[:fr]Actualités[:en]Blog[:]

[:fr]La stratégie des acteurs du paiement fractionné (bnpl) se dessine désormais clairement[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Normalement, le paiement intervient à la fin du parcours d’achat. Mais, bien entendu, la possibilité de payer en plusieurs fois peut être décisive quant au choix des achats et des magasins. La stratégie des principaux acteurs du paiement fractionné consiste actuellement à en profiter.

Cette stratégie fait donc de l’accord de facilités de paiement un simple canal d’acquisition de clients, pour fidéliser ensuite ces derniers en orientant leurs achats à partir des données collectées au passage : préférences d’achat, marques favorites, distributeurs chez lesquels ils pourront bénéficier de cashbacks.

A terme, les acteurs du paiement fractionné visent ainsi à devenir des plateformes de ventes et, par là-même, des centrales de publicité. C’est chez Affirm et chez Clearpay (Afterpay) que cette orientation est actuellement la plus nette (tandis que Klarna, par exemple, reste davantage tourné vers les vendeurs) :

La première étape consiste à proposer une carte de paiement, comme Clearpay. Klarna vient ainsi de lancer la sienne au Royaume-Uni. Affirm propose de son côté une carte virtuelle ainsi que de payer via Google Chrome.  Zip est sur Google Pay et Apple Pay. Dans tous les cas, il s’agit de développer un moyen de paiement universel, utilisable chez des vendeurs qui ne proposent pas forcément des solutions de paiement fractionné. Il s’agit de s’affranchir de l’acceptation des vendeurs pour s’adresser directement aux consommateurs.

La deuxième étape consiste à monter un super-store. Cela passe par une superapp, chez Affirm, comme chez Klarna. Zip s’en approche également.

Ces développements vers le one-stop shopping sont souvent vus comme inspirés par les modèles d’Alipay et de WeChat. En fait, ils semblent bien davantage répondre à un enjeu de différenciation vis-à-vis des banques. Car si celles-ci peuvent très bien se déployer dans les paiements fractionnés, comme extension du crédit à la consommation, elles hésiteront bien davantage à se transformer en superstores – Barclays, par exemple, a plutôt choisi de passer par Amazon UK. Du moins pour les établissements les plus classiques car certains nouveaux acteurs, comme Paypal ou Revolut, sont tentés de relever le défi.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Que signifie exactementle rapport « décomplexé » à l’argent que l’on signale aujourd’hui chez les plus jeunes ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La Banque de France a récemment publié les résultats de son Enquête sur la culture financière du grand public, menée à l’été 2021. Les constats se veulent positifs et rassurants. Par rapport à l’année précédente, en effet, le nombre de Français déclarant avoir du mal à joindre les deux bouts (39%) a nettement baissé (47% en 2020). Cependant, la moitié des sondés estiment que leur situation financière limite leur capacité à réaliser des projets qui comptent pour eux. « Les Français sont très impliqués dans la gestion de leur budget », se félicite la Banque de France : 77% consultent au moins une fois par semaine le solde de leur compte courant. Mais seulement 37% ont une idée précise de leurs dépenses mensuelles. La plupart naviguent à vue ainsi, avec beaucoup d’incertitudes.

Un thème l’illustre particulièrement : la retraite. Peu de Français (6%) dans l’ensemble se soucient de la préparer. C’est une caractéristique forte par rapport à d’autres pays et l’on ne sait d’ailleurs, compte tenu de la situation financière d’une large partie des Français, comment ils pourraient y faire face. Pourtant, seulement 37% sont confiants quant à son financement à terme et 28% ne savent pas !

Ainsi, par rapport à leur situation financière, le manque de clairvoyance de beaucoup de Français est patent. D’autant plus qu’il s’accompagne de difficultés assez incroyables à maitriser de simples questions arithmétiques. Sur ce que représente un taux d’intérêt, il faut que les répondants aient plus que le bac pour atteindre plus de 60% de réponses justes. Et quant à l’impact de l’inflation sur une somme épargnée, 44% des Français ne le comprennent pas bien, dont 65% des 18-24 ans.

Situation financière tendue, manque de clairvoyance et manque de confiance (seuls 32% des Français pensent que leur argent est en sécurité dans une banque !), quelle peut être l’issue d’une situation que ces termes semblent caractériser pour beaucoup de Français ? La réponse est à chercher chez les plus jeunes.

Si l’on compare en effet, dans l’enquête de la Banque de France, les réponses des 18-24 ans par rapport à l’ensemble des Français, les principaux écarts portent sur une sorte « d’esprit de débrouille », tenant à la volonté de s’en sortir, quels qu’en soient les moyens et quitte à prendre des risques.

Les plus jeunes paraissent ainsi nettement plus affranchis de certains scrupules – certains diront qu’ils ont un rapport à l’argent plus « décomplexé » – que leurs ainés. Est-on obligé de rembourser un emprunt ? Les Français répondent oui à 79% ; les 18-24 ans à 63%. Parmi l’ensemble des répondants, 66% déclarent tenir à rester honnêtes. Le pourcentage peut paraitre assez faible. Il n’est que de 52% chez les plus jeunes. Si un commerçant vous donne trop d’argent en vous rendant la monnaie, allez-vous le lui dire ? Les Français répondent non à 31% et à 45% chez les 18-24 ans.

Parallèlement, il y a la part du rêve. Pour soulager leurs difficultés financières, 25% des Français et 36% des plus jeunes ont recours… aux loteries et jeux d’argent. On pense également à la spéculation sur les crypto-devises. Cependant, la France a été bien moins touchée par le phénomène que les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Pourtant, la tentation est sensible et c’est sur ce point que les écarts entre l’ensemble des Français et les plus jeunes sont les plus élevés. Mi-2021, était-ce le bon moment pour investir dans les cryptos ? Seulement 17% des Français répondaient oui mais 44% des 18-24 ans.

Un tel écart est si frappant qu’il mérite qu’on lui prête attention. En fait, il faut le rapporter à un autre, tout aussi significatif. Traditionnellement, les Français n’aiment pas parler de la gestion de leur argent, même avec leurs proches. Ils ne sont que 22% à le faire. Mais, chez les 18-24 ans, le pourcentage atteint 37%. Pourquoi faut-il rapprocher ce chiffre de l’attrait pour les crypto-devises ? Parce qu’en l’occurrence, l’initiation à ces dernières et les décisions d’achats interviennent majoritairement à travers les réseaux sociaux. Au Royaume-Uni, où le phénomène a connu une plus large ampleur qu’en France, une enquête de la Financial Conduct Authority a montré que 58% des décisions se prennent via les réseaux sociaux.

Mais l’enquête britannique va plus loin : elle montre que l’attrait pour les crypto-monnaies est dans 76% des cas porté par une véritable compétition entre ceux qui y investissent et qui échangent sur les plateformes sociales.

En somme, chez une large partie des plus jeunes, une situation financière morose et sans vraies perspectives alimente une volonté de s’en sortir qui fait sauter certaines barrières et qui est d’autant plus vive qu’elle est entretenue par un double phénomène émergent d’influence et d’émulation entre pairs. Ce qui, par rapport à la gestion de ses finances, représente un phénomène si nouveau que la Banque de France n’a même pas pensé à l’aborder dans son enquête.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]En 2022, la vraie bascule des banques sur les réseaux sociaux ? [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Selon les dernier rapport annuel de Hootsuite, 5 tendances majeures vont s’exercer sur les réseaux sociaux en 2022 :

  • Grâce aux créateurs de contenu, les marques vont enfin arriver à créer leurs propres communautés.
  • Les consommateurs exigeront des marques qu’elles fassent preuve de plus de créativité en matière de publicités sur les médias sociaux.
  • Les réseaux sociaux ne seront plus l’affaire du seul marketing, les Directions se soucieront de renforcer les programmes d’employés ambassadeurs et de maitriser le social listening.
  • Les médias sociaux seront de plus en plus la nouvelle interface du commerce en ligne et de l’expérience client.
  • Offrir un excellent service client sur les réseaux sociaux sera le meilleur marketing des marques.

Bien entendu, les banques n’y échapperont pas et certaines commencent déjà à montrer comment faire pour créer des communautés d’influence et de confiance. Notamment sur TikTok, avec son nouveau format vidéo de trois minutes :

  • Lancée en 2019, la Parisienne Vybe, néo-banque visant les 13/17 ans, a fédéré plus de 60 000 followers sur ses réseaux, tout en générant 400 000 impressions sur TikTok.
  • Sur TikTok, BBVA diffuse des tutoriels généraux (non bancaires), en insistant sur la thématique du développement durable. Puis saupoudre le résultat d’un zeste d’originalité.

Enfin, il faut souligner la stratégie de La Poste dans le marketing digital. Après TimeOne Group en juin, le groupe vient d’acquérir CyberCité, agence spécialisée dans le search marketing et le social media. Les deux vont rejoindre Isoskèle, la filiale digitale de La Poste. « CyberCité a une très bonne connaissance des audiences Web, explique La Poste dans une interviewCela va nous permettre de comprendre ce qui motive une cible spécifique, avant d’imaginer des dispositifs marketing et média qui lui sont consacrés« . « L’objectif, c’est d’être dans le top 3 des agences de communication digitale d’ici deux ans« Il sera particulièrement intéressant de suivre quelles applications cette démarche pourra trouver pour les activités de la Banque postale.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Vers l’agence bancaire virtuelle ? [:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Quelles nouveautés du côté des agences bancaires ?

Peu de choses vraiment nouvelles !

Des perspectives de fermetures – 15% du parc actuel d’ici 2024, selon SIA Partners – qui ne surprennent plus et qui paraissent en fait en-deçà de la réalité. A l’heure où HSBC France a cédé son réseau d’agences pour… un euro symbolique.

Quelques initiatives. Citibank ouvre un flagship à New York, qui semble avoir plusieurs années de retard (voir néanmoins les explications du CEO).

Il en va de même avec la Caixa, qui renouvelle ses locaux à Ibiza : 1 500 m2 consacrés à l’accueil, déballage d’écrans et de bornes sans contact…

Rien de vraiment nouveau, non plus, avec l’expérimentation de BNP Paribas visant à mieux répartir ses clients au sein d’agences différenciées, par tranches de revenus, pour améliorer la qualité de service et mieux répondre aux besoins distincts des clients (voir cet article). Il y a déjà quelques années, HSBC avait tenté une expérience semblable au Royaume-Uni. Mais, comme nous l’avions alors signalé sur ce blog : l’agence pour les riches ne marche pas !

Beaucoup plus intéressante, l’initiative (lancée en 2018 mais étendue récemment) du Crédit Agricole Franche-Comté proposant (en collaboration avec la préfecture) à tous les habitants du Département du Doubs d’accomplir leurs démarches administratives en ligne (demande de carte grise ou de permis de conduire, inscription à Pôle Emploi, dépôt de dossier pour l’obtention d’une carte d’identité ou d’un passeport, …) dans une vingtaine d’agences, avec l’assistance de conseillers spécialement formés. Près de la moitié des personnes poussant ainsi la porte des agences pour profiter de ce service ne seraient pas clientes (voir cet article).

Enfin, cet intéressant article de The Financial Brand signale le développement de nouvelles agences virtuelles.

Portée par la vogue des outils collaboratifs à distance depuis le début de la crise sanitaire, cette solution est finalement bien plus commode à mettre en place, pour les banques, que le video banking.  Et cela ne fait que souligner, ce que nous signalons par ailleurs, que si les agences bancaires physiques ont encore vraiment un sens aujourd’hui, c’est surtout pour mettre en avant et en soi, comme un canal privilégié, le contact direct.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Quelle actualité des chatbots bancaires ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

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Il y a quelques semaines, un article dressait un constat très désenchanté quant à la performance et quant à l’utilité des chatbots bancaires. Pourtant, selon l’Observatoire des services clients de BVA, les chatbots représentent le seul canal émergent (Livechat, messagerie mobile ou réseaux sociaux, …) qui progresse réellement, ayant représenté 23% des interactions avec les services clients en moyenne en 2021, contre 19% en 2020.

Pour 2022, les tendances annoncées sont les suivantes :

  • Une association de plus en plus forte des chatbots avec l’IA, qui va devenir majoritaire.
  • Tout en demeurant largement publiés sur des sites web, les chatbots vont de plus en plus migrer sur SVI-Callbots, Google Business Messages & Whatsapp.
  • Ils vont de moins en moins être dédiés à l’assistance et au support et de plus en plus aux ventes.

Traduction immédiate dans le domaine financier : Stripe et Botnation annoncent développer de concert un module de paiement par carte bancaire (voir avec des cryptos) sur Whatsapp. Deux tendances se croisent ici : les chatbots vont permettre de réaliser directement des transactions bancaires et l’on va de plus en plus pouvoir passer des commandes et payer sur des réseaux sociaux comme Whatsapp (Casino va le permettre pour les membres de son club LeaderPrice).

On peut donc prévoir une évolution des chatbots bancaires qui, pour le moment, sont surtout dédiés à des tâches d’assistance et d’information (Sobot de Société Générale), de support interne pour les forces de vente (ARI de BNP Paribas, Caesar de Crédit Agricole) ou les deux (Floa Bank).

Première étape : les réseaux sociaux. Parmi les « 7 chatbots qui font la différence », Relation Client Mag. retient une seule référence bancaire, Kodi de Bank of Africa, un assistant désormais disponible sur Whatsapp.

Score Advisor

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[:fr]Grandes manœuvres dans la finance digitale chinoise[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]En novembre 2020, Pékin interrompait brutalement et sans donner de motifs l’introduction en bourse, à Shanghai et à Hong-Kong, d’Ant Group, la filiale financière d’Alibaba et la maison-mère d’Alipay, la super-app du paiement mobile, devenue le véritable modèle de la finance digitale avec sa concurrente WeChat, de Tencent. A la suite de cet événement, Jack Ma, le fondateur d’Alibaba et sans doute le milliardaire chinois le plus médiatisé, disparaissait pendant trois mois. Depuis, il fait pour le moins profil bas.

Et depuis, Ant Group a été sérieusement reprise en mains par la People’s Bank of China (PBOC). Soumise désormais à un statut d’établissement bancaire, Ant Financial a fait l’objet de mesures de contrôle renforcées en matière de lutte anti-blanchiment et de lutte contre le terrorisme. Et elle vit sous la menace de dispositions antitrust, qui ont déjà précipité l’éclatement de ses différentes activités de prêt. Quant à Alipay, il pourrait subir un démantèlement.

Tout cela ne saurait laisser croire cependant que WeChat ou Alipay, vivaient jusqu’ici leur vie sans proximité avec l’Etat. Il suffit de rappeler qu’avec sa solution de scoring Sesame Credit, Ant Financial est directement à l’origine du système de crédit social chinois. Mais, justement, moins flexible que les responsables de Tencent, plus critique également à l’égard du système financier national, Jack Ma semblait vouloir se garantir une certaine indépendance. Au moment même où la PBOC avait particulièrement besoin des solutions financières qu’il a su développer – notamment en matière de services gérés sur blockchain, avec AntChain.

Ces dernières semaines, Pékin a clairement annoncé son intention de rendre illégales et de pénaliser toutes les transactions sur les crypto-monnaies. Ce n’est pas la première fois sans doute et, déjà, les « fermes » de minage ont été interdites dans plusieurs provinces. Seulement, cette fois-ci, le lancement assez prochain d’une crypto-devise nationale se profile – un yuan numérique réglementé et garanti par l’Etat.

Nous avons déjà rendu compte des débats que suscitent les monnaies numériques de banques centrales. Nous avons souligné que leur utilité réelle pose de sérieuses interrogations et que, sur le modèle des cryptos-monnaies existantes, la véritable novation consisterait – ce qui n’est qu’une option – à doter les banques centrales de la capacité de suivre, dans le détail, sur une blockchain fermée, toutes les transactions réalisées avec ces nouvelles monnaies, bientôt substituées aux anciennes. Comme si tous les comptes bancaires existants étaient remontés au niveau des banques centrales, qui les administreraient. Celles-ci acquérant dès lors des capacités totalement nouvelles de surveillance et d’intervention vis-à-vis des particuliers et des entreprises.

Nous l’avons dit, par rapport à la mise en place de monnaies numériques, une telle hypercentralisation n’est qu’une option. Mais c’est visiblement celle qu’a choisie le gouvernement chinois.  Dès lors, quels sont ses principaux enjeux ? 1/ Pour mieux imposer le nouveau yuan, éviter l’évasion monétaire en interdisant les autres crypto-monnaies. 2/ Donner une dimension internationale au yuan numérique. Un Joint-Venture vient justement d’être monté entre Swift et le Chinese Central Bank’s Digital Currency Research Institute & Clearing Centre. Enfin, 3/ récupérer les données de comptes et particulièrement de scoring de crédit (qui alimentent les algorithmes de crédit social) que recueillent les deux principaux acteurs des paiements digitaux chinois Alipay et WeChat. Il est prévu, ainsi, qu’Ant Group partage ses données au sein d’une coentreprise qui sera en partie, directement et indirectement, détenue par l’Etat.

Nous assistons ainsi sans doute à la mise en place, en Chine, d’un système totalement inédit à travers lequel la Banque centrale tiendra – au sens propre ! – les cordons de la bourse de chacun. En regard, quelles options seront-elles choisies en Occident ?

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]A l’issue de la crise, quelle recomposition attendre du paysage bancaire?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans sa Global Banking Annual Review 2021, le cabinet international de conseil McKinsey nous donne une nouvelle version, bancaire, du combat des Anciens contre les Modernes. Une partition qui a beaucoup été jouée depuis plus de dix ans. Un air connu : les banques classiques vont être supplantées par de nouveaux acteurs plus innovants (les fintechs) ou se diversifiant dans les services financiers (les Big Tech). Pourtant, l’examen même des nombreuses données rassemblées par McKinsey ne permet plus d’y croire. Il est temps de changer de disque.

L’argumentaire que développe le cabinet repose essentiellement sur le constat que, fondées sur un modèle économique très consommateur en capital, les banques classiques, voyant leur rentabilité régulièrement s’erroder, ont de plus en plus de mal à supporter le coût de leurs fonds propres. Tandis que pointent, sur leurs marchés, de nouveaux acteurs souvent spécialisés (notamment dans les paiements) et bien moins gourmands en fonds propres, parce qu’ils n’entrent pas dans le cadre des exigences réglementaires.

Cet argumentaire n’a rien de nouveau et, il y a dix ans, les perspectives paraissaient beaucoup plus claires : les banques classiques semblaient irrémédiablement condamnées. Il est bien plus difficile de le soutenir aujourd’hui.

Au cours de la crise sanitaire, en effet, les banques ont fait preuve d’une forte résilience. Non sans aides publiques certes mais d’une manière bien plus vigoureuse qu’attendue. Le tournant numérique, que la crise a favorisé chez leurs clients (un « tournant » que l’on a sans doute tendance à surestimer d’ailleurs) ne les a ni disqualifiées, ni détrônées.

Cependant, depuis deux ans, un autre phénomène est intervenu : le surfinancement de certaines fintechs. Il permet à quelques-unes d’entre elles d’être bien mieux valorisées désormais que des banques classiques de premier rang, ainsi que d’acquérir une stature internationale ou, aux Etats-Unis, de commencer à sérieusement concurrencer les plus grands établissements en nombre de clients.

D’un côté, donc, des banques toujours bien campées sur leurs positions. De l’autre, des licornes conquérantes. Tout semble en place pour un combat final… qui n’aura pas lieu.

Toute l’analyse de McKinsey et son calcul de coût des fonds propres repose sur le parcours boursiers des principales banques. Lequel s’est redressé mais demeure assez peu flatteur, les banques offrant un profil de rentabilité « décent mais peu attractif ». En regard, les fintechs attirent massivement les investisseurs. Et cela se prolongera à terme en bourse, prédit de manière intéressante McKinsey, car la richesse est en train, avec l’âge, de changer de mains, passant des boomers et de leurs ainés, à la génération X et aux Millenials, qui ont d’autres critères d’appréciation en matière de services financiers.

De fait, à terme, la question de la nécessité d’une présence en bourse pour un certain nombre de banques se posera sans doute. Mais quand, quelques pages du rapport plus loin, on découvre que dans les pays les plus avancés, les fintechs ont su capter 30% et plus de la clientèle, tout en ne réalisant que 5% au mieux des revenus bancaires globaux, la faveur dont elles bénéficient actuellement de la part des investisseurs ressemble tout simplement à une bulle – certains observateurs n’hésitent d’ailleurs plus à le dire.

En tous cas, ces chiffres invitent à formuler un diagnostic sensiblement différent de celui que livre McKinsey. La rentabilité des banques classiques s’affaisse mais les nouveaux acteurs sont encore moins rentables. Ni les uns ni les autres n’ont su en fait renouveler le modèle économique bancaire. Balle au centre !

D’ici 2025, McKinsey prédit un ROE bancaire moyen entre 7% et 12%, pour un coût des fonds propres de 10%. Or ce que cela annonce n’est pas un combat des Anciens contre les Modernes mais un paysage beaucoup plus éclaté, au sein duquel certains établissements – nouveaux mais aussi anciens – distanceront de plus en plus les autres.

Que voit-on d’ailleurs, d’ores et déjà ? Des banques d’affaires se déployant dans la banque de détail (Goldman Sachs). Des banques classiques tentant de réinventer la banque de détail (JP Morgan Chase) et d’autres délaissant de plus en plus ce marché (HSBC). Des acteurs technologiques créant de nouveaux réseaux de distribution financiers, ainsi que des partenariats à travers le cloud, plutôt qu’ils ne se substituent aux banques (Google, Amazon). De nouveaux acteurs de la banque de masse gagnant immédiatement une stature internationale avant de se diversifier (Klarna). Les variables boursières ne suffisent pas pour réaliser ce qu’il est en train de se passer.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]La mutualisation des risques et des coûts dans les banques est-elle promise à disparaitre ?[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Faut-il permettre, dans le cadre d’un crédit immobilier, de changer à tout moment d’assurance-emprunteur (laquelle est le plus souvent exigée pour l’obtention d’un crédit) ? Au-delà de son caractère technique et particulier, la question soulève de manière décisive une réalité bien plus générale et beaucoup trop ignorée.

Depuis 2010, plusieurs dispositions ont obligé les banques à ouvrir à la concurrence l’assurance-emprunteur liée aux crédits immobiliers. Les contrats peuvent ainsi aujourd’hui être résiliés annuellement. Or, le mois dernier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi autorisant la résiliation infra-annuelle, donc à tout moment, de l’assurance emprunteur.

Quel est l’enjeu d’une telle disposition ? Les promoteurs de la loi parlent du respect du consommateur et avancent qu’il s’agit là d’une mesure de pouvoir d’achat qui ne coûte pas un euro à l’Etat.

Vraiment ? Il est estimé que la mesure pourrait engendrer pour les emprunteurs des économies allant de 5 000 à 15 000 € sur la durée totale des contrats. Soit, rapportée à la durée moyenne des prêts, une économie de 250 à 750 € par an, ce qui peut sembler une restitution de pouvoir d’achat assez symbolique par rapport à l’acquisition d’un bien immobilier.

En fait, l’enjeu concerne bien plus sérieusement les banques et les assureurs. Les banques ont bien entendu tout intérêt à vendre aux emprunteurs une assurance, dont on les accuse de surfacturer les primes. Tandis que les assureurs pourraient, eux, mettre plus largement la main sur un marché de 7 milliards €.

Qui croire ? Avant d’entrer dans le débat, il parait important de bien comprendre les arguments des banques en l’occurrence.

Elles estiment, en effet, que la possibilité d’une résiliation permanente conduira à une démutualisation des risques, avec une couverture à la carte qui aboutira à surenchérir les primes pour les moins favorisés. L’argument a été balayé par les députés. Pourtant, même si cela n’est pas facile à faire admettre en France, en l’occurrence, les banques pourraient bien avoir raison !

Mais encore s’agit-il de bien entendre ce qu’elles disent. Car que signifie cette « mutualisation des risques » ? Tout simplement que les meilleurs risques paient pour les moins bons, lesquels accèdent ainsi plus facilement au crédit !

Pour le marquer (mais sans exactement le dire) le Crédit Mutuel a récemment pris une initiative inattendue : supprimer les questionnaires médicaux et donc les éventuelles surprimes liées à un état de santé à risque pour l’octroi des crédits immobiliers. La mutualisation entre assurés sera ainsi encore plus forte. Une parade que l’on peut en l’occurrence saluer.

Face à cela, les assureurs ne peuvent que défendre la vérité des prix et des primes. Mais que signifiera-t-elle ? Que ceux qui empruntent avec le plus de facilité, les profils jeunes et aisés particulièrement, seront constamment démarchés et feront quelques économies, quand les autres verront, par rapport à la situation actuelle, leurs primes sans doute augmenter !

Eh oui, quand la Fédération des Banques Françaises défend le régime actuel de l’assurance-emprunteur au titre de la solidarité, elle n’a pas forcément tort !

En fait – et cela reste bien trop inaperçu – cette situation est assez générale en France dans les services bancaires. Lointain héritage d’une époque où les banques étaient quasi publiques, leurs services et tarifs ne distinguent pas ou distinguent peu les utilisateurs en fonction de leur rentabilité ; comme dans d’autres pays où les tarifs bancaires sont fortement modulés en fonction des montants de dépôts par exemple ou bien la souscription à certains services. De fait, en France, un grand nombre des clients des banques sont peu rentables, voire pas du tout. Mais il y une mutualisation des coûts : les autres paient en quelque sorte pour eux. En quoi il s’agit de bien savoir ce que l’on vise quand on parle de vérité des prix.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]Au cours de la crise sanitaire, la banque digitale a augmenté le nombre de ses clients mais n’a pas élargi sa base de clientèle[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]C’est ce qui ressort d’une étude mondiale sur la banque numérique que publient N26 et Accenture.

D’après les chiffres publiés, 23% des clients des banques et assurances avaient ouvert un compte dans une banque digitale en 2020 – ce qui n’est guère précis : quelles banque « digital–only » sont-elles effectivement considérées ? Combien de leurs clients les utilisent comme banque principale ? Quoi qu’il en soit, alors que l’étude annonce de forts potentiels pour la banque numérique, pays par pays, seuls cinq parmi tous ceux considérés comptent à ce stade plus d’un tiers de personnes bancarisées clientes d’un établissement digital : l’Arabie saoudite, le Brésil, la Chine, les Emirats Arabes Unis et le Japon.

Par comparaison, la France compte 19,7% de clients des banques disposant d’un compte dans une banque digital-only (contre 12,9% en 2018). L’étude estime qu’en France, le potentiel de la banque numérique (mais qu’est-ce que cela désigne précisément ?) atteint aujourd’hui plus de la moitié (54,6%) du marché bancaire.

On note toutefois que les 5 pays ci-dessus sont également les seuls dont la clientèle digitale s’écarte significativement du profil moyen du client de la banque numérique que l’on retrouve partout ailleurs : un homme, disposant de bons revenus, d’âge moyen.

Aux Etats-Unis, ainsi, la banque numérique séduit surtout des hommes (66% des clients), disposant de bons revenus (63%). En Italie, où la banque digitale est plus développée qu’en France (26,1% des clients des banques), les genres sont plus équilibrés (55% d’hommes) mais 45% des clients ont plus de 45 ans.

A noter, en France : parmi les clients de la banque digitale, les plus de 55 ans sont aussi nombreux (20%) que les 18-24 ans (20%).

La clientèle prioritaire de la banque digitale s’estime à l’aise avec sa banque principale et n’hésite pas ainsi à la mettre en concurrence avec une banque digitale. Au-delà, il ne semble pas que les différents établissements numériques proposent de nouveaux produits et usages susceptibles de provoquer des conversions massives. Et quant à leurs principaux atouts, ils restent visiblement  à améliorer puisque, parmi leurs utilisateurs, seulement 34% soulignent leurs tarifs avantageux et 27% leur commodité.

En somme, le propre des banques digital-only reste d’être digital-only et cela se limite à ça, avec différents avantages et inconvénients, sans renouveler profondément l’offre bancaire. On peut donc considérer qu’en l’état actuel, la banque digitale l’emportera à terme mais assez lentement.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

[:fr]L’évolution des revenus bancaires par classe d’âge et ses conséquences[:]

Posted By: Narcisse Tankam

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Dans sa Global Banking Annual Review 2021, McKinsey fournit des données sur l’évolution des revenus par classes d’âge pour les banques dont nous ne connaissons pas l’équivalent pour la France mais dont on peut imaginer qu’elles suivent les mêmes tendances, avec les mêmes conséquences.

Selon McKinsey, on assiste depuis quinze ans à un phénomène relativement nouveau : les foyers les plus riches et aisés – et non plus ceux de la classe moyenne – sont les plus rentables pour les banques.

A l’échelle mondiale, on constate également que les séniors sont de plus en plus rentables. Ils le sont désormais nettement plus que les plus jeunes. Tandis que la contribution des 36-64 ans, traditionnellement la clientèle de masse des banques de détail, se tasse :

Ces données, toutefois, sont globales et incluent des pays émergents, comme l’Inde, où 40% des revenus bancaires sont procurés par des hommes de moins de 40 ans.

Aux Etats-Unis et en Europe, les évolutions sont assez sensiblement différentes :

Ici aussi, les sénior et les foyers aisés sont de plus en plus rentables. Tandis que – pour le dire brutalement – les classes moyennes s’affaissent et les jeunes se paupérisent en partie.

Autre illustration, les variations de revenus bancaires selon les profils des consommateurs :

La clé de ces constats est le crédit immobilier, d’autant plus rémunérateur que les prix sont, comme à New York, les plus élevés (le montant compense alors la faiblesse des taux), excluant désormais les classes moyennes.

Autant dire que, pour les banques, non seulement leur marché se rétrécit mais leur modèle économique de base, la banque de masse, ne crée plus suffisamment de croissance.

Score Advisor[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]