France une tendance qui va devenir de plus en plus importante.

Il y a plusieurs années, nous avons lancé le sujet : et si les « Silver », les jeunes séniors, étaient le cœur de cible le plus intéressant pour les banques ? Nous demandions même : pour les banques en ligne ?

Il faut bien le reconnaitre, le succès fut, c’est un euphémisme, assez mitigé. Bien sûr, nous n’étions pas en peine d’arguments : les Silver, soit les plus de 55 ans qui ont quasiment les mêmes comportements bancaires que leurs cadets, sont de plus en plus nombreux. Leur segment va jusqu’à 70 ans aujourd’hui. Il ira bientôt jusqu’à 75 ans. Et cette population, particulièrement consommatrice de conseils bancaires pour ses problématiques propres (passage à la retraite, cessions et transmissions, gestion de l’immobilier, …), dispose d’un revenu 30% plus élevé en moyenne que le reste de la population.

Mais rien n’y fait. En France, le marketing bancaire ne s’intéresse pas aux plus de 35 ans ! Et s’il doit se pencher sur les séniors, il les voit grabataires et à peine capables d’utiliser un ordinateur.

La France n’est visiblement pas la seule dans ce cas si l’on juge par cet article de C’est pas mon idée ! consacré aux efforts que la Caixa a décidé d’engager vis-à-vis de ses clients séniors. Les considérant quasiment comme une clientèle fragile, la banque espagnole entend leur dédier des services d’assistance, allant jusqu’à guider les personnes âgées pour se servir des automates !

Sur le même site, un autre article contrebalance cette approche par celle d’ABN Amro, en se fondant sur une étude montrant que, face à la banque numérique, les différences entre générations sont de moins en moins significatives et qu’il s’agit là évidemment d’une tendance forte.

Bien entendu, une fraction des séniors, parmi les plus âgés, demeure souvent désemparée face au digital, ce qui requiert de la part des banques un service particulier. Par ailleurs, les plus de 60 ans ont des besoins particuliers. Qu’on prenne ceux-ci en compte cependant et tout un nouveau champ d’innovation apparait : ce que l’on commence à nommer la GrandTech, qui revient à associer les dispositifs numériques particulièrement utilisés par les 60 ans et plus, comme les outils de surveillance de santé,  à d’autres usages numériques, comme les applis bancaires – lesquelles sont parmi les interfaces numériques le plus utilisées par les jeunes séniors et celles qui recueillent le plus leur confiance en termes de sécurité.

Au Royaume-Uni, une nouvelle banque – Longevity Bank – tente de se lancer sur ce principe et propose d’ores et déjà Longevity Card :

Faut-il vraiment une nouvelle banque ? N’est-ce pas plutôt ce que beaucoup de banques proposeront bientôt ? Pour Arkea Assistance, sa solution de téléassistance est une sorte de réseau social privé (famille, amis, voisinage, …), qui intègre d’autres fonctionnalités comme les consultations médicales en ligne ou la sécurité des personnes. Si un lien est créé avec l’appli bancaire du Groupe (il y a déjà longtemps, BBVA avait eu l’idée d’un crowdfunding familial…), ce sera un excellent exemple de la manière dont la banque des usages peut complètement renouveler la banque.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]BaaS : Les services bancaires vont-ils échapper aux banques ? [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Oui, à ce stade, la question peut paraitre un peu exagérée. Quoique… Faisons ensemble un petit tour d’horizon du Banking as a Service (BaaS), tel qu’il est en train d’évoluer.

Très vite, dès que des fintechs ont acquis une certaine stature et ont proposé des offres crédibles, certains établissements bancaires, comme The Bancorp, leur ont proposé leurs services en marque blanche et en ont rapidement fait une spécialité (nous vous l’avons présenté dès 2014).

Ensuite, certaines fintechs sont devenues des néo-banques et l’on s’est mis à parler de BaaS. L’idée est en effet apparue qu’à travers des API, des marques non financières dotées de nombreux clients pouvaient proposer à ces derniers des services financiers (comptes, crédits, dépôts, …) en rapport direct avec leurs achats.

Tout un nouveau marché potentiellement considérable est donc ainsi apparu, sur lequel les banques ne se sont pas vraiment engouffrées. Des acteurs spécialisés, comme Synapse ou Contis, ont plutôt émergé ; certains ayant d’ailleurs vocation à accompagner les banques sur ce marché, comme MuleSoft. Et de nouvelles plateformes spécialisées ne cessent d’apparaitre, comme Alviere par exemple.

Tout le monde peut donc désormais proposer des services bancaires de base et même plus. Or Synctera ou Productfy ne suggèrent pas seulement de les proposer mais également de les concevoir et de les bâtir, à sa façon. Avec le Français Swan, tout le monde peut devenir une néo-banque.  Et Rize propose même le Fintech-as-a-Service.

Si le BaaS est désormais une offre fer-de-lance pour certaines néo-banques, comme Starling, les banques classiques, elles, demeurent pratiquement absentes de ce marché,  sinon quelques-unes et surtout sur les paiements, comme Société Générale avec Treezor ou le Crédit Agricole, dont La Fabrique by CA vient d’acquérir la SFPMEI (le BaaS de Lydia, Spendesk, Blank).

Les banques ont une offre si limitée en matière de BaaS que l’on voit apparaitre, non pas des acteurs spécialisés développant des services mais de simples intermédiaires entre fintechs et banques, comme Treasury Prime. Et bientôt entre marques et banques. Car le marché ne peut que s’étendre. Il touchera bientôt certaines PME et commerces sans doute.

Finalement, tous ces services bancaires, de plus en plus standardisés en même temps qu’innovants, risquent d’échapper aux établissements classiques. A ce point qu’un spécialiste comme Nymbus propose désormais ses services…  aux banques elles-mêmes !

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Que proposent les établissements financiers en matière de crypto-devises ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La vague des cryptos parait devoir durer. Selon la récente étude Adan/KPMG, 8% des Français adultes ont investi dans des crypto-actifs et 30% envisagent de le faire.

Par comparaison, rappelons que 6,7% des Français seulement détiennent des actions en propre. Les cryptos séduisent surtout les jeunes (12% des 18-35 ans ont investi dans des crypto-actifs) et, avec leurs perspectives d’enrichissement rapide, de nombreuses personnes aux revenus moyens : 37% des Français investis dans des crypto-actifs gagneraient moins de 18 000 € par an.

Dans ces conditions, beaucoup de banques sont tentées de se positionner sur un marché qui a un fort besoin d’intermédiaires, tant la principale barrière pour le public sont moins les risques que la complexité des cryptos.

Selon le Baromètre EY 2022, 55% des banques suisses, par exemple, prévoient de proposer prochainement des placements en cryptos.

En France, les initiatives restent plus timides. Voici donc un petit tour d’horizon de ce que les établissements financiers peuvent proposer. En 10 exemples :

1 – Elémentaire (mais encore peu fréquent) : achat/vente, conservation. Ex : Unify Financial Credit Union.

2 – Indispensable : crypto-as-a-service, pour que les entreprises puissent proposer des offres en cryptos. Ex : l’assurance voyage.

3 – Utile : un wallet accueillant les crypto-devises. Ex : BBVA Suisse

4 – Hasardeux ? : des conseils en placements. Ex : Visa Consulting & Analytics

5 – Incontournable : un ETF. Ex : la Sberbank.

6 – Inévitable : des prêts avec des cryptos en garantie. Ex : ING (en projet pour des prêts Defi en P2P).

7 – Judicieux : accepter les paiements en cryptos pour son propre compte. Ex : 2 courtiers d’assurance strasbourgeois.

8 – Evident (mais encore peu fréquent) : assurer la gestion des paiements des firmes spécialisées dans les cryptos. Ex : Customers Bank.

9 – Malin : assurer la trésorerie des firmes spécialisées dans les cryptos, qui n’utilisent généralement pas ces dernières pour payer leurs employés et fournisseurs ! Ex : BankProv.

10 – Audacieux : faire le trading d’une crypto-devise. Ex : Arab Bank Switzerland/Tezos

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]A l’issue de la crise, quelle recomposition attendre du paysage bancaire?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans sa Global Banking Annual Review 2021, le cabinet international de conseil McKinsey nous donne une nouvelle version, bancaire, du combat des Anciens contre les Modernes. Une partition qui a beaucoup été jouée depuis plus de dix ans. Un air connu : les banques classiques vont être supplantées par de nouveaux acteurs plus innovants (les fintechs) ou se diversifiant dans les services financiers (les Big Tech). Pourtant, l’examen même des nombreuses données rassemblées par McKinsey ne permet plus d’y croire. Il est temps de changer de disque.

L’argumentaire que développe le cabinet repose essentiellement sur le constat que, fondées sur un modèle économique très consommateur en capital, les banques classiques, voyant leur rentabilité régulièrement s’erroder, ont de plus en plus de mal à supporter le coût de leurs fonds propres. Tandis que pointent, sur leurs marchés, de nouveaux acteurs souvent spécialisés (notamment dans les paiements) et bien moins gourmands en fonds propres, parce qu’ils n’entrent pas dans le cadre des exigences réglementaires.

Cet argumentaire n’a rien de nouveau et, il y a dix ans, les perspectives paraissaient beaucoup plus claires : les banques classiques semblaient irrémédiablement condamnées. Il est bien plus difficile de le soutenir aujourd’hui.

Au cours de la crise sanitaire, en effet, les banques ont fait preuve d’une forte résilience. Non sans aides publiques certes mais d’une manière bien plus vigoureuse qu’attendue. Le tournant numérique, que la crise a favorisé chez leurs clients (un « tournant » que l’on a sans doute tendance à surestimer d’ailleurs) ne les a ni disqualifiées, ni détrônées.

Cependant, depuis deux ans, un autre phénomène est intervenu : le surfinancement de certaines fintechs. Il permet à quelques-unes d’entre elles d’être bien mieux valorisées désormais que des banques classiques de premier rang, ainsi que d’acquérir une stature internationale ou, aux Etats-Unis, de commencer à sérieusement concurrencer les plus grands établissements en nombre de clients.

D’un côté, donc, des banques toujours bien campées sur leurs positions. De l’autre, des licornes conquérantes. Tout semble en place pour un combat final… qui n’aura pas lieu.

Toute l’analyse de McKinsey et son calcul de coût des fonds propres repose sur le parcours boursiers des principales banques. Lequel s’est redressé mais demeure assez peu flatteur, les banques offrant un profil de rentabilité « décent mais peu attractif ». En regard, les fintechs attirent massivement les investisseurs. Et cela se prolongera à terme en bourse, prédit de manière intéressante McKinsey, car la richesse est en train, avec l’âge, de changer de mains, passant des boomers et de leurs ainés, à la génération X et aux Millenials, qui ont d’autres critères d’appréciation en matière de services financiers.

De fait, à terme, la question de la nécessité d’une présence en bourse pour un certain nombre de banques se posera sans doute. Mais quand, quelques pages du rapport plus loin, on découvre que dans les pays les plus avancés, les fintechs ont su capter 30% et plus de la clientèle, tout en ne réalisant que 5% au mieux des revenus bancaires globaux, la faveur dont elles bénéficient actuellement de la part des investisseurs ressemble tout simplement à une bulle – certains observateurs n’hésitent d’ailleurs plus à le dire.

En tous cas, ces chiffres invitent à formuler un diagnostic sensiblement différent de celui que livre McKinsey. La rentabilité des banques classiques s’affaisse mais les nouveaux acteurs sont encore moins rentables. Ni les uns ni les autres n’ont su en fait renouveler le modèle économique bancaire. Balle au centre !

D’ici 2025, McKinsey prédit un ROE bancaire moyen entre 7% et 12%, pour un coût des fonds propres de 10%. Or ce que cela annonce n’est pas un combat des Anciens contre les Modernes mais un paysage beaucoup plus éclaté, au sein duquel certains établissements – nouveaux mais aussi anciens – distanceront de plus en plus les autres.

Que voit-on d’ailleurs, d’ores et déjà ? Des banques d’affaires se déployant dans la banque de détail (Goldman Sachs). Des banques classiques tentant de réinventer la banque de détail (JP Morgan Chase) et d’autres délaissant de plus en plus ce marché (HSBC). Des acteurs technologiques créant de nouveaux réseaux de distribution financiers, ainsi que des partenariats à travers le cloud, plutôt qu’ils ne se substituent aux banques (Google, Amazon). De nouveaux acteurs de la banque de masse gagnant immédiatement une stature internationale avant de se diversifier (Klarna). Les variables boursières ne suffisent pas pour réaliser ce qu’il est en train de se passer.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]La mutualisation des risques et des coûts dans les banques est-elle promise à disparaitre ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Faut-il permettre, dans le cadre d’un crédit immobilier, de changer à tout moment d’assurance-emprunteur (laquelle est le plus souvent exigée pour l’obtention d’un crédit) ? Au-delà de son caractère technique et particulier, la question soulève de manière décisive une réalité bien plus générale et beaucoup trop ignorée.

Depuis 2010, plusieurs dispositions ont obligé les banques à ouvrir à la concurrence l’assurance-emprunteur liée aux crédits immobiliers. Les contrats peuvent ainsi aujourd’hui être résiliés annuellement. Or, le mois dernier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi autorisant la résiliation infra-annuelle, donc à tout moment, de l’assurance emprunteur.

Quel est l’enjeu d’une telle disposition ? Les promoteurs de la loi parlent du respect du consommateur et avancent qu’il s’agit là d’une mesure de pouvoir d’achat qui ne coûte pas un euro à l’Etat.

Vraiment ? Il est estimé que la mesure pourrait engendrer pour les emprunteurs des économies allant de 5 000 à 15 000 € sur la durée totale des contrats. Soit, rapportée à la durée moyenne des prêts, une économie de 250 à 750 € par an, ce qui peut sembler une restitution de pouvoir d’achat assez symbolique par rapport à l’acquisition d’un bien immobilier.

En fait, l’enjeu concerne bien plus sérieusement les banques et les assureurs. Les banques ont bien entendu tout intérêt à vendre aux emprunteurs une assurance, dont on les accuse de surfacturer les primes. Tandis que les assureurs pourraient, eux, mettre plus largement la main sur un marché de 7 milliards €.

Qui croire ? Avant d’entrer dans le débat, il parait important de bien comprendre les arguments des banques en l’occurrence.

Elles estiment, en effet, que la possibilité d’une résiliation permanente conduira à une démutualisation des risques, avec une couverture à la carte qui aboutira à surenchérir les primes pour les moins favorisés. L’argument a été balayé par les députés. Pourtant, même si cela n’est pas facile à faire admettre en France, en l’occurrence, les banques pourraient bien avoir raison !

Mais encore s’agit-il de bien entendre ce qu’elles disent. Car que signifie cette « mutualisation des risques » ? Tout simplement que les meilleurs risques paient pour les moins bons, lesquels accèdent ainsi plus facilement au crédit !

Pour le marquer (mais sans exactement le dire) le Crédit Mutuel a récemment pris une initiative inattendue : supprimer les questionnaires médicaux et donc les éventuelles surprimes liées à un état de santé à risque pour l’octroi des crédits immobiliers. La mutualisation entre assurés sera ainsi encore plus forte. Une parade que l’on peut en l’occurrence saluer.

Face à cela, les assureurs ne peuvent que défendre la vérité des prix et des primes. Mais que signifiera-t-elle ? Que ceux qui empruntent avec le plus de facilité, les profils jeunes et aisés particulièrement, seront constamment démarchés et feront quelques économies, quand les autres verront, par rapport à la situation actuelle, leurs primes sans doute augmenter !

Eh oui, quand la Fédération des Banques Françaises défend le régime actuel de l’assurance-emprunteur au titre de la solidarité, elle n’a pas forcément tort !

En fait – et cela reste bien trop inaperçu – cette situation est assez générale en France dans les services bancaires. Lointain héritage d’une époque où les banques étaient quasi publiques, leurs services et tarifs ne distinguent pas ou distinguent peu les utilisateurs en fonction de leur rentabilité ; comme dans d’autres pays où les tarifs bancaires sont fortement modulés en fonction des montants de dépôts par exemple ou bien la souscription à certains services. De fait, en France, un grand nombre des clients des banques sont peu rentables, voire pas du tout. Mais il y une mutualisation des coûts : les autres paient en quelque sorte pour eux. En quoi il s’agit de bien savoir ce que l’on vise quand on parle de vérité des prix.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Au cours de la crise sanitaire, la banque digitale a augmenté le nombre de ses clients mais n’a pas élargi sa base de clientèle[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]C’est ce qui ressort d’une étude mondiale sur la banque numérique que publient N26 et Accenture.

D’après les chiffres publiés, 23% des clients des banques et assurances avaient ouvert un compte dans une banque digitale en 2020 – ce qui n’est guère précis : quelles banque « digital–only » sont-elles effectivement considérées ? Combien de leurs clients les utilisent comme banque principale ? Quoi qu’il en soit, alors que l’étude annonce de forts potentiels pour la banque numérique, pays par pays, seuls cinq parmi tous ceux considérés comptent à ce stade plus d’un tiers de personnes bancarisées clientes d’un établissement digital : l’Arabie saoudite, le Brésil, la Chine, les Emirats Arabes Unis et le Japon.

Par comparaison, la France compte 19,7% de clients des banques disposant d’un compte dans une banque digital-only (contre 12,9% en 2018). L’étude estime qu’en France, le potentiel de la banque numérique (mais qu’est-ce que cela désigne précisément ?) atteint aujourd’hui plus de la moitié (54,6%) du marché bancaire.

On note toutefois que les 5 pays ci-dessus sont également les seuls dont la clientèle digitale s’écarte significativement du profil moyen du client de la banque numérique que l’on retrouve partout ailleurs : un homme, disposant de bons revenus, d’âge moyen.

Aux Etats-Unis, ainsi, la banque numérique séduit surtout des hommes (66% des clients), disposant de bons revenus (63%). En Italie, où la banque digitale est plus développée qu’en France (26,1% des clients des banques), les genres sont plus équilibrés (55% d’hommes) mais 45% des clients ont plus de 45 ans.

A noter, en France : parmi les clients de la banque digitale, les plus de 55 ans sont aussi nombreux (20%) que les 18-24 ans (20%).

La clientèle prioritaire de la banque digitale s’estime à l’aise avec sa banque principale et n’hésite pas ainsi à la mettre en concurrence avec une banque digitale. Au-delà, il ne semble pas que les différents établissements numériques proposent de nouveaux produits et usages susceptibles de provoquer des conversions massives. Et quant à leurs principaux atouts, ils restent visiblement  à améliorer puisque, parmi leurs utilisateurs, seulement 34% soulignent leurs tarifs avantageux et 27% leur commodité.

En somme, le propre des banques digital-only reste d’être digital-only et cela se limite à ça, avec différents avantages et inconvénients, sans renouveler profondément l’offre bancaire. On peut donc considérer qu’en l’état actuel, la banque digitale l’emportera à terme mais assez lentement.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Résultats trimestriels : les banques françaises se redressent, sans se presser ! [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Les banques françaises publient leurs résultats trimestriels et les présentations qui les accompagnent laissent souvent une impression assez étrange. Pourquoi donc, en les lisant, en vient-on à évoquer le syndrome Kodak ? Ou l’équipage d’un navire qui se féliciterait d’avoir bravé une tempête, sans voir l’ouragan qui lui fonce droit dessus !

Prenons notamment Société Générale. Nettement supérieurs aux attentes, ainsi qu’aux performances moyennes des autres établissements, ses résultats au troisième trimestre sont bons et même historiquement bons.

Pour le constater pleinement, il convient de comparer ces résultats non pas à ceux de 2020 – année atypique –  mais à ceux de 2019. Le PNB a augmenté de 11,5%. Les coûts sont bien maitrisés. En 2021, les métiers actions ont surperformé. Mais ils n’expliquent pas tout. Les services aux entreprises enregistrent de beaux résultats et la banque de détail en France n’est pas en reste : par comparaison avec le T3 2019, son PNB augmente de 5,2% et ses coûts baissent de 1,7%.

Si l’on se souvient que, début 2020, Société Générale était en pertes, il faut reconnaitre que le Groupe a non seulement bien traversé la crise mais que, malgré le contexte, il s’est redressé. Au dernier trimestre, il dégage un bénéfice de 1,6 md €.

Bien entendu, cela ne lève pas toutes les inquiétudes. Comme les autres banques, Société Générale profite de plusieurs effets : l’euphorie boursière, la bonne tenue du marché immobilier, le soutien public aux entreprises au cours de la crise sanitaire (trois phénomènes liés aux injections monétaires des banques centrales).

Et comme les autres banques dans ce contexte – cela explique largement leurs bénéfices – Société Générale a fortement (40%) réduit son coût du risque. Pour l’activité de détail en France, il est même à zéro :

Pour que cela soit vraiment tenable, il faudra que la reprise soit aussi forte qu’attendue et que l’inflation soit transitoire comme on l’annonce volontiers. Mais cela n’est peut-être pas le plus important.

En effet, une fois ses comptes redressés, que va faire Société Générale : massivement investir dans sa transformation ? Refondre ses systèmes à marche forcée ? Introduire des innovations vedettes ? Comme le font les grandes Américaines, qui commencent à regarder l’Europe avec appétit ?

Oui, peut-être… Mais dans l’immédiat, Société Générale va racheter ses propres actions pour 470 millions €. Pour BNP Paribas, c’est encore plus. Mais Société Générale a engagé la restructuration de ses réseaux de banque de détail en France (laquelle représente un tiers des résultats du Groupe), en les fusionnant avec ceux de sa filiale Crédit du Nord.

Une restructuration rapide ? Sur la base d’une informatique toute nouvelle ? Non. La fusion des SI devrait intervenir à partir du premier trimestre 2023. Et les 3 700 départs volontaires prévus s’échelonner jusqu’à fin 2025. Tranquillou !

Pourquoi se presser ? Parce que le marché bancaire est en train de complètement se transformer ? C’est surtout sous l’impact de licornes comme RevolutStripe, Klarna, Adyen, Plaid, … Il y en a d’autres. Mais ces nouveaux acteurs visent d’emblée un développement international. Et, à l’exception de la montée en puissance de Chime, SoFi ou de Venmo sur le marché américain, les banques classiques, pour la plupart, ne perçoivent pas encore la menace sur leur marché national.

Pourtant, nous le soulignons souvent, d’ores et déjà la plupart des grandes banques classiques ont de plus en plus de mal à s’aligner par rapport à ces licornes conquérantes, mieux valorisées qu’elles et disposant désormais de gros moyens pour financer leur développement. On aimerait donc savoir comment Société Générale imagine qu’il en sera, dans trois ou cinq ans, quand la fusion de son réseau avec celui du Crédit du Nord sera, enfin, achevée ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]L’expérience client, un concept dépassé ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans l’un de ses derniers billets sur Forbes, Ron Shevlin met en cause les efforts que déploient les banques pour optimiser l’expérience qu’elles proposent à leurs clients. Il est certain que, depuis une quinzaine d’années, ces efforts se sont largement installés et ne souffrent guère la discussion quant à leur bien fondé. Deux bonnes raisons de mettre « l’expérience client » en question !

En se souciant d’améliorer l’expérience client, estime Ron Shevlin, les banques se sont convaincues que leurs produits se vendront mieux si elles optimisent leurs processus de vente : points de contacts, conseils, moments de vie, … Et les banques se sont d’autant plus empressées d’engager de telles démarches que celles-ci paraissaient au fond leur éviter d’avoir à se remettre plus profondément en cause, c’est-à-dire à faire évoluer leurs produits.

Les banques y ont également vu une parade indispensable face à de nouveaux concurrents plus agiles. Mais les nouveaux acteurs qui les menacent le plus ne font pas mieux qu’elles. Ils proposent autre chose qu’elles : paiements fractionnés, coachs d’épargne, super-apps, finance intégrée, … Ils créent de nouveaux usages, plutôt qu’ils n’améliorent ou simplifient l’expérience bancaire classique – se focaliser sur cette dimension a été la grande erreur des banques en lignes et ce qui explique leur lente et souvent décevante montée en puissance (il suffit de constater comment, en France, proposant un nouvel usage, Nickel s’est développé à un rythme incomparablement plus rapide).

Aussi n’est-il certainement pas inutile d’améliorer l’expérience client. C’est indispensable. Mais c’est un leurre de croire que cela puisse suffire aux établissements pour gagner largement de nouveaux clients ou se différencier. Et c’est une fausse piste si cela relègue l’innovation produits au second plan.

De tels arguments ne seront pas facilement entendus, sans doute, tant l’optimisation de l’expérience client, quoique souvent devenue une routine, parait la réponse à tout. Pourtant, aujourd’hui, les usages sont en train de véritablement changer et les attentes des clients en conséquence – ainsi de l’appétence des plus jeunes pour de nouveaux services extra-bancaires, par exemple, telle qu’elle apparait dans la dernière édition de l’étude Relations banques et clients de Deloitte :

Si les usages se modifient, à quoi sert exactement d’optimiser une expérience client qui les ignore ?

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