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Actualités

[:fr]Vers la fixation de quotas en matière de crédits?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

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Le Fonds Monétaire International vient de publier un article dont le titre ne peut manquer d’attirer l’œil : The new Morality of Debt. Il ne s’agit que de l’opinion d’une chercheuse d’Oxford, Nikita Aggarwal mais il est facile d’imaginer que ses idées puissent être partagées au sein du FMI, comme en d’autres instances de régulation financière et qu’elles puissent trouver assez vite des prolongements réels. D’autant que ce que suggère l’article représente l’issue assez logique d’un débat qui a maintenant plus de dix ans.

Ce débat est assez simple. D’un côté, l’utilisation dans le cadre d’une décision d’octroi de crédit de données personnelles diverses – telles que celles apparaissant sur les réseaux sociaux ou tirées d’un pistage de l’utilisation des téléphones portables – sans qu’on le sache ou sans qu’on sache exactement lesquelles et donc à notre insu, est « moralement » (c’est le terme qu’utilise l’article) inacceptable. Cela représente une atteinte à la vie privée, ainsi qu’à l’identité et à la dignité personnelles.

D’un autre côté, cependant, cela peut renforcer la bancarisation de tous ceux qui n’accèdent pas facilement au crédit et notamment de certaines minorités, pour lesquelles la disponibilité de données peut amener, contre certains préjugés, à revoir les évaluations a priori négatives qu’elles subissent souvent. Et comme, automatisée, elle rend de plus les traitements moins onéreux, la « datafication » du crédit favorise finalement l’inclusion financière.

Donc, que faire ? Réglementer et obliger les prêteurs à justifier rigoureusement l’utilisation qu’ils font des données à caractère personnel.

Si c’est le FMI qui le dit, les établissements financiers doivent peut-être prévoir ainsi l’arrivée prochaine de plusieurs nouveaux mètres-cubes de réglementation. Il leur faudra démontrer que leurs algorithmes ne discriminent personne, qu’ont été mises en place des procédures pour le vérifier, que les résultats de ces vérifications sont bien intégrés en amont pour l’élaboration des algorithmes, etc.

C’est que l’article entérine finalement la situation qu’il dénonce. Sous réserve de la mise en place de contrôles réglementaires, il n’envisage aucun moyen pour rompre une situation qu’il présente comme générale. L’article parait en effet admettre qu’un scoring totalement automatisé et fondé sur l’analyse de données personnelles peut suffire pour l’octroi de crédits. Pourtant de moins en moins d’acteurs pensent effectivement que ce puisse être le cas.

Le crédit obéit à une dialectique assez simple : plus on se fonde, pour estimer les capacités de remboursement, sur des critères stricts, plus on sélectionne des emprunteurs qui n’ont pas besoin de crédit ou qui n’ont aucun mal à l’obtenir aux meilleures conditions. Pour gagner sa vie, il faut donc baisser les critères, accepter des risques et là, très vite, les choses deviennent incertaines. Que le traitement algorithmique de données puisse changer radicalement ce constat a pu représenter une piste intéressante mais qui parait désormais insuffisante. En fait, l’octroi de plus en plus automatisé de crédit pourrait bien faire assister au grand retour des sociétés de recouvrement !

En regard, on peut sérieusement se demander sur quoi, sur quels principes et quels éléments, une réglementation concernant l’usage de données personnelles pourrait précisément se fonder, pour ne pas être factice face à des problématiques complexes. Il y aurait cependant une façon simple de procéder si le but, comme le suggère l’article, est d’éviter que des communautés ne soient discriminées. Il suffirait de vérifier qu’elles sont représentées à un certain niveau dans les portefeuilles de prêts. Ce qui reviendrait à introduire des quotas de crédit.

Score Advisor

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[:fr]La banque des usages va-t-elle se développer… sans les banques!?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

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Aujourd’hui, compte tenu du niveau des taux, l’épargne a perdu beaucoup de ses attraits. Pour les banques, comme pour leurs clients. Lesquels, depuis plusieurs années, ont tendance à laisser leurs économies simplement sur leur compte courant (auquel est assimilé le Livret A). En revanche, parvenir à mettre de l’argent de côté suscite une forte demande ! En tant que produit, l’épargne a perdu beaucoup d’intérêt. Mais pas en tant qu’usage. Le problème est que les banques restent focalisées sur le produit, quand d’autres acteurs qu’elles désormais se consacrent à faciliter l’usage.

En France, le phénomène est très peu apparent. En France, les banques ont (pour le moment encore) la chance d’avoir des compétiteurs essentiellement tournés vers les paiements ou des services quasi comparables aux leurs mais en ligne. Seules quelques néo-banques, comme celles dédiées aux jeunes, commencent à les challenger sur les usages, les modes de vie et les tendances.

Aux Etats-Unis, en revanche, la situation est d’ores et déjà très sensiblement différente, selon les chiffres que publie le cabinet de conseil Cornerstone Advisors. Parmi les possesseurs d’un smartphone, 76% utilisent une app pour gérer leurs finances. Le pourcentage atteint 93% chez les 21/40 ans, 81% chez les 41/55 ans et même 56% chez les Baby boomers. Or, dans la plupart des cas, ces app ne sont pas celles de leur banque principale.

Ainsi, pour les aider à épargner :

Il y a les produits : les comptes d’épargne que proposent les banques, aux taux insignifiants. Et puis il y a l’usage, qui dans le contexte de crise actuel est particulièrement sensible. Selon l’enquête menée par Cornerstone Advisors, ceux qui utilisent des coachs d’épargne parviennent à mettre de côté en moyenne 600 $ en plus de leur niveau courant d’économies. Avec les taux moyens de rémunération que proposent les banques américaines, il faut disposer d’au moins 1,2 million $ d’épargne pour gagner 600 $ !

Cela, les banques ne le réalisent pas, souligne Ron Shevlin, le Managing Director de Cornerstone Advisors, parce que cela ne se traduit pas pour elles par une perte importante de clients. Ceux-ci, dans leur majorité, ne quittent pas pour autant leur banque principale. Une autre étude le montre : 76% des Américains qui achètent en ligne utilisent pour cela l’appli de leur banque principale. Mais ils n’utilisent cette appli que pour des fonctions de base :

Nous avons ainsi affaire à une nouvelle forme de multibancarisation. Par les usages. Qui voit les clients se tourner vers d’autres services pour guider leurs comportements financiers. Ce qui signifie que le compte courant sera de moins en moins le support d’une relation nourrie et durable.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Quoi de neuf en février 2021?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous retiendrons particulièrement trois innovations et initiatives dans des domaines très différents mais qui ont en commun d’adapter les offres aux usages plutôt que d’obliger les utilisateurs à se plier à ce que permettent et ne permettent pas (souvent sans trop d’explication) les produits et services qu’on leur fournit.

Paiements

MoneyVox signale l’apparition chez Banque populaire et Caisse d’épargne de cartes de paiement à autorisation « quasi-systématique ».

Une carte de paiement à autorisation systématique n’autorise un règlement que si le solde en compte le permet. Ce qui peut poser des problèmes dès lors que les terminaux de paiement ne sont pas en mesure de contacter la banque pour autoriser une opération. C’est particulièrement le cas et c’est alors particulièrement bloquant dans les parkings et aux péages. Dès lors, une carte à autorisation « quasi systématique » tolèrera des exceptions, pour éviter des situations pénibles. On ne sait néanmoins ni pour quels types de paiements susceptibles d’être réalisés hors ligne, ni pour quels montants et fréquence de paiements ces exceptions joueront (par ailleurs, restent également les cas de paiements, comme aux distributeurs automatiques d’essence, où le solde en compte doit couvrir un montant plafond, tel que 150 €). La démarche n’en est pas moins à saluer.

Comptes joints.

Ils sont devenus la règle pour les couples aujourd’hui mais ils obéissent à un formalisme juridique assez lourd, notamment pour la souscription et l’annulation. C’est une incommodité d’usage que s’efforce de gommer la startup américaine Zeta, spécialisée dans les finances des couples. Elle s’y efforce mais – elle le reconnait elle-même – n’y est pas encore vraiment parvenue. Sa solution voudrait mettre en place un simple outil de gestion intelligent, branché sur les comptes individuels des deux membres du couple et s’y alimentant pour couvrir des dépenses communes qu’il apprendrait à estimer, à suivre et à prévenir quasiment seul, sous le contrôle du couple.

C’est la solution que propose Zeta mais sans pouvoir se dispenser, à ce stade, d’ouvrir formellement un compte commun. L’intention est en tous cas intéressante, tout de même que la manière – très représentative de la nouvelle tournure que sont en train de prendre les offres bancaires – dont Zeta propose sa solution. Comme une véritable expérience à faire à deux. Pour découvrir la personnalité de chacun en matière de finances et tester la capacité du couple à durer. D’ailleurs, la solution doit être sollicitée par l’un des membres, sans que l’autre soit forcément au courant. Comme s’il s’agissait d’une surprise, d’un cadeau !

Indépendants

Monabanq leur propose le compte PratiqPro. Et la démarche recoupe assez les deux précédentes. Gommer les difficultés d’usage : en proposant d’emblée une facilité de caisse notamment. Et proposer un accompagnement, quasiment une expérience, pour les autoentrepreneurs sous le régime fiscal de la microentreprise ayant décidé de se lancer. Ceci en mettant en avant la dimension des soutiens juridiques (responsabilité civile professionnelle, protection juridique, accès  à des conseillers, assurance e-réputation). Une offre visiblement conçue sur la base d’une analyse précise des difficultés que rencontrent les autoentrepreneurs et qui – mine de rien – renouvelle assez les offres bancaires classiques avec la volonté de leur apporter comme une dimension en plus.

 

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Les banques vont-elles devoir passer du rôle de conseiller à celui d’influenceur?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La question peut surprendre mais deux exemples tout à fait différents permettent concrètement de l’envisager.

Il y a quelques mois, nous présentions le nouveau planificateur financier digital Life Plan de Bank of America. Disponible en complément de l’appli de l’établissement, Life Plan invite ses utilisateurs à définir leurs objectifs de vie et à voir comment leur donner une traduction financière à partir de leur situation propre. Sur la base des données personnelles dont elle dispose pour chaque client et qu’elle lui restitue ainsi, la banque traduit ces préférences en objectifs et formule des recommandations pour parvenir à les atteindre. Un conseil personnalisé peut alors être réalisé avec son chargé de compte pour aller plus loin.

De son côté, le groupe australien ANZ Bank a lancé un coaching financier présenté et animé par un spécialiste local du fitness, Sam Wood. Un programme de 6 semaines pour reprendre la main sur ses finances et mieux les gérer. Pour cela, différents outils sont proposés, ainsi que des encouragements et un suivi personnalisés. Mais surtout, si l’on commence dans le cadre du programme par établir son propre score, pour déterminer à quel type de profil on se rattache en matière de gestion de ses finances, on est invité ensuite à poser ses objectifs de vie, pour mieux définir les moyens de les atteindre.

Ainsi, quoique totalement différente dans les moyens, la démarche d’ANZ Bank est comparable à celle de Bank of America. Les deux approches paraissent même assez complémentaires. Et, dans les deux cas, on assiste à une évolution importante du rôle du banquier, qui passe de conseiller à influenceur. Car il ne s’agit pas seulement d’éclairer et de recommander mais d’aider et d’accompagner, de mettre en mouvement. Ceci par rapport à des objectifs financiers, correspondant aussi à des objectifs de vie, qui orientent la relation bancaire.

Traditionnellement, l’influence en matière financière s’exerçait dans un cercle très restreint : la famille et les proches. Pour le reste et pour la plupart des gens, il y avait le conseiller bancaire et seulement lui. Cette situation a bien changé : réseaux sociaux, plateformes d’échanges (voir le succès récent de Clubhouse notamment), notre sphère d’influences s’est beaucoup élargie. Des coachs financiers sont apparus en ligne – par exemple Katia Finances, en France. Et l’on peut en attendre tout à la fois des mises en mouvement, des réactions assez massives – c’est le phénomène Robinhood – en même temps qu’une évolution de l’éducation financière qui, d’apprendre à bien, à sagement gérer ses ressources, s’oriente déjà vers la découverte d’opportunités, à la poursuite d’objectifs de vie de plus en plus divers.

Car ce sont ces objectifs qui vont désormais compter le plus. Exactement comme notre rapport à l’alimentation ou au sport intègre différentes influences et s’oriente en fonction d’objectifs de santé, d’esthétique et de style de vie, n’en ira-t-il pas de même demain dans la gestion de nos finances ? Cela signifierait une réinitialisation assez complète de la relation client et les démarches ci-dessus de Bank of America et d’ANZ Bank en sont les premières illustrations.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Comment les Big Tech vont obliger les Banques à revoir profondément leurs stratégies ?[:]

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Alors que l’on parle actuellement beaucoup des GAFAM, c’est l’occasion de souligner ici comment les banques elles-mêmes sont de plus en plus dépendantes des Big Tech. Et comment cela va profondément bouleverser leurs activités.

Il y a quelques mois, en réponse à une consultation publique de la Commission européenne, la BCE a reconnu la nécessité pour elle d’appréhender et d’évaluer – particulièrement en termes de concentrations et de risques systémiques – les liens que les banques de la zone euro sont désormais à même de nouer avec des fournisseurs non-européens de services et d’infrastructures techniques en cloud.

Sont ainsi notamment désignés, sans être nommés, les Amazon Web Service, Microsoft Azure ou Google Cloud. Des plateformes à travers lesquelles les Big Tech proposent leurs propres moyens technologiques aux entreprises pour développer des services modulaires allant du stockage d’informations à des applications complexes. Et derrière le souci formulé par la BCE se devine facilement la crainte que les Big Tech n’acquièrent ainsi un savoir-faire leur permettant de concurrencer directement les banques, sans être soumises aux mêmes obligations réglementaires qu’elles.

En avril 2019, la Banque des règlements internationaux (BRI), exprimant visiblement les craintes du monde bancaire dans son ensemble, soulignait en effet que les Big Tech ont la capacité de gagner rapidement des parts significatives sur le marché bancaire. A quoi, dans sa récente communication, la BCE répond qu’elle appliquera alors strictement le principe « mêmes activités, mêmes règles ». En d’autres termes, qui développera des activités comparables à celles de banques sera soumis à la même réglementation qu’elles.

Mais est-ce bien là la question ? Les développements des Big Tech en matière d’activités bancaires, particulièrement de crédit, demeurent modestes et il semble assez clair que la volonté d’un Google n’est pas de concurrencer frontalement les banques mais plutôt de se positionner en distributeur de leurs produits et services.

Ainsi, au cours de l’été dernier, six autres banques ont été associées au compte courant Google, en plus des deux établissements déjà retenus pour son lancement. Et la diversité de ces partenaires – du mastodonte Citi à de modestes Credit Union régionaux – témoigne que Google est ouvert à de très nombreuses collaborations.

Dans le même temps, Google annonçait sa volonté de faire évoluer Google Pay en une vaste place de marché accueillant une multitude de commerces en ligne. Dans la continuité de son positionnement historique, Google veut être l’intermédiaire numéro un pour l’usage d’internet. Pour les clients comme pour les fournisseurs. Pour les banques, comme pour les autres commerces.

Pour cela, Google dispose d’un atout essentiel : mettre à la disposition de ses utilisateurs ses propres moyens technologiques. Ainsi propose-t-il désormais aux banques d’intégrer directement Androïd Pay à leurs applis mobiles et de se relier à son assistant vocal Google Home. Et c’est également tout l’enjeu des services proposés sur Google Cloud. D’ores et déjà, des établissements comme Intesa Sanpaolo ou la Deutsche Bank sont entrés en discussion avec Google pour y avoir recours. C’est-à-dire non pas seulement pour y héberger certaines de leurs applications mais, selon leurs propres dires, afin de profiter des compétences et des moyens de Google pour concevoir et développer leurs services digitaux.

Bien entendu, on pourra estimer que nous sommes naïfs. Si un acteur de la taille de Google acquiert de telles compétences, on peut juger qu’il tiendra les banques comme en tenaille, maitrisant à la fois la distribution et la production de leurs produits et services. Il lui sera alors facile de les supplanter ou même de les faire disparaitre.

Peut-être. Mais une telle vision parait un peu trop simple. Elle se nourrit d’un présupposé courant dès que l’on parle des Big Tech, dont on estime trop facilement a priori que tout ce qu’elles réalisent ne pourra à terme manquer d’aboutir et de réussir. Comme si elles étaient forcément l’avenir. Pourtant, en tentant de se diversifier, notamment dans le domaine financier, Google a enregistré un certain nombre d’échecs. Bien sûr, l’échec est tout à fait normal pour qui innove. Mais cela souligne que ce qui est ambitieux est également en général hasardeux.

Car de quoi parle-t-on exactement en fait de menace qu’un Google pourrait exercer vis-à-vis des banques ? La BRI l’exprime clairement : les Big Tech ont accès à des données clients dont les banques ne disposent pas ou qu’elles n’ont pas le droit d’exploiter, elles bénéficient de davantage de moyens technologiques pour traiter ces données, tout en disposant d’un réseau de distribution sans égal et de moyens de pression considérablement plus étendus que ceux des banques sur les emprunteurs (qui voudra être noté mauvais payeur par Google !?).

En d’autres termes, les Big Tech pourraient être bien plus efficaces et rentables que les banques, en fournissant les mêmes offres de base qu’elles. Toutefois, ceci – qui ressemble assez à ce que les grands de l’internet chinois sont parvenus à réaliser – serait soumis à de nombreux aléas. Cela suppose notamment en premier lieu que les Big Tech couvrent suffisamment le marché des paiements. Bref, tout reste à faire, de sorte que cette menace que les Big Tech pourraient représenter pour les banques n’est peut-être pas, encore une fois, la vraie question qui doit être considérée dans l’immédiat.

En revanche, de l’exemple de Google, on peut retenir trois orientations qui ébranlent dans ses fondements mêmes l’architecture des banques. La première est que ces dernières vont devoir apprendre à travailler sur des réseaux de distribution dont elles ne seront pas propriétaires. La deuxième est qu’à cet effet, elles ne peuvent compter disposer par elles-mêmes de tous les moyens de conception et de production nécessaires, ceci incluant les données clients. La troisième orientation est qu’en conséquence, les banques ne seront plus maitresses d’une partie des savoir-faire nécessaires en termes de produits, de services et de relations commerciales.

Autant dire que c’est tout le modèle classique de la banque de détail qui doit évoluer et que ce n’est que s’il n’y parvient pas que la menace des Big Tech s’exercera vraiment. Un modèle classique qui, fondamentalement, fait des banques des conservateurs de valeurs, dans leurs coffres ou leurs systèmes d’information sécurisés et qui se matérialise avant tout par l’ouverture d’un compte, dont les mouvements représentent l’essentiel de l’information client. En somme, donc, la connaissance et au-delà la relation client bancaire sont à repenser. De manière d’autant plus pressante dans le contexte d’une crise sanitaire qui accélère la digitalisation. Ce sera certainement, en matière de stratégie bancaire, le thème de l’année.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Va-t-il falloir réglementer les engagements de responsabilité sociale et environnementale des banques ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[:fr]Cela aura été l’un des derniers actes de l’administration républicaine au pouvoir ces quatre dernières années aux Etats-Unis : réglementer les engagements que les banques peuvent choisir de suivre en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE) vis-à-vis de certains secteurs. Cette disposition ne sera sans doute pas reconduite par la nouvelle administration démocrate mais la problématique n’en disparaitra pas pour autant. Elle risque en fait de s’imposer de manière de plus en plus pressante – en France, la filière de la défense a récemment saisi le gouvernement de la frilosité des banques à son égard.

Depuis plusieurs années, de nombreuses banques ont pris l’engagement de ne plus financer les énergies fossiles. Aux Etats-Unis, Bank of America ou Citi ont également annoncé des restrictions concernant le financement du secteur des armes à feu. Dès lors que l’incarcération d’étrangers en situation irrégulière a pu être dénoncée outre-Atlantique, JP Morgan Chase a décidé de ne plus financer de prisons privées. Paypal a pu interdire les paiements et fermer les comptes de personnes qu’il accuse de propager des propos haineux. Mastercard a annoncé son intention de faire de même.

Est-ce bien aux banques de décider de ce qui est légal et de ce qui est illégal ?, s’est néanmoins demandée l’administration américaine face aux refus de financement rencontrés par les secteurs de l’énergie ou des armes. Une nouvelle réglementation, finalisée tout récemment, impose ainsi aux plus grandes banques de motiver sérieusement et individuellement leurs refus de financement et donc de ne pas procéder à des exclusions sectorielles a priori. Ce qui a suscité des réactions scandalisées de la part d’associations de consommateurs, d’élus démocrates, ainsi que de la part des banques, dénonçant des pressions gouvernementales visant à leur retirer leur liberté de décision.

En fait, les banques ne sont pas tout à fait libres de leurs choix. Car si, traditionnellement, neutralité et discrétion caractérisaient l’ethos bancaire, il n’en va plus tout à fait ainsi. Vis-à-vis de leurs actionnaires et de leurs clients, comme vis-à-vis de leurs collaborateurs actuels et futurs, les banques sont de plus en plus comptables d’un risque de réputation qui inclut désormais non seulement leurs activités mais également les bénéficiaires de leurs services et financements.

Cette évolution est loin de ne concerner que les banques mais ces dernières, parce qu’elles sont à la source de financements qui sont la clé de tout, sont particulièrement et de plus en plus sous observation. Il y a deux ans, réagissant à la publication d’un rapport de l’ONG Oxfam France dénonçant des établissements financiers français « accros aux énergies fossiles », le ministre de l’Economie et des Finances annonçait immédiatement vouloir réunir les banquiers, assureurs et gestionnaires d’actifs français pour qu’ils s’engagent à arrêter tout financement des activités les plus polluantes.

Les banques, ainsi, n’ont pas vraiment le choix. Au-delà du respect de leurs obligations légales et réglementaires, leurs engagements mêmes commencent à être scrutés par l’opinion publique. C’est un fait et cela exige de nouvelles approches et de nouvelles compétences en matière d’analyses des risques et de gestion d’image. Toutefois, dès lors que le critère de légalité n’est plus seul légitime mais qu’il faut également répondre des activités en termes d’impacts collectifs et d’image, toute une casuistique ne peut manquer de se développer quant à la nature même et quant à la mesure des risques et des impacts. Est-il bien, par exemple, de financer ce qui est licite dans d’autres pays mais ne l’est pas ici ? Le gaz de schiste en fournit un exemple. Comme le nouveau marché du cannabis aux Etats-Unis. Peut-on défendre son rôle de soutien à l’économie et aux territoires et restreindre drastiquement ses engagements vis-à-vis d’un secteur de la défense dont on connait le poids économique en France, en termes d’exportation, de recherche et d’emploi ?

S’ouvre alors la perspective d’un jeu auquel, accusés, au gré des différentes parties prenantes, d’être trop ou pas assez présents, les établissements financiers seront finalement toujours perdants.

Tandis qu’un nouveau risque apparait : les banques ne risquent-elles pas en effet de se retrouver entrainées dans des mouvements d’opinions susceptibles de prendre barre sur la gestion de leurs engagements ? Car, bien entendu, si l’on refuse de financer ce qui est mal, comment peut-on refuser de financer ce qui est bien !? Si les banques sont dénoncées pour soutenir de mauvaises causes, le seront-elles moins si elles refusent de financer les bonnes ? Quitte à devoir soutenir des projets purement opportunistes ou sans logique financière saine.

Depuis quelques années, les établissements financiers décrivent très en détail leurs engagements de RSE et s’engagent à suivre une logique conséquentialiste qui évalue les impacts de leurs financements du point de vue de l’intérêt général. Cette louable démarche ne risque-t-elle pas de se révéler néanmoins un piège ? Certains n’y voyant que la volonté des établissements financiers de s’assurer qu’on les sauvera en cas de difficultés, quoi qu’il en soit et quoi qu’il en coûte. Tandis que d’autres estimeront que ce n’est pas aux banques de décider de l’intérêt général et voudront de plus en plus encadrer leur pouvoir de décision.

Alors que, comme nous l’avons signalé récemment, le public pourrait bien commencer à recevoir avec une certaine irritation les proclamations des entreprises en matière de responsabilité sociale et environnementale, dont il ne perçoit pas forcément les effets à son niveau, les banques vont devoir davantage s’interroger sur la portée générale de leurs engagements.

Score Advisor

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[:fr]Pourquoi les ventes digitales ne décollent-elles pas ?[:en]Brouillon auto[:]

[:fr][vc_row][vc_column][vc_column_text]Au terme d’une année exceptionnelle qui devait fortement les favoriser, la question ne peut être contournée. Une étude de Simon-Kucher, présentée par The Financial Brand, remet en cause un certain nombre de principes.

D’abord le tableau des pourcentages de ventes de produits bancaires par canaux pour les Etats-Unis en 2020 :

Le verdict est clair : en 2020, les ventes digitales sans contact personnel ont à peine décollé (16%). Même pour ce qui concerne les ouvertures de comptes, que les banques se sont pourtant efforcées de faciliter au maximum en ligne ces dernières années.

Quant à l’omnicanal, c’est-à-dire un parcours client associant canaux digitaux et physiques, s’il a pu représenter une piste privilégiée, il peine visiblement à convaincre (9% des ventes).

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? A suivre les commentaires de l’étude, ce sont les principes mêmes que l’on a retenus pour bâtir la banque digitale qui sont à revoir. Deux principes en fait, qui ont guidé beaucoup de développements digitaux : 1/ il est possible de tout faire ou presque en ligne et 2/ les clients vont adorer car tout sera facile. Ils vont pouvoir tout faire sans rien faire.

Certes, explique l’étude, mais peu d’actes bancaires sont en fait très faciles à exécuter. La plupart doivent tenir compte de situations particulières et suscitent ainsi un besoin de clarification et de réassurance. Cela veut dire qu’à trop simplifier on crée en fait une expérience frustrante, les clients ne trouvant pas exactement ce qu’ils cherchent. Et c’est pourquoi l’omnicanal marche mal. Beaucoup de clients ont abandonné avant d’en arriver à un relais personnalisé pour franchir les derniers mètres. En voulant tout simplifier, on rend surtout faciles les abandons ! “The downside of digital is that the customer is just one click away from giving up and saying, ‘You’ve just made this too hard for me’.

Ainsi, la « banque en trois-clicks » est sans doute un idéal contreproductif. En ce sens, l’étude plaide pour que la dimension humaine ne soit pas sacrifiée et que la dimension de contact personnel soit introduite dans les applis elles-mêmes. C’est effectivement la perspective qu’ouvre notamment le video banking, dont nous avons signalé récemment les premiers développements en France.

Il conviendrait encore d’y ajouter une autre perspective propre à la banque digitale, qui n’apparait pas dans le graphique ci-dessus : ce que l’on nomme « la banque invisible » qui, comme dans le modèle du crédit à la consommation, se niche dans l’activité de tiers. On ne le réalise sans doute pas assez mais c’est ainsi, pour prendre un exemple, que les cagnottes en ligne sont en train de devenir un nouveau mode d’achat, partagé à plusieurs, proposé par des sites tout à fait extérieurs à la banque et qui pourra trouver des prolongements de crédits, etc.

Le développement des ventes numériques suppose donc également que l’on soit attentif aux nouveaux usages que le digital rend possibles ou simplifie.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][:]

La bourse joue-t-elle à la disparition des banques ?

[vc_row][vc_column][vc_column_text]En dix ans, l’Euro Stoxx Banks (l’indice boursier des banques européennes) a perdu plus de la moitié de sa valeur. A ce compte, les banques ne vaudront bientôt plus rien ! Et si cette perspective était déjà intégrée dans les cours ?

Avec le tabac et l’automobile, la banque est l’un des secteurs les plus mal-aimés en bourse et donc l’un des moins chers. Fin 2019, les actions de groupes bancaires européens se payaient en moyenne 9 fois les bénéfices et la taille n’y changeait rien. Pour les principales banques d’Europe, le price-to-book (le ratio capitalisation/actifs) était inférieur à 1. Par contraste avec les principaux établissements américains et témoignant d’une sous-valorisation à la fois criante et croissante.

Pour la bourse, en effet, les perspectives de rentabilité des banques étaient inévitablement faibles dans un contexte de croissance molle et de taux très bas. Fin 2019, la seule marge de manœuvre paraissait consister en réductions de coûts – lesquelles auraient dues être particulièrement drastiques alors que les banques devaient par ailleurs investir dans le digital, affronter la concurrence de nouveaux acteurs et répondre à des exigences réglementaires (Bâle IV) toujours accrues.

A défaut d’être des valeurs de performance, ainsi, il ne restait plus aux banques européennes que d’apparaître comme des valeurs de rendement. Aussi distribuaient-elles significativement plus de leurs résultats à leurs actionnaires que leurs consœurs américaines… avant que cela ne leur soit interdit avec la crise sanitaire.

Autant dire que l’année 2020 n’a rien arrangé ! Malgré un rebond au dernier trimestre (dont on peut se demander ce qui le justifie !), l’Euro Stoxx Banks a continué à plonger sur l’ensemble de l’année :

Où cela mène-t-il ? A quoi joue la bourse ? Si les perspectives de rentabilité sont suspendues à la croissance et à la remontée des taux, alors l’année s’annonce fort mal ! D’autant que pointe la hausse considérable des risques engendrés par la pandémie (voir ici ou ici).

Depuis quelques mois, on attend des concentrations bancaires. Rien de très important n’est apparu cependant et tandis que le rapprochement Caixa/Bankia s’est effectivement engagé, celui entre BBVA et Sabadell a rapidement tourné court.

Dans un tel contexte, seules en fait des restructurations – c’est-à-dire la disparition/absorption de certains grands établissements – permettraient de relancer la rentabilité. Par assèchement de l’offre et restauration des marges. Les investisseurs n’y pensent peut-être pas mais c’est tout comme !

Et les banques ? Beaucoup n’épousent pas les visions des analystes de marché qui, effectivement, paraissent assez décalées par rapport à la réalité. Parce que la rentabilité de nombreux établissements demeure tout à fait confortable. Parce que les risques sont bien encadrés. Et parce que cette menace de nouveaux acteurs que l’on agite depuis vingt ans ne s’est finalement jamais vraiment concrétisée. C’est pourquoi les projets de rapprochement peuvent rapidement buter sur les prix. Les établissements ne sont pas aux abois.

Pour autant, si la bourse ne perçoit pas de relais de rentabilité dans la banque, quel discours les banques peuvent-elle lui opposer ? Depuis plus d’une décennie, les banques ont commencé à beaucoup se transformer mais ni elles ni de nouveaux acteurs n’ont réellement découvert de sources importantes et innovantes de revenus. Ni aucune manière d’augmenter de manière significative la rentabilité de leurs activités courantes. Au contraire, les nouveaux acteurs ont comme institutionnalisé le fait de travailler à perte et, avec leurs offres de bienvenues, les banques classiques paient de plus en plus chers leurs nouveaux clients.

Des analyses boursières, il ne faut sans doute pas attendre de jugements subtils ou pondérés (ni même très bien informés – que d’approximations n’entend-on pas sur les sites de bourse !). Mais si l’on considère que l’effet immédiat le plus délétère de la crise pour les banques est de les avoir plongées dans un attentisme généralisé pour tout ce qui ne concerne pas les urgences courantes, ces visions boursières peuvent avoir pour vertu, en ce début d’année, de remettre les banques en mouvement.

 

 

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Le mécanisme européen de stabilité au secours des banques[:]

[:fr]Les Ministres des finances de la zone euro sont tombés d’accord pour renforcer le Mécanisme européen de stabilité (MES) et lui permettre, en cas de grave crise bancaire, d’intervenir en dernier recours. L’accord a été salué comme une « étape cruciale » dans la construction de l’Union bancaire européenne par Paschal Donohoe, le Président de l’Eurogroupe. En quoi ? Si les médias soulignent également une avancée européenne importante, ils ne disent guère en quoi elle consiste. Quelques lignes d’explication s’imposent donc car cet accord est effectivement important.

Bien entendu, il faut le comprendre dans le contexte actuel de crise qui va se traduire inévitablement par des défaillances d’entreprises, lesquelles vont impacter la santé des banques. Actuellement, si certains secteurs sont déjà gravement touchés, on n’appréhende encore exactement ni l’ampleur de la casse pour les banques, ni le moment où elle pourra survenir. Mais, quoi qu’il en soit, des défaillances de banques sont envisageables et, pour y faire face, quel dispositif européen peut-il être mobilisé ?

Un Mécanisme de résolution unique, qui instaure une supervision européenne au sauvetage des banques. Il s’appuie sur un Fonds de résolution unique correspondant à 1% des dépôts collectés par les établissements de la zone euro. Autant dire rien du tout ! A peine 55 milliards € (le fonds n’a pas encore été totalement rempli à cette hauteur selon le calendrier qui lui avait été fixé), abondés par les établissements eux-mêmes (afin que la charge des défaillances ne soit pas directement supportée par les contribuables européens comme ce fut le cas suite à la crise de 2008).

Quelle utilité pourrait avoir un fonds aussi faiblement doté face à la défaillance d’établissements dont la taille des actifs, pour les plus importants d’entre eux, peut dépasser le PIB de leurs propres Etats ? Il avait donc été prévu que le MES puisse intervenir en complément, au moins le temps que le fonds soit constitué et c’est cette intervention possible qui a été entérinée et renforcée lundi, à travers un filet de sécurité que le MES pourra mobiliser en appui des interventions du Mécanisme de résolution unique.

Cet appui, toutefois, ne pourra intervenir qu’en dernier recours, si le Conseil de résolution unique n’est pas en mesure de compléter ses moyens propres d’une autre manière – entendez : en mobilisant la Banque centrale européenne, dont les interventions de type LTRO en appui des banques ont déjà prouvé leur efficacité.

A vrai dire, les moyens dont dispose la BCE sont si importants et sa volonté de les utiliser le cas échéant fait si peu de doute qu’on peut se demander si la contribution possible du MES n’est pas plus symbolique que véritablement utile. Et c’est ici qu’une explication de texte est nécessaire.

Souvent présenté comme une sorte de FMI européen et constitué à l’issue de la crise grecque, le MES a été mis sur pieds pour faire face à la défaillance possible des Etats européens et non uniquement des banques. Dans le contexte actuel, qui a vu dangereusement bondir l’endettement de plusieurs pays, dont la France, la mobilisation du MES reconnait ainsi – sans le dire explicitement  – que la dégradation de la cote de confiance des Etats représente l’un des principaux (sinon le principal) risques qui pèsent sur des établissements financiers porteurs (notamment du fait de la réglementation bancaire) de très conséquents portefeuilles de dettes souveraines. On en parle pourtant assez rarement…

L’autre novation entérinée par l’accord tient au fait qu’une intervention en dernier recours pour sauver des établissements consisterait le plus probablement en une recapitalisation. Or celle-ci, donnant potentiellement aux créanciers de dernier recours le contrôle des établissements eux-mêmes, aura désormais lieu sous une supervision européenne et non plus selon de seules initiatives nationales, comme cela fut le cas en 2008. Une supervision exercée par le MES, au sein duquel trois pays – l’Allemagne, la France et l’Italie – disposent d’un droit de véto.

Une crise grave comme celle de 2008, si elle survenait dans les années qui viennent, pourrait ainsi ouvrir la possibilité de recomposer de manière significative et stratégique le paysage bancaire européen. Cela méritait d’être souligné.

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[:fr]L’utilisation de l’IA se généralise dans les banques mais les résultats ne suivent pas[:]

[:fr]Depuis quelques mois, plusieurs études signalent la montée en puissance, accélérée par la crise sanitaire, des solutions d’intelligence artificielle dans les banques. Avec des résultats pour le moment décevants.

Selon cet article de Forbes, qui fait le point sur la question, 70% des établissements financiers dans le monde (les banques d’investissement les premières) utilisent l’apprentissage automatique pour prédire les événements de trésorerie, affiner les scores de crédit et détecter des fraudes. Et l’IA est de plus en plus utilisée pour améliorer la personnalisation des offres, la communication et l’engagement avec les clients. En ce sens, 86% des dirigeants de services financiers prévoient d’augmenter leurs investissements liés à l’IA jusqu’en 2025.

Certes, la réduction des coûts de traitement est également un objectif très important. Mais le recours à l’IA est loin de s’y limiter. En fait, une dynamique propre s’est créée avec le développement de la banque digitale, qui génère de grandes masses de données dont l’exploitation nécessite la détermination d’algorithmes d’apprentissage automatique. Dès lors, 33% des entreprises de services financiers nord-américaines prédisent que l’IA changera leur façon d’innover,  leur permettra de lancer de nouveaux produits et services (31%) et de pénétrer de nouveaux marchés (27%).

Une ombre de taille obscurcit pourtant ce brillant tableau. Dans The Financial Brand, Jim Marous commente notamment une étude de la MIT Sloan Management Review et du Boston Consulting Group selon laquelle seulement 11% des entreprises qui déploient l’IA en tirent des avantages financiers significatifs. Pour l’essentiel en termes de réduction des coûts de back office.

Pour Jim Marous, cette déception s’explique par le fait que l’IA est encore trop utilisée pour réduire les coûts par automatisation des process, tandis que l’interaction hommes/machines, notamment en termes d’apprentissages réciproques, n’est pas assez opérationnelle. Disposer de données de qualité, de bons datascientists et de la technologie la plus moderne ne suffit pas si l’on ne sait pas susciter suffisamment d’occasions pour que le plus grand nombre de collaborateurs les utilisent et si les procédures ne sont pas remodelées en conséquence.

C’est certainement une explication valable mais une autre piste doit également être explorée. Selon l’article de Forbes, la satisfaction des clients est la mesure la plus importante pour mesurer le succès d’une stratégie d’IA dans les services financiers aujourd’hui – avant la réduction des coûts (sauf en Europe).

Justement, le site MoneyVox vient de publier ses Trophées de la Banque – Qualité 2021. On y découvre notamment sur le podium de la satisfaction client :

Bien entendu, ce genre d’enquêtes de satisfaction n’est pas sans biais, ce qui les fait parfois nommer « enquêtes d’autosatisfaction » (outré par la manière dont votre banque vient de vous traiter, vous avez peut-être décidé d’en changer mais vous êtes bien obligé de reconnaitre que ses agences ouvrent à l’heure, que vos virements sont passés à bonne date, etc.). Toutefois, le peu de différences quant aux taux de satisfaction entre les différents lauréats ci-dessus – particulièrement entre les banques classiques et les banques en ligne – est frappant. C’est l’indice d’un marché où les offres sont peu différenciées et le niveau d’exigence des clients finalement assez peu élevé.

Dans une telle configuration, les opportunités de résultats sont faibles – et l’automatisation des process peut jouer dans le sens d’une uniformisation encore plus forte – sauf à créer une différence en haussant le niveau d’exigence du public, en lui délivrant une ou des facilités réellement nouvelles et importantes qu’il exigera bientôt.

L’IA peut sans doute y contribuer et tout le monde parle à ce propos de personnalisation des offres. Tout le monde le dit mais qu’est-ce que cela veut dire ? S’agit-il de personnaliser sur-mesure les produits, les services ? Dans l’univers financiers, une telle démarche ne peut que rapidement atteindre ses limites. S’agit-il d’offrir des conditions particulières, tenant compte de l’antériorité de la relation, des spécificités de situation et de profil ? Sans doute. La personnalisation peut-elle ne pas concerner la tarification ? C’est certainement un aspect où les capacités analytiques et prédictives de l’IA peuvent être particulièrement utiles pour assister les relations commerciales – dans le sens d’interactions fécondes hommes/machines comme le préconise Jim Marous.

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